Ingrandes : la fonderie aluminium s'inquiète à son tour pour son avenir

Aux fonderies du Poitou, à Ingrandes sur Vienne, il y avait la fonte. Elle va fermer en juin. Il reste l'aluminium qui fonctionne toujours avec près de 300 salariés. Mais son avenir semble à son tour s'assombrir. Le carnet de commande est quasi vide pour 2022 selon les syndicats.

Le site de la fonderie aluminium à Ingrandes sur Vienne.
Le site de la fonderie aluminium à Ingrandes sur Vienne. © François Bombard / France Télévisions

La fonderie aluminium est-elle à son tour vouée à la fermeture ? Quelques mois seulement après l'annonce de l'arrêt en juin prochain de la fonderie fonte, les syndicats s'inquiètent de voir le carnet de commandes presque vide pour 2022.

Dans deux ans, on a une baisse d'activité avec la culasse et rien qui la remplace. 

Jean-Philippe Juin, délégué syndical CGT fonderie aluminium

"Renault nous dit qu'il n'y aura pas de culasses à faire sur le site des fonderies du Poitou dans les années qui viennent", témoigne Jean-Philippe Juin, délégué syndical CGT fonderie aluminium. "Notre directeur commercial nous indique aussi que le métier de la culasse n'est plus un métier d'avenir, qu'il faut faire autre chose. Mais qu'est-ce qu'on fait à la place et avec qui ? Y a rien sur la table", poursuit-il, avant d'asséner : "Dans deux ans, on a une baisse d'activité avec la culasse et rien qui la remplace."

Actuellement, 330.000 culasses de moteur sortent des fonderies à l'année. Mais le modèle produit à Ingrandes sur Vienne est appelé à être remplacé par un nouveau, qui lui, serait produit sur un autre site, à l'étranger, selon les syndicats.

La fonderie aluminium était pourtant, jusqu'ici, préservée par le sous traitant automobile Liberty et son client Renault, dans la restructuration des fonderies du Poitou.

"J'ai l'impression que l'on est en train de nous réécrire l'histoire de la fonte alors que l'on nous disait que l'aluminium était porteur", explique Jean-Yves Huet, délégué syndical CGT fonderie aluminium. "Nous, on y croit. En revanche, l'actionnaire, j'ai l'impression qu'il n'y croit pas beaucoup. (...) L'Etat et Renault ont été choisir Liberty, mais ils ne nous offrent pas de perspectives, ils sont en train de nous fermer des portes."

"On va s'en sortir"

Si le constat est rude, ce délégué syndical est convaincu de "trouver des ressources pour s'en sortir, car on va s'en sortir".

"Il y a ceux qui voudraient écrire l'histoire à notre place, mais on va se laisser une large part pour l'écrire, nous, cette histoire", poursuit Jean-Yves Huet. "On ne va pas laisser les autres le faire pour nous. On ne va pas laisser le construteur et l'Etat, premier actionnaire du constructeur, aller fabriquer les voitures à l'étranger et nous les acheter. Car pour les acheter, faut un travail."

Les 280 salariés de l'alu attendent maintenant la visite prochaine le 9 mars à Ingrandes du responsable des fonderies aluminium du groupe Liberty-Alvance. 

Selon un élu régional proche du dossier qui témoigne sous couvert d'anonymat, le groupe n'aurait engagé aucune diversification du site, ce qui selon lui, constitue "un mauvais signe".

Sur le site d'Ingrandes sur Vienne, des croix ont été plantées devant la fonderie fonte. Elles sont le symbole des centaines d'emplois supprimés d'ici à l'été. En face, où sont produites les pièces en aluminium, on les observe désormais avec inquiétude.

Reportage d'Antoine Morel et François Bombard : 

 

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