Pau : le troisième procès aux assises du double parricide s'ouvre ce mardi 10 mars

Kevin Rouxel comparait pour la troisième fois devant la Cour d'assises de Pau pour le double assassinat de ses parents. Si la première audience avait été mouvementée, la seconde n'avait pas pu se dérouler à cause d'une hospitalisation psychiatrique de l'accusé, après une tentative de suicide. 
Arrivée à la cour d'assises de Pau de Kevin Rouxel qui doit répondre d'un double parricide
Arrivée à la cour d'assises de Pau de Kevin Rouxel qui doit répondre d'un double parricide © E. Clerc / France 3 Aquitaine
Le jeune homme de 27 ans comparait pour la troisième devant la Cour d'assise de Pau pour le double assassinat de ses parents, le 20 février 2016. Le procès devrait cette fois-ci, se dérouler sur sept jours. "Il est impatient", a assuré son avocat, Me Emmanuel Zapirain qui indique que pour son client "sa femme est accusée et mérite autant de condamnation que celle qu'il pourrait avoir, lui..."
Un principal accusé qui ajoute à la barre :

Tuer mes parents, c'était pour elle...

Si le jeune homme comparait aujourd'hui derrière la vitre des accusés, sa compagne, Sofyia Bodnarchuk a obtenu de comparaître devant. Une décision obtenue par son avocat, Me Dutin, qui place la jeune femme, accusée de complicité d'assassinat, dans une posture différente de celle de son ex-conjoint.

D'ailleurs, si Kevin Kevin Rouxel reconnaît avoir tué ses parents, le procés devra déterminer le degré d'implication de sa jeune épouse Sofyia: simple témoin, complice ou instigatrice.

Regardez le compte-rendu de cette première journée d'audience par Emmanuel Clerc et Christian Etchegarray.
Pau : le troisième procès aux assises du double parricide s'ouvre ce mardi 10 mars

La cour d'assises siègera jusqu'au 18 mars.

Dramatique repas de famille

En février 2016, le repas de famille tourne au drame. Kevin Rouxel aurait tué, d'une balle de revolver ses deux parents, Pascal et Ewa, 55 et 54 ans. Il aurait également tenté de tuer son frère, Yann, atteint d'autisme Asperger. Les gendarmes l'avait découvert en état de choc, tandis que les corps sans vie des parents gisaient dans la salle à manger.

Dans cette affaire, Kevin Rouxel n'est pas le seul accusé : sa compagne, Sofyia Bodnarchuk, d'origine kazakhe, est poursuivie pour complicité d'assassinat, qu'elle nie totalement. En instance de divorce, elle s'oppose à son ex-mari sur la version des faits. 

Selon l'avocat de Sofyia Bodnarchuk, sa cliente nie toute implication. "Ma cliente appréhende cette audience mais reste combative et déterminée à faire valoir son point de vue", assure Me Frédéric Dutin. Détenue pendant près de trois ans et poursuivie pour complicité d'assassinat, Sofyia Bodnarchuk a été remise en liberté sous contrôle judiciaire, le 30 janvier 2019.
 
Sofyia Bodnarchuk était présente ce mardi, lors de l'ouverture du procès aux Assises de Pau.
Sofyia Bodnarchuk était présente ce mardi, lors de l'ouverture du procès aux Assises de Pau. © E. CLerc /France 3 Aquitaine

 

Récupérer l'héritage


Un geste que le jeune homme aurait prémédité, selon les éléments de l'enquête. En décembre 2018, lors de la première audience, Kevin Rouxel affirmait avoir agi par cupidité pour récupérer un héritage de plus d'un million d'euros. Il aurait pris cette décision après que ses parents décident de modifier leur testament, à l'avantage de son frère, Yann. 

Selon son témoignage, il aurait acheté avec sa compagne, rencontrée sur internet, de l'alcool à brûler ainsi que de l'acide chlorhydrique pour faire brûler la maison. Une "check-list" de l'acte a d'ailleurs été retrouvée par les enquêteurs.
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