L'ARS signale le comportement d'un médecin de Boucau dépisté positif au coronavirus, lui dément

Gilles Lassabe, médécin généraliste et adjoint au maire de Boucau, fait l'objet de la part de l'ARS d'un signalement, auprès de l'Ordre des médecins. Dépisté positif au Covid19, il est soupçonné d'avoir poursuivi la campagne des élections municipales. Il dément.
 

Le Docteur Lassabe explique son incompréhension à ce signalement de l'ARS. Elle lui reproche son comportement, notamment d'avoir poursuivi la campagne électorale, alors qu'il savait qu'il était contaminé par le Covid 19.
Le Docteur Lassabe explique son incompréhension à ce signalement de l'ARS. Elle lui reproche son comportement, notamment d'avoir poursuivi la campagne électorale, alors qu'il savait qu'il était contaminé par le Covid 19. © Fabien Cordier FTV
Gilles Lassabe l'a appris, hier, mercredi, par l'Ordre des médecins. L'Agence régionale de santé a informé le président du conseil départemental de l'Ordre, François Cazenave,  du "comportement du docteur Lassabe de Boucau qui, alors qu'il s'était fait dépister et, était un cas confirmé de Covid19, a néanmoins poursuivi la campagne électorale sur la commune de Boucau. 

Dans son courrier l'ARS indique qu'elle "signale les agissements de ce médecin au motif de la "mise en danger de la vie d'autrui".
(NDLR : Nous avons sollicité la délégation départementale des Pyrénées-atlantiques de l'ARS, à l'origine du signalement, pour une interview. Demande restée sans réponse à cette heure)

Pour Gilles Lassabe, c'est l'incompréhension la plus totale. Le médecin raconte en effet, avoir été dépisté positif après l'hospitalisation d'un de ses patients, atteint du coronavirus.
"C'était le 10 mars" explique-t-il.

Je me suis tout de suite placé en quatorzaine, avec un arrêt de travail. J'ai averti la sécurité sociale, ainsi que la mairie. J'ai immédiatement fait savoir que je ne pourrais être présent comme il était prévu, au bureau de vote, le 15 mars pour le premier tour des élections municipales.

Gilles Lassabe, ne comprend pas "pourquoi l'ARS a pris au sérieux ce qui semble être une forme de délation", sans prendre contact directement avec lui, pour en discuter.
Il tient à disposition les documents prouvant que dès la confirmation de sa contamination par le virus, il s'est mis en retrait.
Et ajoute :

Je suis, comme beaucoup de médecins généralistes, en première ligne dans la lutte contre le Covid19. Je suis abasourdi"
 

Dans l'entretien qu'il nous a accordé, le docteur Lassabe explique sa situation et son incompréhension face à ce que lui reproche l'Agence Régionale de Santé de Nouvelle-Aquitaine. 

 
Le docteur Gilles Lassabe ne comprend pas et dément ce que lui reproche l'ARS. interview réalisée par E. Clerc et F. Cordier

François Cazenave, le président du Conseil départemental de l'ordre des médecins, confirme avoir reçu ce signalement. Des éléments de réponse vont être prochainement transmis à l'ARS. "L'Ordre va étudier le dossier" précise-t-il.

Gilles Lassabe, fait également l'objet d'une autre forme de signalement, auprès du nouveau Procureur de la République de Bayonne, Jérôme Bourrier, pour les mêmes faits, portés cette fois à la connaissance de l'Etat.

Le préfet des Pyrénées-atlantiques a, en effet, utilisé l'article 40 du code de procédure pénale indiquant que "toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit, est tenu d'en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs".
Jérôme Bourrier confirme que dans ce cadre une enquête préliminaire vient d'être ouverte.

Le préfet des Pyrénées-atlantiques, a, d'autre part, fait savoir ce matin, lors d'une conférence de presse audio, qu'il avait aussi saisi la procureure de la République de Pau, Cécile Gensac. Un professionnel béarnais, du corps paramédical, est également soupçonné d'avoir prodigué des soins, tout en se sachant positif au Covid19.
Eric Spitz, que nous avons sollicité pour une interview, n'a pas souhaité s'exprimer plus longuement, sur ces deux procédures en cours.

 
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