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Région Nouvelle Aquitaine : le lourd héritage de l’ex-Poitou-Charentes

Les dettes de l'ex-Poitou-Charentes au coeur des débats des élus de Nouvelle Aquitaine

En cette période de fêtes, pour la dernière session plénière du Conseil régional il n’a guère été question de cadeaux, si ce n’est empoisonnés. Une bonne partie de cette journée de lundi 19 décembre a été consacrée aux coûteuses finances de l’ex-Poitou-Charentes.

Par Christophe Bodin

Le rapport de la Cour régionale des comptes ne devait être rendu public qu’à l’occasion de cette séance plénière du Conseil régional de Nouvelle Aquitaine, mais il avait largement fuité avant l’ouverture des débats.

Rien donc de nouveau qu’on ne sache déjà sur les difficultés dans lesquelles se trouvait l’ancienne région Poitou Charentes, des difficultés dont a hérité après la fusion la Nouvelle Aquitaine.

Un taux de désendettement très important


La cour a mis en avant dans son rapport une capacité de désendettement de plus de 18 ans. Une durée très supérieure au seuil d’alerte pour une collectivité comparable qui est normalement de 8 années.

46 millions d'emprunts potentiellement toxiques 


La cour a mentionné également des emprunts potentiellement toxiques – pour 46 millions d’euros – qui n’ont pas encore été renégociés et pour lesquels l’ex Poitou-Charentes n’avait jamais fait appel au fonds de soutien de l’Etat.

Les magistrats ont également mentionné que 3 emprunts comportaient des taux élevés : 7, 9 et 12%. Des taux qui font obligation de régler des intérêts conséquents.

Pas d'insincérité dans les comptes


La Cour a cependant rejeté la notion d’insincérité des comptes, qui aurait pu ouvrir la voie à des sanctions administratives. Un choix qui a été largement commenté par les groupes d’opposition dans l’assemblée.

Jacques Colombier (FN) a souligné les "scabreuses anomalies" des comptes du Poitou-Charentes et le groupe Front National estime que des sanctions devraient être prises.

Le "déni de Ségolène Royal"


La droite républicaine a ciblé les anciens responsables politiques de la région, avec Ségolène Royal, l’actuelle ministre de l’Environnement et ancienne présidente de la région Poitou-Charentes, en cible n°1. Pierre Durand (LR-CPNT) a dénoncé les "manquement grave aux bonnes pratiques de management », les "fautes de gestion" de celle qui "persiste dans le déni".

François Macaire, présent dans l’assemblée, qui a succédé à Ségolène Royal à la tête de l'ex Poitou-Charentes n’a pas été épargné. Pierre Durand lui assénant : "un chef d’entreprise à votre place aurait été sanctionné sévèrement pour ne pas avoir déclaré l’état de cessation de paiement".
Dans son discours, le représentant de Les Républicains s’est aussi interrogé l’origine des difficultés financières : "incompétence, ou inconséquence ou système sciemment organisé ? "

De son côté l’UDI, pas la voix de Jean Dionis a mis également en avant la "gestion désastreuse de Ségolène Royal" mais il aussi évoqué l’ancien directeur financier de Poitou-Charentes. Il a même demandé au président Alain Rousset d’engager des poursuites pénales contre lui.

Des élus UDI veulent des poursuites pénales


En réponse, le président de la Nouvelle Aquitaine a indiqué qu’il ne saisirait pas le procureur de la République. Il a exprimé son intention de ne pas "passer son temps à regarder dans le rétroviseur". Par ailleurs Alain Rousset a rappelé que chaque élu pouvait, directement, saisir le procureur de la République, dans un tweet (voir ci-dessous) des élus UDI ont annoncé qu’ils saisiront effectivement la justice, sans donner davantage de précisions sur leurs intentions.





 

 

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