Hôtellerie: "20 % des entreprises menacées de faillite" par la crise du coronavirus

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Écrit par Clerc Emmanuel

Le secteur de l'Hôtellerie est en danger. Le président de l'Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie est inquiet et en colère aussi. Il estime que les assurances des hôtels et des restaurants ne jouent pas le jeu dans cette crise. Certains hôtels pourraient mettre la clé sous la porte.
 

Roland Héguy, le Président de l'Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie est en colère contre les compagnies d'assurance.

Bien-sûr, le coronavirus n'est pas prévu dans les contrats ! La situation est exceptionnelle, il faut une réponse exceptionnelle !

Selon lui, 60 % des entreprises ont fait valoir leur « Garantie Perte d'Exploitation » auprès de leur assureur. Sans résultat.

Trois quart des établissements ont aujourd'hui recours au chômage technique. La moitié vont demander un « Prêt Garanti par l’État » auprès de leur banque.
 
 

Quel Agenda ?

Il y a une véritable inquiétude sur la date de sortie de crise, mais quelque soit le scénario, l'activité sera profondément modifiée : 

Il faudra repenser la façon de travailler en cuisine, les liaisons avec la salle, et les clients. Comment va s'organiser la vie sociale dans le monde d'après ?
Roland Héguy. 


L'UMIH prépare déjà des fiches techniques pour aider les restaurants, afin d'intégrer les gestes barrière à l'activité quotidienne.
 

Espoir

Pour Roland Heguy, "l'année 2020 est condamnée. Année noire. Année zéro "!
Pour autant, la fin du confinement progressive viendra, et dans un premier temps, les touristes étrangers, et même Européens ne seront pas présents en France.
Ce sera l'occasion, pour les Français de découvrir leur propre richesse patrimoniale et culturelle.

Vous irez en vacances à 30 kilomètres de chez-vous. Je suis sûr que vous dégusterez de bons plats et dormirez dans des hôtels de charme !


Ce levier « local » sera l'un des plus efficace pour relancer ce secteur d'activité lorsque la crise sera passée.
 

Annulations quotidiennes

L'hôtel Madison de Saint Jean de Luz est fermé depuis la mi-mars. Jour après jour, les réservations sont annulées, au fur et à mesure des annonces gouvernementales.
 

Les 20 salariés sont au chômage partiel. Le directeur lui, travaille à mi-temps. Il passe quelques heures tous les jours dans les murs de l'hôtel.

" En ce moment, nous enregistrons des annulations pour les mois de juillet et août prochains " précise la propriétaire du Madison, Sandra Olano. "Notamment de la part de notre clientèle étrangère, comme les Canadiens, qui ont compris désormais qu'il ne pourront pas quitter leur pays cet été ".

Il y a aussi des annulations des clients français, qui prennent des « vacances forcées » en ce moment. « Ils pensent que leurs entreprises auront beaucoup de travail à rattraper, et que leur congés de cet été vont être réduits, voire supprimés » indique Sandra Olano.

Vrais optimistes

D'autres, par contre, appellent pour réserver un séjour pour le week-end du premier Mai ! « Il y a de vrai optimistes » apprécie Sandra Olano. « Nous prenons leurs coordonnées, au cas-où... » conclue la propriétaire de l'établissement, sans espoir de reprendre l'activité aussi tôt.

Le secteur hôtelier attend lui aussi les annonces d'Emmanuel Macron lundi sur le calendrier et d'eventuelles modalités de la fin du confinement.