Anesthésiste ivre jugée pour homicide involontaire : l'accusée choisit de garder le silence

Ce jeudi s'est ouvert le procès d'Helga Wauters devant le tribunal correctionnel de Pau. L'anesthésiste est jugée pour une erreur médicale commise en état d'ébriété. Elle avait provoqué la mort d'une patiente enceinte. "Elle aurait pu dire simplement pardon." déplore l'avocat de la famille.
 

Le procès d'Helga Wauters doit se tenir sur deux jours devant le tribunal correctionnel de Pau
Le procès d'Helga Wauters doit se tenir sur deux jours devant le tribunal correctionnel de Pau © Elise Daycard - France 3 Pau Sud Aquitaine
Elle ne parlera plus jusqu'à la fin du procès. Helga Wauters, 51 ans, anesthésiste de nationalité belge, comparaît depuis ce jeudi 8 octobre pour homicide involontaire. Elle est accusée d'avoir, en septembre 2014, intubé les voies digestives au lieu des voies respiratoires d'une patiente lors d'un accouchement par césarienne. Xynthia Hawke, 28 ans, ne survivra pas à la naissance de son petit garçon.

L'enquête a rapidement établi que Helga Wauters, qui souffre d'alcoolisme, était sous emprise de l'alcool au moment des faits. 

"J'étais dépassée par mon addiction"

Helga Wauters comparaît libre, ici en discussion avec son avocat Maître Antoine Vey
Helga Wauters comparaît libre, ici en discussion avec son avocat Maître Antoine Vey © Elise Daycard

A la barre, l'anesthésiste a juste lu une déclaration reconnaissant son addiction, avant de déclarer vouloir garder le silence. "Ce qui a été dit sur mon alcoolisme est vrai. J'étais dépassée par cette addiction, je ne suis toujours pas capable de la maîtriser. " 
 

Je regretterai toute la vie cette tragédie. Je reconnais mes responsabilités, mais je ne mérite pas de retourner en prison.

Helga Wauters lors de son procès pour homicide involontaire

Les larmes des proches

L'anesthésiste, qui a effectué deux mois de détention provisoire en 2014, a été depuis été placée sous contrôle judiciaire.  Elle  n'a pas exprimé une quelconque émotion lorsque le directeur a rappelé en détails les circonstances de la mort de Xynthia Hawkes. La future maman avait succombé à un arrêt cardiaque successif à l'erreur de la médecin. "Quand elle est entrée au bloc, elle a embrassé son mari. Il ne savait pas que ce serait la dernière fois qu'il verrait sa femme vivante" , a rappelé le directeur d'enquête, devant ce dernier, en larmes.
Le compagnon de la victime en salle d'audience, assis à droite et la famille de Xynthia Hawke.
Le compagnon de la victime en salle d'audience, assis à droite et la famille de Xynthia Hawke. © Elise Daycard

Ce procès est une nouvelle épreuve pour la famille de la victime. Le président du tribunal rappelle à HelgaWauters qu'elle peut changer d'avis et rompre son silence. La famille en a besoin. La prévenue refuse. Pas d'explications, pas de mots pour la famille "Elle s'est déclarée comme victime, je suis dégoûtée" confie Iris Hawke, la soeur de la jeune femme décédée à notre équipe sur place. 
 

Son rêve était simple, une vie heureuse. Ce jour-là, sa vie a été placée entre les mains d'un médecin qui avait bu. Nous attendons que justice soit faite et qu'elle ne puisse plus exercer.

Iris Hawke témoigne à la barre lors du procès

Le témoignage d'Iris Hawke, soeur de la victime, à l'audience ►

Iris Hawke déçue du silence de l'anesthésite

Lors de sa plaidoirie, Philippe Courtois, avocat de la famille de Xynthia Hawkes souligne : "Le silence est difficile à accepter, mais aussi le déni d'Helga Wauters. Il est incontestable qu'elle était ivre au moment de la césarienne."

Elle aurait pu dire simplement pardon. Jamais ce mot, même pendant l’instruction, n’a été prononcé.

Philippe Courtois - avocat de la famille de la victime -



Le procès doit se tenir jusqu'à vendredi soir. Helga Wauters encourt jusqu'à trois ans de prison. 
 
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