Ingrandes-sur-Vienne : les salariés de la Fonderie Fonte veulent rester des fondeurs et poursuivre leur activité

À Ingrandes-sur-Vienne près de Châtellerault, les salariés des Fonderies du Poitou ont pris connaissance des résultats de leur vote sur l'avenir du site. Ils ont choisi à une forte majorité de continuer leur activité fonte pour produire des carters sans s'opposer à terme à une reconversion. 
Les résultats du vote sur l'avenir de la Fonderie Fonte à Ingrandes-sur-Vienne a été annoncé aux salariés ce mardi 1er septembre 2020.
Les résultats du vote sur l'avenir de la Fonderie Fonte à Ingrandes-sur-Vienne a été annoncé aux salariés ce mardi 1er septembre 2020. © Thomas Chapuzot/ France Télévisions
Les 315 salariés de la Fonderie Fonte d'Ingrandes-sur-Vienne étaient appelés à se positionner sur l'avenir du site en votant pour l'un des scénarios proposés pour assurer le maintien de l'activité du site. Cet été, à la demande du groupe Alvance Liberty propriétaire des Fonderies Fonte et Alu depuis un an et demi, un cabinet d'expertise avait listé trois reconversions possibles avec des conséquences en termes d'emploi plus ou moins lourdes pour les salariés.
Les résultats du vote ont été annoncés ce matin par les délégués syndicaux qui avaient appelé leurs collègues à participer à ce sondage. Les salariés ont répondu présents et se sont mobilisés. 62,4% d'entre eux ont participé au vote.

"On est d'abord des fondeurs"

Ils avaient le choix entre trois options. L'une portait sur la mise en place d'une unité de reconditionnement de téléphones portables et conserverait 80 emplois. La seconde prévoyait la poursuite d'une activité de fonderie pour la fabrication de châssis automobiles en conservant 150 emplois. Enfin, la troisième proposait une reconversion dans le reconditionnement des véhicules et le maintien de 100 emplois.
C'est sans surprise le deuxième scénario qui a emporté l'adhésion des employés de la Fonderie Fonte. Ils ont voté à près de 90% pour conserver l'activité de fonderie, une préférence que les syndicats mettaient eux aussi en avant.

"On est d'abord des fondeurs... On veut continuer à faire cette activité mais on pourra faire les autres activités en parallèle. Le reconditionnement de véhicules ou des smartphones, ce sont des activités qui sont très loin de notre métier d'aujourd'hui."

Serge Rioult, délégué CFE/CGC Fonderie Fonte

"L'option mise en avant par les salariés, c'est de continuer à faire de la fonderie, c'est-à-dire à faire des carters. On a cette chance que Renault nous donne aujourd'hui pas assez pour une activité pleine mais Renault est quant même derrière nous et nous donne de l'activité. L'ensemble des salariés trouve illégitime de ne pas continuer à faire des carters... On veut continuer à être des fondeurs".

Alain Delaveau, CGT Fonderie Fonte, secrétaire du CSE Liberty Fonderies du Poitou 


Le délégué de la CGT n'exclut pas la possibilité d'aller vers le reconditionnement de portables ou de véhicules mais selon lui "il va falloir que le groupe valide ce projet et là, on n'a pas encore de certitude". Pour lui, après ce vote, l'actionnaire doit prendre ses responsabilités.

"Il y a une grosse part de responsabilité de l'actionnaire. Les salariés ne sont pas là pour choisir, ce n'est pas eux qui prennent les décisions, c'est l'actionnaire, les grands groupes."

Alain Delaveau, CGT Fonderie Fonte, secrétaire du CSE Liberty Fonderies du Poitou 

La fermeture de la Fonderie Fonte reste possible

En juin dernier, Jean-Dominique Senard, le président de Renault avait été auditionné à l’Assemblée nationale au sujet de l'avenir des Fonderies du Poitou. Le constructeur français est le client et donneur d'ordres quasi-exclusif du site d'Ingrandes et avait rappelé à cette occasion qu'il avait honoré ses engagements de soutien financier.
  Les salariés des Fonderies reprochent en revanche au groupe anglo-indien Alvance Liberty de ne pas avoir investi financièrement dans les deux sites d'Ingrandes-sur-Vienne. En juin dernier, le groupe propriétaire s'était engagé à  proposer une reconversion rapide pour la Fonderie Fonte du Poitou en estimant que le contexte et la crise automobile "a rendu la fonderie non viable dans sa forme actuelle".
Ce 1er septembre, les syndicats indiquent "qu'ils vont faire des courriers à la région, au département et à l'agglomération de Châtellerault pour leur demander un soutien financier" car dit Alain Delaveau "on sait que le groupe GFG Alliance ne cherche que des subventions".
Du côté de la CGT, on se dit ouvert à la mise en place d'un plan de départs volontaires pour lequel plusieurs salariés pourraient être volontaires et éviterait des licenciements secs.
Sanjeev Gupta, le patron anglo-indien du groupe GFG Alliance dont ALVANCE, le propriétaire de la Fonderie Fonte de Poitou est membre, pourrait faire connaître ses projets au cours du mois de septembre. La menace d'une fermeture de la Fonderie Fonte est toujours présente.
En attendant, une journée d'action est organisée la semaine prochaine par les syndicats avec une manifestation prévue à Châtellerault.
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