Grippe aviaire: la Confédération paysanne du Béarn attaque en justice les mesures d'abattage préventif d'animaux sains

L'audience a lieu ce lundi 15 février au tribunal administratif de Pau. Les agriculteurs du syndicat dénoncent les mesures d'abattage préventif des volailles pour lutter contre la propagation de la grippe aviaire. Le tribunal administratif rendra sa décision dans les 24 heures.

Plusieurs dizaines de personnes sont rassemblées, ce lundi, devant le tribunal administratif de Pau, à l’appel de la Confédération paysanne du Béarn.

Le syndicat agricole a décidé d’attaquer en justice. Il a déposé un « référé liberté » à l’encontre des arrêtés préfectoraux et juge les mesures mises en place "disproportionnées". Depuis l’automne, plusieurs millions de canards ont été abattus pour éviter la propagation du virus.

Le sud-ouest a été touché de plein fouet par l'influenza aviaire. Le troisième épisode en cinq ans.

Rendre plus humain un décret qui stresse les agriculteurs

Lorsqu'un foyer de contamination est détecté, les animaux contaminés sont tués ainsi que tous les palmipèdes et volailles se trouvant dans un rayon de 5 kilomètres de façon préventive. Et la Confédération paysanne du Béarn de s’opposer à cette décision, imposée par les pouvoirs publics, qui selon elle, n’apporte pas la bonne réponse à la problématique sanitaire.

Jean-Louis Campagne, est l’un des porte-parole du syndicat. "Nous sommes contre l'abattage préventif d'animaux sains" dit-il. 

La Confédération Paysanne du Béarn réclame un " décret plus humain " pour les éleveurs

L'exploitant agricole de Momas, détaille le stress auxquel fait face sa profession depuis le début de la crise: "C'est très stressant, du jour au lendemain on peut recevoir un texto, qui nous dit demain on vous enlève les animaux".

Ce qui génère de l'angoisse pour les éleveurs. Jean-Louis Campagne attend du tribunal administratif une décision qui rende "plus humain l'arrêté". 

En décembre 2020, dans un communiqué commun, avec le Modef, l’organisation réclamait déjà que «seuls les animaux affectés par le virus soient abattus (foyers) et que les abattages soient organisés sur site (l'élevage) car le transport des animaux positifs vers les abattoirs réquisitionnés est une véritable aberration sanitaire». «Abattre des animaux sains pour créer des barrières sanitaires qui ne tiennent que provisoirement représente un coût économique et financier faramineux. Cette gestion pèse également sur le moral des producteurs et productrices qui voient les crises s'enchaîner avec toujours le même scénario »

Fin janvier 2021, 112 000 canards et poulets, ont été abattus de manière préventive dans les Pyrénées-Atlantiques.
Fin janvier 2021, 112 000 canards et poulets, ont été abattus de manière préventive dans les Pyrénées-Atlantiques.

Le 3 février dernier, la Confédération Paysanne avait aussi manifesté sa colère devant la Direction Départementale de la Protection des Populations à Pau.

Fin janvier, 112 000 canards et poulets ont été abattus de manière préventive dans les Pyrénées-Atlantiques. Selon les derniers chiffres en date du vendredi 12 février, 54 foyers de contamination sont confirmés dans le département et plus de dix suspicions sont en cours de confirmation

Les 120 éleveurs touchés par le virus et l’abatage préventif  doivent recevoir les premières indemnisations à hauteur de 75% de la valeur des animaux dans les prochains jours à indique la préfecture des Pyrénées-Atlantiques.

Dans le département, l’État a déja engagé près de 5 millions d’euros pour lutter contre l'épizootie.

La crise semble prendre fin

Globalement, le nombre de nouveaux foyers de grippe aviaire est en baisse en ce début de mois, en comparaison au mois de janvier. "La sortie de crise sur le plan épidémiologique se dessine" même si "la vigilance reste de mise", a estimé vendredi 12 février le ministère de l'Agriculture.

Seulement 25 nouveaux foyers de grippe aviaire ont été détectés en France durant la première semaine du mois de février, contre 130 un mois plus tôt.

Au total, 461 foyers d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) ont été confirmés depuis le début de la crise en novembre 2020, dont une très grande majorité (448) concernent des élevages du Sud-Ouest, principalement dans les Landes.

Pour le ministère de l'Agriculture, "La stratégie de dépeuplement porte ses fruits. La dynamique de propagation du virus a fortement ralenti et la sortie de crise sur le plan épidémiologique se dessine »,

Au total, sur l'ensemble du territoire, plus de trois millions d’animaux d’élevage, essentiellement des canards (2,45 millions), ont été abattus.

 

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