Les bénévoles d’Au Fil Du Son, petites mains essentielles du festival

Ils sont habituellement plus de 650 chaque année à venir retirer leur bracelet de bénévoles à Civray. Cette commune de 2.600 habitants, située au sud de Poitiers, accueille depuis 2004 le festival Au Fil Du Son. Un événement qui n’aurait pas les mêmes valeurs sans les bénévoles. Rencontre.
On les reconnaît à leur t-shirt bleus. 250 bénévoles font tourner le festival Au fil du son cette année.
On les reconnaît à leur t-shirt bleus. 250 bénévoles font tourner le festival Au fil du son cette année. © Barbara Gabel / France Télévisions

"C’est ma colonie de vacances à moi !" Yohann attendait ce mercredi 28 juillet avec impatience. Après trois annulations en 2020, c’est le grand retour du festival Au Fil Du Son à Civray (Vienne) et des bénévoles. Comme lui, 250 personnes se sont inscrites pour prendre part à l’organisation de cette 18ème édition.

Une édition très impactée par la crise sanitaire : à cause de la jauge limitée, les bénévoles sont près de trois fois moins nombreux que d’habitude. "C’est dommage mais il faut s’y faire", lâche Yohann qui n’avait qu’une hâte : "revivre l’ambiance avec les bénévoles devenus de vrais copains". Alors, à quelques heures de l’ouverture des portes, ce Nantais de 30 ans se fait un plaisir de retrouver la buvette, comme chaque année depuis sept ans, et "d’entendre les artistes faire leurs balances".

"J’aurais du mal à redevenir simple spectatrice"

Derrière le bar, au camping ou au contrôle des pass sanitaires, les petites mains du festival sont nombreuses et essentielles. Pour les encadrer, plusieurs responsables bénévoles sont présents, à l’instar de Luce, 26 ans. C’est son premier "Au Fil Du Son"

Parmi ses missions : suivre les inscriptions des bénévoles les mois précédant le festival, les accueillir sur site et rester en veille pendant les concerts. Un rôle qui n’est pas sans responsabilités mais qui plaît à cette conseillère d’entreprise en agriculture arrivée à Civray en 2019. "C’était un moyen de m’engager dans la vie de la commune et de rencontrer du monde."

Maintenant que j’ai découvert l’envers du décor, j’aurais du mal à redevenir simple spectatrice en festival. Certes, on est là pour travailler mais on quand on a des pauses, on arrive à profiter des concerts et ils sont d’autant plus croustillants ! C’est vraiment une satisfaction.

Luce, 26 ans, bénévole Au Fil Du Son

Luce, responsable bénévole, recharge le bracelet d'Eric. "Deux verres gratuits par jour !", lui rappelle-t-elle.
Luce, responsable bénévole, recharge le bracelet d'Eric. "Deux verres gratuits par jour !", lui rappelle-t-elle. © Barbara Gabel - France Télévisions

"C’est le travail de l’ombre au bien-être du festival"

Derrière son poste, Luce accueille Eric, magasinier bénévole du festival, venu récupérer son bracelet d'accès. "N’oublie pas Eric, tu as droit à deux verres gratuits par jour avec ton bracelet !", sourit Luce. Mais pas question de perdre de temps. Eric file au magasin surnommé "La cabane de Rico".

Ici, les bénévoles et techniciens peuvent emprunter tout le matériel dont ils ont besoin : échelle, clé à molette, peinture ou petite remorque. "C’est le travail de l’ombre au bien-être du festival", définit Eric. "C’est pas grand-chose, je sais que je ne suis pas irremplaçable. Mais c’est un plaisir que j’ai toujours eu !"

Avant l'arrivée des festivaliers, derniers préparatifs pour que les scènes soient prêtes à accueillir les artistes.
Avant l'arrivée des festivaliers, derniers préparatifs pour que les scènes soient prêtes à accueillir les artistes. © Barbara Gabel / France Télévisions

En 2015, Eric a vécu un grave accident, subissant de nombreuses opérations. "Le noyau dur du festival a été plus que jamais présent pour moi", se remémore-t-il avec émotion. "C’est vraiment une famille ici". Devenu malvoyant suite à cet accident, Eric se déplace avec une canne et ne passe pas inaperçu, même auprès des artistes. "En 2018, Catherine Ringet était invitée au festival. Quand elle m’a croisé, elle m’a demandé si je trouvais des pièces de monnaie… Elle croyait que ma canne était un détecteur de métaux !", se souvient-il en rigolant. "Un collègue lui a expliqué ma situation puis on est parti bras dessus, bras dessous pour que je l’emmène à sa loge... quel souvenir !"

Une envie de se sentir utile

A quelques centaines de mètres du magasin, l’heure de l’ouverture des portes approche. Eveline, bénévole de 65 ans, ne cache pas sa joie. "Ca fait tellement plaisir de revoir les festivaliers et les bénévoles, ça me fait retrouver ma jeunesse !" , s’exclame celle qui ressentait le besoin de "se sentir utile" depuis sa retraite. C’est la troisième année qu’Eveline apporte son aide ici.

Gants au bout des doigts, masque sur le nez et scannette en main, Eveline est plus que prête. Ca y est, les premiers festivaliers arrivent. Le QR code d’un jeune homme n’est plus valide. Eveline l’envoie à l’espace de dépistage juste derrière la mairie. "C'est très particulier cette année avec le covid", reconnait-elle. Avant de poursuivre : "Mais pour cette première soirée ce n’est pas la bousculade, alors on a le temps de parler avec les gens. Tout le monde est compréhensif !"  Eveline et les autres bénévoles d'Au Fil Du Son s'engagent pour cinq jours : le festival se poursuit jusqu’au dimanche 1er août.

Voir notre reportage

durée de la vidéo: 02 min 10
festival Au Fil Du Son 2021

CARTE. Festival Au Fil Du Son

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
festival événements sorties et loisirs musique culture solidarité société vie associative