Un homme accusé d'un viol commis en 1998 dans le Nord Vienne a été retrouvé grâce à son profil ADN

Un scientifique de la Brigade de recherche Scientifique de la Gendarmeie Nationale à Pontoise en 2015. / © Martin Bureau - AFP
Un scientifique de la Brigade de recherche Scientifique de la Gendarmeie Nationale à Pontoise en 2015. / © Martin Bureau - AFP

C'est une affaire vieille de plus de 20 ans qui vient d'être résolue par la gendarmerie de la Vienne. Un homme accusé d'avoir commis un viol dans la Vienne en 1998 a pu être identifié par les enquêteurs grâce à un paquet de bonbons sur lequel ils ont retrouvé ses empreintes génétiques.

Par Christine Hinckel

L'affaire remonte au 19 octobre 1998 et n'avait pas encore été résolue. Le procureur de la République de Poitiers, Michel Garrandaux, a expliqué ce mardi comment l'homme accusé d'avoir commis le viol avait pu être interpellé par les gendarmes de Châtellerault et de Poitiers.

Une jeune femme femme de 21 ans violée dans sa voiture

Ce soir d'octobre 1998, une jeune femme de 21 ans circulant à bord de sa voiture dans la campagne du nord-est de la Vienne est obligée de s'arrêter car des rondins de bois lui bloquent la chaussée. Il s'agissait en fait d'un piège destiné à la contraindre de stopper sa voiture. 

Elle descend donc de sa voiture et c'est alors qu'un homme surgit. L'homme est cagoulé, il s'engouffre dans la voiture et va ficeler la jeune femme. Ils font quelques kilomètres après lesquels il s'arrête et il va la violer dans la voiture avant de prendre la fuite à pied.
- Michel Garandaux, procureur de la République de Poitiers

Les circonstances du viol

Michel Garrandaux, procureur de la République de Poitiers
Les circonstances du viol

L'enquête menée à l'époque pour retrouver le coupable de ce crime n'aboutit pas. Un premier non-lieu est prononcé en 2001 puis un second en 2006. Le dossier est relancé en 2016 pour permettre la poursuite éventuelle des recherches.
L'occasion se présente à l'été 2019 à l'occasion d'un cambriolage dans une entreprise de menuiserie du nord de la Vienne.

Des traces ADN semblables dans les deux affaires

Les gendarmes de la brigade de Châtellerault, secondés par la Cellule d'Investigation criminelle de Poitiers, effectuent des prélèvements sur les lieux du cambriolage parmi lesquels un emballage de bonbons comportant des traces d'ADN.
Ces prélèvements sont envoyés pour analyses et c'est alors que la chance tourne pour les enquêteurs, plus de vingt ans après les faits.

Les résultats de l'analyse ont montré que les traces relevées sur la scène de viol en 1998 et celles retrouvées sur l'emballage de bonbons en 2019 correspondaient à la même empreinte génétique. A partir de là, nous savions que l'auteur du viol et celui qui avait eu le bonbon entre les mains étaient la même personne.
- Michel garandaux, procureur de la république de Poitiers

Des résultats ADN probants

Michel Garrandaux, procureur de la république de Poitiers
Les résultats d'ADN matchent.

Le rapprochement entre les deux empreintes ADN a été rendu possible grâce au fichier FNAEG, le Fichier National des Empreintes Génétiques. Il a été créé en 1998, l'année du viol commis dans la Vienne, et comporte aujourd'hui plus de trois millions de profils génétiques et plus de 500.000 traces ADN non identifiées.

Un même nom présent dans les deux dossiers

A la suite de cette découverte, les gendarmes reprennent le dossier du viol de la jeune femme en 1998 et s'aperçoivent que le nom d'une même personne apparait dans les deux affaires, il s'agit de celui du père du chef d'entreprise cambriolé à l'été 2019.
L'homme, aujourd'hui retraité et âgé de 67 ans, avait été entendu en 1998 comme simple témoin parce qu'il était le voisin de la victime. "Et c'était cette même personne qui apparemment avait laissé le bonbon dans l'entreprise de son fils" conclut Michel garrandaux.

Le retraité qui est marié et père de famille a été arrêté à son domicile au petit matin du mercredi 9 octobre dernier. Mis en garde à vue et déféré au parquet, il a été mis en examen pour viol et a reconnu les faits. Il a été placé en détention provisoire et écroué. Le sexagénaire risque jusqu'à 15 ans de réclusion criminelle.

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