Réunionnais de la Creuse : émotion lors du retour aux racines sur l'île de leur naissance

Entre 1963 et 1982, 2 000 enfants nés sur l'île de la Réunion avaient été arrachés à leur famille pour repeupler  les départements victimes de l’exode rural. 70 d'entre eux participent à un colloque sur leur île natale ce 5 décembre.
Certains Réunionnais de la Creuse revenaient pour la 1re fois sur leur île natale
Certains Réunionnais de la Creuse revenaient pour la 1re fois sur leur île natale © FTV
Pendant plus de 2 décennies des nourrissons, enfants ou adolescents ont été envoyés dans des départements français dépeuplés dont la Creuse. Certains étaient orphelins, d'autres avaient une famille.Ces enfants sont aujourd'hui devenus des adultes...déracinés. 70 d'entre eux participent ce samedi 5 décembre à un colloque à Saint-Denis-de-la-Réunion pour tenter de se reconstruire face à cette histoire douloureuse.

Valérie Andanson, secrétaire et chargée de communication de la Fédération des enfants déracinés des DROM,  raconte son émotion à Rahabia Issa lors de notre JT midi du 5 décembre :

"Il y a eu beaucoup d'émotions. Certains revenaient pour la première fois sur leur île natale depuis leur exil. Cela a été extrêmement touchant."

Un colloque pour se réconcilier

"Ce colloque a pour but de nous réconcilier avec notre histoire, nous réconcilier avec les Réunionnais, nous réhabiliter auprès de nos familles."
Réunionnais de la Creuse : retour aux racines

Et maintenant ?

"Il faut passer au-delà du déni de culpabilité. Ce qui est fait est fait. Nous avons besoin de vous pour nous reconstruire, de créer ce lien qui nous a tant manqué."

"Des avancées autour du devoir de mémoire vont avoir lieu et la région Nouvelle-Aquitaine va jouer un rôle très important."

En 2019, des Réunionnais de la Creuse avaient saisi le Défenseur des Droits pour dénoncer l'inaction de l'Etat. Un rapport avait été publié pointant la "responsabilité morale" des autorités de l'époque.

Un an et demi plus tard, à part une lettre d'Emmanuel Macron reconnaissant la "faute" de l'Etat et enjoignant les services administratifs à aider ces pupilles de la Nation déracinés, aucune action concrète n'avait été engagée par le gouvernement.
 
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