Fonderie aluminium à Ingrandes : en grève, les salariés mettent la pression sur le groupe Renault

Les salariés de la fonderie aluminium à Ingrandes-sur-Vienne étaient appelés à la grève ce jeudi. L'intersyndicale a restitué au personnel les conclusions du rapport Roland Berger sur les possibilités d'avenir de leur entreprise.

Quel sort pour la fonderie aluminium à Ingrandes-sur-Vienne ? Deux mois après la fermeture de la partie fonte, les salariés étaient appelés à se mettre en grève, ce jeudi. L'intersyndicale CGT/CFE-CGC souhaitait partager les conclusions du Rapport Roland Berger.

Il s'agit d'un travail d'experts sur les possibilités d'avenir de la fonderie dans un contexte de moins en moins favorable aux voitures thermiques. Selon l'intersyndicale, il ressort de ce rapport qu'un avenir est possible en développant la fabrication de pièces dites de liaison au sol pour les véhicules électriques. 

"La bonne nouvelle, c'est que les experts nous disent vous avez les capacités de vous retourner et de faire des pièces en alu pour l'automobile dans les années qui viennent, au-delà de 2025, voire 2030", explique Jean-Philippe Juin, de l'intersyndicale de la fonderie aluminium.

On basculerait sur des pièces qui vont équiper tous les véhicules de demain, et notamment électriques. 

Jean-Philippe Juin, intersyndicale de la fonderie aluminium

Mais pour garantir cet avenir, il faut arriver à un chiffre d'affaires de 30 millions d'euros jusqu'en 2025. Le soutien de Renault est donc indispensable pour assurer du travail et de l'activité à la fonderie. Et pour passer de la fabrication de culasses à celle de liaison au sol pour les véhicules électriques.

"Les pièces qu'on fabrique, c'est pour les moteurs thermiques, l'Union européenne annonce la fin des moteurs thermiques pour 2035. Nous, on basculerait sur des pièces qui vont équiper tous les véhicules de demain, et notamment électriques", poursuit Jean-Philippe Juin.

Même si des perspectives se dessinent, l'avenir des fonderies est loin d'être assuré. L'entreprise est en redressement judiciaire depuis le mois d'avril, et il faut obtenir du tribunal une prolongation du délai fixé à la fin du mois d'octobre pour trouver un repreneur qui engage la transformation de la production. Pour l'instant, aucune offre de reprise n'a été déposée.

L'intersyndicale a obtenu un accord sur le principe d'une table ronde rassemblant les principaux acteurs, Renault, l'État, les administrateurs judiciaires, les auteurs du rapport Roland Berger, la direction et les organisations syndicales.

En attendant qu'une date soit fixée, les syndicats appellent à bloquer le magasin d'expédition pour empêcher les culasses fabriquées de quitter l'usine.

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