Au parc de Blossac, les journées d’été des écologistes s’ouvrent avec des militants enthousiastes

La rencontre estivale annuelle des écologistes se tient du 19 au 21 août 2021. Pour cette édition, Poitiers et son parc de Blossac ont été choisis. Si la primaire est dans tous les esprits, les militants affichent le rassemblement dans la joie.

Dans l’amphithéâtre du parc de Blossac, le vert domine. Sur les vêtements et les masques des militants, également. Face à eux, la scène "Amazonie" attire tous les regards. C’est là que se déroulent les plus grandes conférences, discours et événements des journées d’été des écologistes 2021 qui débutent, à Poitiers, le 19 août. 

En tout, 7 espaces (la scène extérieure de l’amphithéâtre et 6 chapiteaux) permettent d’accueillir la réunion annuelle des écolos. Chacun s’est vu attribuer, symboliquement, un nom lié à une forêt : Brocéliande, Compiègne, Fontainebleau, Landes, Vercors et Vosges. Toute la partie inférieure du parc de Blossac est réquisitionnée, au grand bonheur des militants. 

Des militants de toute la France, et plus encore

"Je trouve ça très bien que ce soit dans un parc et Poitiers est une très jolie ville que je ne connaissais pas", avoue Frédéric, 78 ans. Lui est venu de Nantes pour sa première participation aux journées d’été. Il se définit plus comme sympathisant que militant mais est ici pour s’informer et échanger. Frédéric est presque déjà entièrement convaincu. Il observe ce qu’il se passe dans le monde et, pour lui, il faut agir pour le futur. "Les excès n’apportent rien, tous les humains le savent. Mais il les choisissent quand même", philosophe-t-il, en pointant la surconsommation. Il espère que tout le monde puisse s’entendre pour donner un avenir à la planète. 

Au milieu de l’événement, de nombreuses tables sont installées. L’ambiance y est conviviale. Chacun se pose après un tour à la buvette ou aux food-trucks installés sur le site. Des hot-dogs et des salades avec du poulet y sont vendus. Tout est bio et issu tant que possible de l’agriculture locale, assure l’événement sur le programme distribué à chacun. Il ne faut d’ailleurs pas le perdre, car les tirages ont été "calculés au plus juste pour éviter le gaspillage !

À l’entrée, en plus du programme, chaque participant reçoit un tote bag aux couleurs de l’événement contenant une lunch box, un gobelet et des couverts réutilisables. "Le gobelet a quasiment été inventé aux Journées d'été des écologistes. Il y a un moment, il y a longtemps, où on était un peu seuls à faire ça", explique à France Info Marine Tondelier, en charge de l’organisation. Objectif : zéro déchet.

Je suis adhérent aux écologistes en France depuis 2009, j’espérais que ça arrive en Italie mais malheureusement, je crois que les Français sont plus sensibles à cette question.

Alessandro, militant italien.

Pour se restaurer, il était aussi possible de s’inscrire en amont pour un repas distribué par le Crous. "J’aurais mieux fait d’aller déjeuner à l’extérieur", sourit Frédéric qui ne semble pas s’être régalé. De son côté, Alessandro est pleinement satisfait. "Je suis végétarien, et il y a des menus adaptés, c’est très bien", se réjouit-il. 

Cet Italien de 34 ans est venu exprès de Turin, en train et non en avion. "Je suis adhérent aux écologistes en France depuis 2009, j’espérais que ça arrive en Italie mais malheureusement, je crois que les Français sont plus sensibles à cette question", se désespère Alessandro. Chaque année, il fait le chemin d’Italie pour venir aux journées d’été du mouvement qui rassemble Europe Ecologie – Les Verts, Génération Écologie, Génération-s et le Mouvement des Progressistes. 

Un parfum de primaire 

Pour Alessandro, l’écologie n’a pas de frontière et il est heureux de venir réfléchir au futur en France. Il votera d’ailleurs à la primaire de septembre prochain pour déterminer qui de Delphine Batho, Jean-Marc Governatori, Yannick Jadot, Éric Piolle ou Sandrine Rousseau se présentera à l’élection présidentielle de 2022. 

Au-delà de la volonté de montrer le rassemblement écologiste, la primaire est dans toutes les têtes. Chacun a déjà plus ou moins son favori. C’est le cas d’Estelle qui est ici pour "soutenir Delphine". Cette deux-sévrienne de 44 ans est engagée dans Génération Écologie, le mouvement créé par l’ancienne ministre. Mais elle le jure : "Il n’y a pas de petites phrases pour se tirer dans les pattes entre candidats, comme on peut le voir ailleurs. C’est une même famille et c’est important de créer une dynamique collective." Si, en effet, pour le moment cette campagne de primaire reste dans le débat et le respect entre les candidats, tous les yeux vont être rivés sur chacun d’eux. Ce fut déjà le cas quand, dans l’après-midi, Delphine Batho débarque à la buvette entourée d’un petit groupe. 

Je supporte Sandrine Rousseau, mais je me demande si elle aura ses chances de se faire élire présidente, on parle souvent de ça entre nous

Emmanuel, militant et trésorier d'Europe-Écologie - Les Verts de Rhône-Alpes

Il reste parfois compliqué de distinguer les têtes d’affiches des militants présents à cette ouverture des journées d’été des écologistes. D’autant plus quand, à chaque fin de conférence, la foule se retrouve dans l’espace central où se situent les tables. C’est là que les débats sur la primaire s’organisent entre les militants, comme le raconte Emmanuel. "Je supporte Sandrine Rousseau, mais je me demande si elle aura ses chances de se faire élire présidente, on parle souvent de ça entre nous", confesse-t-il. Fraîchement retraité, Emmanuel est trésorier d’Europe-Écologie – Les Verts de Rhône-Alpes. Il arrive de Grenoble en train. "Des amis m’avaient proposé de venir à vélo mais ça fait un bon bout de chemin tout de même, s’exclame-t-il. D’ailleurs, je ne les ai pas encore vu, il ne sont peut-être pas encore arrivés !"

Emmanuel se dit séduit par cette édition, la troisième qu’il fait. Elle lui permet de découvrir Poitiers et sa maire, Léonore Moncond’huy. "Je ne la connaissais pas trop, exceptée quelques interviews. Quand je l’ai entendue au discours d’ouverture j’ai vraiment adhérer, nous sommes sur la même longueur d’onde", apprécie le militant. Dans la bouche des militants interrogés, tous s’accordent sur le choix de Poitiers et sa symbolique. "Poitiers a été une très belle victoire en 2020, la première de la vague verte aux municipales", rappelle Estelle. Elle loue également le mouvement "Poitiers collectif", basé sur une démarche citoyenne

En fin de journée, les premiers rayons de soleil viennent éclairer une journée grise sur Poitiers. Cela n’a toutefois pas entamé l’enthousiasme des militants écologistes. Plus de 3 000 personnes sont attendues sur ces 3 journées d’été des écologistes. Aux alentours de 17 heures, l’organisation en comptait au moins 1 127, pour la seule journée d’ouverture. 

CARTE. Le parc de Blossac à Poitiers.

 

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