Vienne et Deux-Sèvres : la perspective d'un couvre-feu se rapproche

Alors que deux départements de la Nouvelle Aquitaine sont désormais soumis au couvre-feu, l'Agence Régionale de Santé faisait le point ce lundi 26 octobre sur l'épidemie de Covid-19 dans la région, et particulièrement en Vienne et Deux-Sèvres. A l'heure où les courbes sensibles s'envollent. 

Deux patients Covid arrivent à Poitiers
Deux patients Covid arrivent à Poitiers © Henri Delelis-Fanien - SAMU de Poitiers
La France enchaine les records de contaminations en 24 heures, pour la quatrième journée consécutive. Entre le 24 et le 25 octobre ce sont ainsi 52 010 nouveaux cas positifs qui ont été dépistés. Le nombre de patients hospitalisés pour raison de Covid ne cesse d’augmenter, se portant désormais à 16 477 patients dont 2 584 en réanimation. 116 nouveaux décès sont également à déplorer, dont un en Deux-Sèvres.

Un nouveau décès en Deux-Sèvres

Après une première victime déjà enregistré la semaine dernière dans le département, cela porte à sept le nombre de décès dûs à la Covid depuis la rentrée de septembre et à 28 depuis le début de l’épidémie. Le taux d’incidence (nombre de personnes positives pour 100 000 habitants) a quant à lui triplé ces deux dernières semaines en Deux-Sèvres, pour s’établir à 160, dépassant ainsi le seuil d’alerte, fixé à 150.

«Au regard de la situation à ce jour dans le département, nous serions éligibles à la situation d’un couvre-feu.           

Laurent Flament, directeur territorial de l'ARS pour les Deux-Sèvres


Le nombre d’hospitalisations a lui été multiplié par quatre en l’espace d’une semaine. 25 patients, dont un en réanimation, sont désormais pris en charge dans les hôpitaux du département (21 au Centre Hospitalier de Niort, et 4 à la polyclinique Inckermann). Le département a par ailleurs perdu la dizaine de lits en réanimation dont il disposait à l’Hôpital Nord Deux-Sèvres, lors de la première vague, suite au départ d’un médecin anesthésiste-réanimateur. Vingt-trois places en réanimation sont donc désormais mobilisables pour l’ensemble du département, toutes situées à Niort.
Deux Ehpad (à Vasles et à Argentonnay) ont été identifiés comme étant des foyers de contaminations, ce qui porte à dix le nombre d’établissements concernés par des cas positifs.
Deux autres clusters ont par ailleurs été détectés. Le premier se situe dans une entreprise non précisée, et le second à l’ENSOA (Ecole Nationale des Sous-Officiers d’Active, à Saint-Maixent-l’Ecole), où une dizaine de cas positifs y ont été dépistés.

En Vienne, les contaminations de séniors explosent

C’est le nombre de contaminations chez les plus âgés qui fait craindre l’instauration d’un couvre-feu dans la Vienne. Le nombre de cas positifs a ainsi doublé chez les plus de 65 ans en l’espace d’une semaine, portant le taux d’incidence pour cette tranche d’âge à 144 pour 100 000. Il y a trois semaines, il n’était que de 22.
Or c’est principalement ce taux de contamination des plus de 65 ans, les plus « à risque », que les autorités sanitaires prennent en compte pour décider de l’instauration d’un couvre-feu éventuel. Le seuil fatidique (de 100 cas pour 100 000 habitants) est donc largement atteint dans la Vienne. Mais il est à pondérer avec les deux autres critères pris en compte, qui eux restent encourageants dans le département.
L’incidence relevée dans l’ensemble de la population devient déterminante à partir de 250 cas pour 100 000 habitants. Pour l’heure, la Vienne en est encore loin avec un taux de 114 relevé vendredi.
Quant au dernier critère considéré, le taux d’occupations des lits en réanimation, la Vienne est là encore relativement épargnée, accueillant même des patients Covid venus d’autres régions. Deux malades sont ainsi arrivés de Lyon par avion vendredi, portant à quatre le nombre de patients en réanimation au CHU de Poitiers.

Deux départements de la Nouvelle Aquitaine, les Pyrénées-Atlantiques et la Haute-Vienne, sont eux soumis au couvre-feu depuis la semaine dernière, portant à 54 le nombre de départements qui interdisent les déplacements entre 21h et 6h du matin.

Dans le centre-ville de Poitiers, on craint l'annonce d'un couvre-feu : 
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