Un foyer de grippe aviaire H5N1 détecté près de la Charente

Un foyer de grippe aviaire H5N1 a été détecté dans une basse-cour en Dordogne, marquant le retour en France de ce virus potentiellement mortel pour l'homme, plus de huit ans après les derniers cas avérés.

La grippe aviaire a fait sa réapparition chez un particulier élevant des poules pour sa consommation personnelle à Biras, a précisé la préfecture de Dordogne, mercredi lors d'une conférence de presse.

Les services vétérinaires du département ont été alertés vendredi dernier après la mort de 22 des 30 animaux et quand de premiers tests ont mis en évidence la présence du virus, probablement transmis par des canards sauvages, selon la préfecture.
Les volatiles rescapés ont été euthanasiés et la basse-cour désinfectée. 

Les prélèvements ont été transférés à l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), qui a confirmé mardi les premiers résultats.
"Il s'agit d'une souche H5N1 hautement pathogène pour les volailles", semblant correspondre à "une souche déjà détectée en Europe qui présentait jusqu'alors un profil faiblement pathogène", a indiqué le ministère de l'Agriculture dans un communiqué.

Le risque de contamination à l'homme de cette souche n'est pas établi à ce stade. Les ministres de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, et de la Santé, Marisol Touraine, ont saisi l'Anses, "à titre de précaution, afin d'évaluer la dangerosité potentielle de la souche pour l'homme".

La grippe aviaire n'est en revanche "pas transmissible à l'homme par la consommation de viande, oeufs, foie gras, et plus généralement de tout produit alimentaire", a souligné le ministère.

A sa sortie du conseil des ministres, M. Le Foll, également porte-parole du gouvernement, a insisté pour dire que "ce virus n'a aucune conséquence en terme de consommation (...) de tout ce qui est issu des produits de la volaille" y compris le foie gras, dont la Dordogne est un important producteur.

Les personnes en contact direct avec des oiseaux d'élevage infectés sont en principe les plus exposées, à plus forte raison si elles ne se protègent pas à l'aide d'un masque à particules.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la grippe aviaire H5N1 a tué 447 personnes, sur 842 cas confirmés de contamination entre 2003 et juin dernier, principalement en Egypte et en Asie du sud-est.

Deux élevages sous surveillance

"Le risque de contamination est extrêmement faible et il est nul si on prend toutes les précautions", a assuré à l'AFP le virologue Bruno Lina, soulignant qu'"il n'y a pas de chaîne de transmission interhumaine qui a pu s'installer".

Comme prévu dans cette situation, le gouvernement a activé le plan national d'intervention sanitaire d'urgence. Autour du site de Biras, une zone de protection de 3 kilomètres et une zone de surveillance (volatiles vivants interdits à la vente, chasse interdite) de 10 kilomètres ont été mises en place.

Dans la zone de protection, l'ensemble des animaux domestiques doit être confiné (volailles mais aussi chiens et chats) "pour éviter toute dissémination", a indiqué le préfet de Dordogne, Christophe Bay.

Deux autres élevages de Dordogne ont été placés sous surveillance particulière, des contrôles habituels ayant mis en évidence des taux élevés d'anticorps suggérant que les volailles ont été en contact avec la maladie, a expliqué la préfecture.

Il s'agit d'un élevage d'oies reproductrices à Domme, à 90 km au sud de Biras, et d'un élevage de canards, à Saint-Paul-la-Roche, à 50 km au nord.

Le ministre de l'Agriculture a en outre convoqué une réunion en urgence jeudi du Comité national d'orientation de la politique sanitaire animale, pour "s'assurer
de l'application immédiate des mesures de protection et de gestion
" contre la grippe aviaire.

La dernière crise provoquée par le virus H5N1 en France remonte à début 2006.

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