Une première mondiale de dépistage salivaire rapide du coronavirus par un laboratoire de Pau

Des chercheurs français ont mis au point le tout premier test salivaire ultra rapide pour détecter le Covid-19. Un laboratoire palois fait partie du dispositif qui va produire 200 000 kits par semaine. Des tests, moins coûteux mais non remboursés, faciles à utiliser hors d'un laboratoire.

Le laboratoire palois va produire ici une partie des 200 000 tests salivaires hebdomadaires.
Le laboratoire palois va produire ici une partie des 200 000 tests salivaires hebdomadaires. © France 3 Aquitaine

L'objectif des chercheurs étaient de créer un test fiable qui ne nécessite pas de "grosses machines", ni le fait d'être obligatoirement en laboratoire.

Car jusque là, le mode de dépistage du Covid-19 se faisait essentiellement de deux façons: par prélèvement nasal (le fameux écouvillon au fond du nez) ou par prélèvement sanguin.

Deux techniques qui demandent d'être réalisées en laboratoire et dont les résultats les plus rapides demandent un peu moins de 24 heures.

Le test salivaire de dépistage du Covid-19 a été mis au point par des chercheurs de Montpellier grâce à un partenariat public-privé piloté par le CNRS.
Le test salivaire de dépistage du Covid-19 a été mis au point par des chercheurs de Montpellier grâce à un partenariat public-privé piloté par le CNRS. © France 3

Comment ça marche?

Selon le CNRS, ce dépistage est "révolutionnaire".

"Fini les écouvillons enfoncés dans les fosses nasales, les robots qui tournent pendant des heures dans les laboratoires d’analyses médicales et les litres de réactifs engloutis" 

Le test salivaire nécessite, lui, le prélèvement de quelques gouttes de salive sous la langue du patient (un millilitre suffit). Cette salive est alors mise dans un tube à essai associée à des réactifs, et portée à une chaleur de 65 °C "pour livrer son résultat" en moins d'une heure… 

Un laboratoire palois

200 000 kits devraient être produits chaque semaine et commercialisés en France via le groupe de laboratoires de biologie médicale Enovie. Parmi eux, le laboratoire Biopyrénées de Pau.

Le docteur Steven Cens, Médecin biologiste, Président du laboratoire Biopyrénées explique le principe:

"Nous allons avoir un automate, dans les jours qui viennent, qui va pouvoir nous permettre de réaliser ces tests de manière efficace, rapide, pour les gens qui le demanderont".

En ce moment quatre personnes sur la dizaine d'employés du laboratoire, sont dédiées à ces tests Easycov.

Des tests non remboursés mais néanmoins sur ordonnance de votre médecin, tout comme les autres tests (PCR et sérologiques).

Regardez le reportage de Laurianne de Casanove, Benoît Bracot et Alain Girardi réalisé le 16 juin 2020.

 

Des chercheurs de Montpellier

Baptisé EasyCov, ce test-diagnostic a été développé par les chercheurs du laboratoire de Montpellier Sys2Diag (en partenariat public/privé) associant des chercheurs CNRS et des entreprises Alcediag et SkillCell (groupe Alcen), sous la direction du biologiste Franck Molina.

C'est une première mondiale pour ce test salivaire dont ont doit la mise au point à la mobilisation de ces chercheurs 7/7 jours 24h/24. Et en un temps record: entre 2-3 mois  au lieu de parfois 2-3 ans, d'après ces scientifiques.

C'est ensuite, le laboratoire de biologie médicale de Montpellier qui à son tour est en charge de former ceux qui utiliseront le test sur le terrain.

 

Vers un usage massif?

Sa commercialisation, en France tout au moins, commencera au 1er juillet prochain. Par ailleurs, il nécessite encore d'autres certifications avant d'être commercialisé à l'Etranger mais déjà des pays asiatiques sont intéressés. 

Alors que sa fiabilité a été confirmée par le CHU de Montpellier (tests cliniques réalisés entre avril et mai sur 133 patients), que son coût est moins important que le test nasal PCR (45 euros au lieu de 74), on ne sait pas s'il fera partie d'éventuels dispositifs de la direction générale de la santé (la DGS) pour un dépistage massif parmi les populations asymptomatiques.

Sa facilité d'usage laisse penser qu'on pourrait tout aussi bien l'utiliser en médecine de ville, dans les entreprises, mais aussi pour les transports longs (avions, bateaux de croisières...) que pour des événements très fréquentés (matches ou concerts)...

Pour autant, il reste à déterminer l'encadrement sanitaire de ces tests pour organiser, en cas de cas positifs, une mise en quatorzaine ou une prise en charge médicale...  

 

Dépister le Covid-19 en France

Jusqu'à maintenant et selon le site du gouvernement (au 10 mai dernier), il existe deux types de tests:

Les tests virologiques (RT-PCR) permettant de déterminer si une personne est porteuse du virus au moment du test :

Les tests sérologiques permettant de rechercher si une personne a développé une réaction immunitaire après avoir été en contact avec le virus:

 

Alors qu'en Chine  (certaines écoles de Pékin ont fermé à nouveau cette semaine), on craint un nouveau rebond de l'épidémie, que l'Europe ne veut pas manquer sa saison touristique (et économique) et ouvre ses frontières, un outil supplémentaire de dépistage sera le bienvenu...

Quel que soit le test, dépister les asymptomatiques porteurs du virus (on le sait aujourd'hui) permettrait de "rompre la chaîne de contamination" tout en profitant d'une éventuelle accalmie saisonnière... 

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
coronavirus santé société béarn
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter