Déconfinement. "On a vraiment envie que cela ressemble le plus possible à une école normale pour les enfants"

L'application du protocole sanitaire anti-coronavirus contraint les écoles qui rouvrent cette semaine à se réorganiser totalement. Aux Ormes (Vienne), 20% des élèves du groupe scolaire Pompidou seront accueillis en classe dans des conditions inédites et très particulières. 
"Interdit de boire au robinet". La directrice de l'école Georges Pompidou des Ormes (Vienne) a prévu d'apposer partout cette affichette indiquant cette nouvelle règle pour les enfants qui seront accueillis dans quelques heures dans son établissement. "On en mettra dans chaque sanitaire, devant chaque robinet" explique Laurence Chavigny "c'est un réflexe qu'ils ont, mais il faut absolument qu'ils boivent avec leur bouteille."
Dès ce mardi 12 mai, ce sont 34 enfants - soit un cinquième des effectifs habituels - qui feront leur rentrée après 55 jours de confinement et de classe à la maison. Pour les accueillir dans les meilleures conditions et dans le respect du protocole sanitaire édicté par le gouvernement, la directrice a donc réuni enseignants et ATSEM pour passer en revue toutes ces petites habitudes désormais à proscrire. Presque une nouvelle façon de travailler.

"Vous dire qu'on va enseigner de façon normale, non mais nous avons tous envie que cela ressemble le plus possible à une école normale pour les enfants, pas anxiogène. Il faut qu'ils sentent que ça va rouler pour eux."

Fais pas ci, fais pas ça 

Pour éviter "le fais pas ci, fais pas ça" permanent,  l'équipe pédagogique de l'établissement doit donc trouver des astuces faciles à mettre en place et à comprendre pour de jeunes enfants : des repères au sol pour respecter les distances entre chacun, un sens de circulation pour éviter les croisements. Et pour les gestes barrières, pourquoi pas "la petite comptine Atchoum dans mon coude de l'association des écoles maternelles" propose Laurence Chavigny.
Comptine des maternelles pour se laver les mains
Éternuer dans son coude, tousser dans sa manche, ne pas toucher ses camarades, ces règles d'hygiène doivent devenir des réflexes pour éviter la propagation du virus ; c'est en tout cas l'objectif de l'équipe enseignante dans cette école des Ormes, comme dans 93% des établissemements de Poitou-Charentes qui font leur rentrée cette semaine.  Clarisse Massuard se prépare "à être vigilante, et à répéter, beaucoup répéter". Dans sa classe de moyenne et de petite section, elle aura demain face à elle cinq élèves âgés de 5 et 6 ans : "c'est jouable" assure-t-elle "avec peu d'enfants, nous allons pouvoir faire au mieux." Pour mettre toutes les chances de son côté, l'enseignante a demandé aux parents d'adapter la tenue de leur enfant. "Pas de vêtements à paillettes, ni de chaussures à lacets. Il faut éviter tous les habits qui peuvent solliciter le toucher."
Chacun de ses élèves aura également son propre matériel scolaire et une boîte à jeux nominative. Autant de nouveautés qu'enseignants et enfants vont devoir apprendre à apprendre, dans cette école comme dans tant d'autres. 

Reportage de Jérôme Vilain, Thomas Chapuzot et Thierry Cormerais :
Le Snuipp-FSU de la Vienne demande "une semaine de prérentrée" pour tester tous les enseignants
Interrogé sur France Info ce dimanche, Gilles Tabourdeau secrétaire départemental du Snuipp-FSU, a affirmé que "l'ouverture (des établissements scolaires) le 12 mai c'est bien trop tôt". 

"La zone dont fait partie l'académie de Poitiers est rentrée de vacances seulement lundi dernier et a dû mener de front la reprise du travail de l'activité scolaire avec les élèves (...) et en même temps, préparer la reprise" a-t-il expliqué demandant "une semaine de prérentrée". "Si ça peut ouvrir, ça ouvre, si ça ne peut pas ouvrir, ça n'ouvre pas."

Après la découverte de plusieurs cas de coronavirus au collège Gérard Philippe de Chauvigny, le représentant du syndicat enseignant a également souhaité que "l'ensemble de la communauté éducative qui va accueillir des enfants" soit testée. 

 
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