Covid-19 : la rentrée scolaire suspendue à Chauvigny car une enseignante a été testée positive

Le maire de Chauvigny annonce la suspension de la rentrée scolaire dans la commune alors qu'une enseignante d'une école primaire a été testée positive au Covid-19. La rentrée des quatre écoles primaires est reportée ainsi que celle de l'école privée.
Les résultats des 14 derniers tests au coronavirus effectués à Chauvigny ont été connus ce mardi 12 mai. L'un d'entre eux, celui d'une enseignante de l'école des Guiraudières s'est révélé positif. Comme il l'avait annoncé samedi dernier, Gérard Herbert, le maire de la ville a annoncé la suspension de la rentrée scolaire dans toutes les écoles primaires. Une décision prise en accord avec le département et l'inspection d'académie, précise-t-il.

Nous ne rouvrons pas les écoles pendant tout le temps de l'enquête épidémiologique. C'est à dire au moins pas avant 15 jours en attendant la fin de la mise en quarantaine de la personne atteinte. C'est vraiment difficile car il s'agissait du dernier des 84 tests effectués sur le personnel municipal et les enseignants.
-Gérard Herbert, maire de Chauvigny


"Une question de principe de précaution" pour le maire

Ces tests avaient été effectués à la demande du maire à la suite de la découverte de quatre cas avérés de Covid-19 au sein du personnel du collège Gérard Philipe. Les personnes avaient été contaminées lors d'une réunion de préparation de la rentrée qui s'était tenue la semaine dernière. La rentrée du collège avait été reportée au 27 mai prochain. Pour les écoles primaires, aucune date n'est fixée. Gérard Herbert affirme aujourd'hui que la décision de rouvrir ou pas avant la fin de l'année scolaire sera réexaminée au début du mois de juin en prenant compte de l'évolution sanitaire.

En temps que maire et médecin, je ne peux pas prendre la responsabilité de rouvrir maintenant. C'est une question de principe de précaution. Ça me conforte dans ma décision de samedi.

Ce week-end, Gérard Herbert avait annoncé qu'il n'y aurait pas de réouverture des écoles si un seul des tests s'avéraient positifs. Près de 70 avaient été effectués samedi sur place. Quatorze autres ont été réalisés un peu après.


Généraliser les dépistages

L'enseignante de l'école primaire des Guiraudières qui est atteinte du Covid-19 n'avait pas participé à l'accueil des enfants prioritaires, notamment ceux du personnel soignant, organisé pendant le confinement. En revanche, elle avait été en contact avec des collègues lors de réunions pour préparer la rentrée.
Pour Gérard Herbert, la découverte de ce nouveau cas pose à nouveau la question d'un dépistage élargi pour assurer une meilleure sécurité de la rentrée scolaire.

Il faudrait un dépistage systématique pour les personnes en relation avec enfants. L'évolution de cette maladie n'est pas connue, notamment pour les enfants.

Un appel à systématisation des tests et à la prudence lancé dès ce week-end par le maire de Chauvigny et relayé par d'autres élus de communes de la Vienne ou du département.

Le SNUipp demande un dépistage massif

Cette demande a aussi été formulée par les syndicats enseignants et notamment le SNUipp dès l'annonce du déconfinement.

Nous faisons la demande d'un dépistage massif. Il est nécessaire de ne pas rouvrir les écoles avant d'avoir tester l'ensemble du personnel de la communauté éducative. Ça peut limiter le nombre de personnes contaminées si on identifie les porteurs du virus avant et si on les isole.
-Gilles Tabourdeau, secrétaire départemental du SNUipp-FSU de la Vienne.

On a le devoir de ne pas contaminer les enfants. Pour un enseignant, la responsabilité morale d'avoir contaminer un enfant serait terrible à porter comme celle d'être contaminé et de contaminer à son tour les siens en rentrant à la maison.

Aujourd'hui six autres écoles de la Vienne n'ont pas été en mesure de rouvrir pour des cas ou des suspicions de Covid-19. Outre Chauvigny, il s'agit de Buxerolles, Vernon, Aslonnes, St-Sauvant et Rouillé. C'était aussi le cas à l'école maternelle Tony Lainé à Poitiers, où les délégués syndicaux ont fait valoir que les conditions sanitaires n'étaient pas conformes au protocole.

Pour Gilles Tabourdeau, "ça prouve que l'on n'est pas si en sécurité que celà à l'ecole, contrairement à ce que dit Mr Blanquer et que malheureusement les faits au quotidien nous donnent raison. Ça veut dire que le virus circule et on sait que nous serons en difficulté pour faire respecter les gestes barrières avec les enfants, surtout les petits en maternelle".

Outre les tests, le syndicat enseignant avait aussi demandé en vain du temps pour préparer cette rentrée dans les meilleures conditions possibles. 

Il nous aurait fallu une semaine de pré-rentrée pour éviter la mise en danger des personnels et des enfants.
-Gilles Tabourdeau, secrétaire départemental du SNUipp-FSU de la Vienne.

De son côté, Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, interrogé sur les écoles restées fermées aujourd'hui, a indiqué qu'il s'agit "dans la plupart des cas" d'établissements qui "ont eu des difficultés techniques" pour respecter un protocole sanitaire "exigeant", souvent dans des communes rurales, notamment un manque de savon ou de gel. "On les aide actuellement", a-t-il ajouté.  Défenseur de la réouverture limitée et encadrée des écoles, Jean-Michel Blanquer, a salué une "amorce" qui doit permettre de relancer la machine avant la réouverture de certains collèges la semaine prochaine.








 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
éducation société covid-19 santé déconfinement