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Gamers Assembly : un Poitevin au micro de la finale de League of Legends

Martin Berthelot s’est découvert une passion pour l’eSport à la Gamers Assembly, Poitiers. Il tient désormais le micro du haut de son perchoir. Le Poitevin, âgé de 26 ans, commentait cette année la finale de League of Legends.

A 26 ans, Martin Berthelot, alias KroK, commentait la finale de League of Legends de la Gamers Assembly 2017, à Poitiers.
A 26 ans, Martin Berthelot, alias KroK, commentait la finale de League of Legends de la Gamers Assembly 2017, à Poitiers. © H. Lemonier / Poitou-Charetnes
Pochette de costume, veste noire, chemise blanche, son style détonne dans les allées de la Gamers Assembly. Martin Berthelot, alias KroK, a enfilé sa tenue de "casteur". A 26 ans, le Poitevin s’apprête à prendre le micro avant la deuxième manche de la finale de League of Legends.

Le commentaire n’est son métier, mais il en adopté tous les codes. Cet ancien élève de Camille Guérin se cramponne aux accoudoirs de son siège, les yeux rivés sur l’écran. Son débit accélère jusqu’à atteindre un rythme démentiel à chaque retournement de situation. "Contrairement à mes collègues casteurs, je viens pas du live : les autres se rémunèrent en commentant des parties sur Twitch [une plateforme de diffusion de jeu vidéo sur internet]. Eux pourraient jouer dans une équipe nationale, ils ont le niveau. Pas moi. Je n’essaye pas d’en vivre", précise ce commercial de Panda Score, une start-up spécialisée dans la collecte de données et le traitement sur le esport.

Une ascension fulgurante

A 19 ans, il entre dans l’équipe League of Legends de ses colocataires. C’est là qu’il découvre les arcanes de ce jeu de rôle. Chaque joueur incarne un des 140 champions que compte le jeu. Tous ont des compétences particulières qu’il s’agit de combiner pour former une team de choc.

Dès cet instant, tout s’enchaîne. "J’ai vu des gens commenter des matchs sur Yotube et j’ai tout de suite accroché. Je suis me dit que ce serait génial de faire pareil !". Il dégotte une première expérience dans un événement à Angers, en 2012. L’année suivante, Martin coache l’une des trois meilleures équipes de League of Legends en France.

Deux ans plus tard, le jeune impétueux va frapper à la porte d'OGaming, le plus grand diffuseur de League of Legends. Au culot. Un coup de poker gagnant, KroK commente désormais des matchs une à deux fois par semaine. Les fans de League of Legends ont pu entendre sa voix lors des championnats du monde de la discipline.

La concurrence nouvelle entre les "casteurs"

"Cela demande beaucoup de travail. Il faut connaître les caractéristiques de chaque champion par coeur, l’ensemble des combinaisons entre chacune de leurs compétences, etc.", détaille-t-il. Le jeune homme en a conscience, il s’est engouffré dans une brèche : "On a comblé un manque à l’époque. Maintenant, il y a une véritable concurrence entre les commentateurs. Mais c’est sain, cela nous pousse à nous surpasser."

Des grandes entreprises sont également entrées dans la danse, comme PMU ou encore Orange. L’ex-France Télécom comptait d’ailleurs parmi les grands sponsors du "debrief" d’après match auquel participait Martin Berthelot. "Toutes ces marques veulent participer à ce mouvement historique. Moi, je compare ça au Jeux Olympique. Avant la télévision, personne ne les regardait. Aujourd’hui, c’est toute une génération qui popularise un sport en ligne sur les plateforme comme Twitch, raconte KroK. Alors, bien entendu, toutes les boîtes veulent avoir leur part du gâteau. Elles souhaitent toucher ce public jeune et très investi."

L’argent s’immisce par la même dans un milieu à l’origine très pauvre. Les commentateurs étaient auparavant bénévoles, ils sont désormais payés entre 250 et 500 par jours. "Ce n’est que le début, juge Martin Berthelot. Cela change d’années en années avec toujours plus de moyens qui nous sont alloués, pour toujours plus de show."
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