Châtellerault : un trentenaire kidnappé, battu à mort et enterré après un soupçon de vol de console et jeux vidéo

Trois majeurs et un mineur ont été mis en examen, ce mardi 22 juin à Poitiers, après la mort d'un trentenaire à Châtellerault (Vienne), le week-end dernier. La victime a été séquestrée, battue à mort et enterrée dans la forêt à Saint-Genest d'Ambière. 

Photo d'illustration. Le palais de justice de Poitiers.
Photo d'illustration. Le palais de justice de Poitiers. © Julie Chapman - FTV

Deux hommes, une femme et un mineur de 15 ans ont été mis en examen ce mardi 22 juin, a annoncé le procureur de la République à Poitiers Michel Garrandaux lors d'une conférence de presse. Ils sont soupçonnés d'avoir séquestré, battu à mort un trentenaire à Châtellerault (Vienne), puis de l'avoir enterré dans une forêt à Saint-Genest d'Ambière. 

Sa mère lance l'alerte 

Selon les informations communiquées par le procureur, l'affaire démarre en fin de semaine dernière, lorsque la mère d'un trentenaire, qui doit lui ramener ses enfants, s'étonne de trouver porte close chez son fils. Deux jours plus tard, toujours sans nouvelles, elle prévient l'ex-compagne du trentenaire, qui alerte la police. Celle-ci qui ouvre une enquête pour disparition inquiétante ce dimanche 20 juin. 

Dans le cadre des investigations, les enquêteurs cherchent à localiser le téléphone de la victime, qui "borne" dans un logement du quartier Châteauneuf, à Châtellerault. Le logement est au nom d'un homme de 44 ans. Ce dernier a justement porté plainte contre la victime fin mai, pour un vol de console et jeux vidéo. 

Dans la même journée du dimanche 20 juin, une femme se présente aux policiers pour leur faire part d'informations. Un homme, dans son entourage, se serait vanté d'avoir "buté un homme ce week-end". 

Une vengeance après un vol de console 

"La procédure de disparition inquiétante devient alors une procédure criminelle, avec soupçon de meurtre", détaille Michel Garrandaux. Finalement, les enquêteurs interpellent quatre personnes au domicile du quadragénaire : l'ouvrier âgé de 44 ans, son ami trentenaire intérimaire âgé de 35 ans, la compagne de ce dernier âgée de 30 ans, et un mineur de 15 ans.

"Très vite, les investigations multiples vont permettre d'établir que chacune des quatre personnes, à des degrès divers, sont impliquées dans la mort de la victime" indique le procureur de Poitiers. Les charges les plus lourdes pèsent sur les deux hommes, lesquels sont déjà tout deux très défavorablement connus de la justice, avec une dizaine de condamnations chacun à leur actif. 

En garde à vue, "ils vont expliquer pourquoi ils en sont venus à tuer [la victime] et à l'enterrer dans la forêt. Le mobile du meurtre, selon leurs déclarations, c'est donc un vol de console et de jeux vidéos." 

Kidnapping dans un parc 

Très énervés après ce vol en mai dernier, ils se promettent de ne pas en rester là. Et lorsque l'homme de 35 ans et sa compagne de 30 ans croisent la victime dans un parc du centre-ville de Châtellerault vendredi 18 juin, ils la font monter de force dans leur véhicule, avant de l'emmener au domicile de leur ami quadragénaire. 

S'en suit alors un déchaînement de violence : "ils vont même l'attacher sur une chaise et lui entraver les mains et les pieds pour qu'il reste tranquille. Il va subir des coups de plus en plus violents, jusqu'à ce que mort s'ensuive". Une scène qui se déroule dans un contexte de consommation d'alcool et de stupéfiants. 

"Le lendemain matin, les deux hommes décident de se débarrasser du cadavre, et de l'enterrer dans la forêt", poursuit le procureur. Le corps a été retrouvé sur les indications des suspects, qui ont reconnu leur participation aux faits. 

Ce mardi 22 juin, les quatre suspects ont été déférés devant le juge d'instruction dans le cadre d'une information judiciaire ouverte pour "arrestation, séquestration arbitraire suivie de mort". Ils encourent la réclusion criminelle à perpetuité.

D'après le procureur, le mineur peut être accusé de complicité, "car il est allé chercher une sangle pour ligoter la victime". Les trois majeurs devraient être placés sous mandat de dépôt, et le mineur envoyé dans un centre. 

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