Le second tour des élections municipales aura-t-il lieu fin juin ou faudra-t-il retourner aux urnes fin septembre ?

Le vote a débuté depuis 8 heures ce dimanche 15 mars / © Philippe Huguen AFP
Le vote a débuté depuis 8 heures ce dimanche 15 mars / © Philippe Huguen AFP

Christophe Castaner a rappelé que « Nous devons présenter le 23 mai au parlement un rapport sur l’état sanitaire de notre pays". Le conseil scientifique estimera si on peut organiser le second tour. Réactions en Aquitaine sur le choix des dates encore inconnu. 

Par Franck Omer et CLH

Quel est le principe en cours ? 


En cas d’avis positif du conseil scientifique, l’élection devra se faire au plus tard au mois de juin, soit le 21, soit le 28.
« Nous prendrons la décision avec le parlement » a déclaré le Ministre de l’intérieur Chrsitophe Castaner.
Dans le cas contraire, le scrutin serait alors reporté de plusieurs mois.
 
Christophe Castaner, ministre de l'intérieur le 7 avril lors des questions au gouvernement, au 22e jour du confinement. / © ALAIN JOCARD / POOL / AFP
Christophe Castaner, ministre de l'intérieur le 7 avril lors des questions au gouvernement, au 22e jour du confinement. / © ALAIN JOCARD / POOL / AFP
 

L’autre hypothèse


Dans l’attente de l’avis du conseil scientifique, Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, a également expliqué ce dimanche que ses services étaient chargés de travailler actuellement sur un autre texte de loi au cas où cette élection ne pourrait se tenir fin juin.

Selon nos confrères de Franceinfo, les 4800 communes sans conseil municipal complet le 15 mars dernier, devraient à nouveau voter lors de deux tours, les 27 septembre et 4 octobre 2020.
Le Ministre de l’Intérieur a insisté sur le fait que ceci « n’était qu’une hypothèse », mais selon Franceinfo le gouvernement jugerait qu’un vote fin juin serait entouré de trop d’incertitudes au plan sanitaire, mais également au plan juridique.

Les réactions en Aquitaine


A Bordeaux, Nicolas Florian le maire sortant reste prudent et à l’écoute du conseil scientifique : « Je ne souhaite pas m’exprimer sur les élections. Je le ferai le 23 mai ».
Pierre Hurmic son opposant EELV, arrivé en deuxième position, souhaite être fixé au plus vite : «  Il faut respecter les électeurs et les candidats. Je préfèrerai que l’on garde les résultats du premier tour, mais il ne peut pas y avoir d’élection s’il y a un problème sanitaire et la situation fin juin risque d’être encore préoccupante. Donc je suis plutôt favorable à un scrutin en septembre, mais il faut le dire vite. Refaire le premier tour ne m’inquiète pas, la participation sera en hausse, cela ne peut qu’être favorable ».
Thomas Cazenave, le candidat LREM, n’envisage pas un nouveau scrutin sans une situation sanitaire nettement améliorée «  Une chose est certaine, il faudra revoir une partie du projet.  La crise change la donne ».

Pour le maire de Biarritz, Michel Veunac, arrivé en cinquième position lors du premier tour : « Ce n’est pas une surprise. La loi d’urgence sanitaire vient d’être prolongée jusqu’au 24 juillet. Ce n’est donc pas compatible avec un vote fin juin. Je pense qu’il va y avoir un report du scrutin. Fin septembre peut-être, voire au printemps 2021. Le fait de revenir à une élection à deux tours serait plus équilibré et plus juste.
Reporter serait plus sage, reprendre les deux tours serait plus sage ».

Repousser l'heure du choix

Politologue et enseignant à Sciences Po Bordeaux, Jean Petaux analyse la situation : « Il y a le sentiment que le gouvernement n’a pas la capacité à prendre des décisions. Le sentiment que tout est lié aux discours des experts médicaux et aux lobbys politiques. C’est la limite de la stratégie du … en même temps… tentatives de concilier les injonctions contradictoires, la santé et la démocratie. À un moment, il faut choisir et pour l’instant, le gouvernement repousse l’échéance ».

Vingt-huit des 50 plus grandes villes de Nouvelle Aquitaine doivent organiser un second tour.
 

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