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Intelligence artificielle, dernière invention de l’Homme ? Quatre heures pour y réfléchir à Poitiers

Photo d'illustration / © PHOTOPQR/L'ALSACE/MAXPPP
Photo d'illustration / © PHOTOPQR/L'ALSACE/MAXPPP

Rendez-vous inédit ce 28 mai à Poitiers : quatre heures d'échanges, de réflexion autour de l'intelligence artificielle avec des personnalités qui, dans leur domaine, éclairent nos connaissances. François Vincent, conseiller régional délégué à l'Université du Futur, nous en explique la philosophie.

Par C. Roland – France 3 Nouvelle-Aquitaine

La région Nouvelle-Aquitaine organise le 28 mai à Poitiers une rencontre autour de l’intelligence artificielle, dans le cadre de sa toute nouvelle Université du Futur. L'événement a pour thématique "Intelligence artificielle, dernière invention de l’Homme ?" François Vincent, conseiller régional délégué à l’Université du Futur, nous en dit plus, en partant d’un constat : la question nous concerne tous.

L'ensemble des échanges sera disponible entre 17h et 21h ce lundi 28 mai sur le site de l'Université du Futur


France 3 Nouvelle-Aquitaine : Comment est née l’idée d’une Université du futur et ce premier rendez-vous consacré à l’intelligence artificielle (IA) ?

François Vincent : On a rarement été confronté à l’ensemble des défis que le numérique lance à la connaissance des citoyens dans tous les domaines, que ce soit dans l’enseignement, dans l’agriculture, la culture.
L’Université du Futur a été pensée comme un lieu qui pouvait contribuer, à son niveau, à réfléchir aux opportunités de développement économique, avec les outils de la connaissance, de ce qu’on appelle les NBIC (Nanotechnologies – Biotechnologies – Informatique - sciences  Cognitives – dont l’IA). L’idée est de transformer les menaces de technologies numériques en opportunités, et on l’espère, en développement économique et donc en créations d’emplois. L’idée du président de la région Alain Rousset et de son exécutif était de trouver un lieu où l’on puisse se poser, et faire ce pas-de-côté de la pensée pour mieux comprendre, mieux appréhender le monde.


F3NA : Peut-on déjà imaginer des conséquences du développement de l'IA pour le territoire ? En matière de recherches, d’implantations d’entreprises ?

FV : On travaille déjà sur et avec l’IA en Nouvelle-Aquitaine. Un exemple : en matière de séquençage de l’ADN, on a en Nouvelle-Aquitaine un coup d’avance. Nous avons un projet avec Sophia Genetics, qui est le "Google Analytics du génome humain", c’est-à-dire que grâce à l’IA, ils sont capables d’analyser l’ensemble du génome d’un être humain et ainsi répondre de manière très précise, très hiérarchisée, très claire, à l’ensemble des mutations que nous avons tous dans notre génome. Cette activité permet d’envisager de nouvelles thérapeutiques tout à fait singulières dans des pathologies chroniques telles que le cancer ou certaines pathologies neurodégénératives. Sophia Genetics a décidé d'implanter son centre R&D (Recherche et Développement) à Bidart au Pays basque, avec l’aide de la Région. 
Par ailleurs, l’idée n’est pas de transformer tout de suite les NBIC en réalité économique. Ce que l’on veut déjà, c’est s’arrêter, parce qu’il y en a vraiment besoin, pour penser et envisager, dans un monde qui va très très vite, un futur qui risque de nous échapper si on laisse ça uniquement aux mains des puissances que sont les GAFA et les BATX.
 ≈ Petite pause "c’est quoi ces sigles ?" ≈
Vous avez sans doute déjà entendu parler de cet acronyme : GAFA. Derrière, on trouve quatre entreprises américaines, maîtresses dans l’art de l’algorithme et omniprésentes dans notre quotidien : Google, Apple, Facebook, Amazon. Et bien, les BATX sont à la Chine ce que les GAFA sont aux Etats-Unis. BATX pour Baidu (moteur de recherche), Alibaba (vente en ligne), Tencent (réseau social) et Xiaomi (équipement high-tech).



F3NA : Qui dit université dit formation ?

FV : Nous souhaitons offrir des programmes qui ne sont pas, pour le moment, des programmes académiques de formations telles qu’on peut les voir dans des universités classiques. Nous allons créer un site internet que nous souhaitons rendre le plus incrémentable possible. Nous voulons qu’il soit aussi alimenté par les citoyens, les entrepreneurs, les agriculteurs. Afin que ce partenariat collaboratif alimente la réflexion sur les innovations numériques, les nouvelles technologies qui vont toucher l’éthique, l’économie, la philosophie.
Doit-on rester dans le couloir des GAFA, dans la pensée quasi-unique de la Silicon Valley ? Ou bien s’emparer de cette question pour réfléchir, non pas au monde de demain, mais à notre quotidien : Apple sait exactement combien de pas vous faites par jour. Pareil pour Google avec les sites que vous visitez avec son moteur de recherche : il vous connait peut-être mieux que certains membres de votre famille ! Les data (données) étant le fuel de l’IA.
Cela peut se faire au niveau national avec le rapport Villani demandé par le président de la République, mais on a besoin aussi au niveau régional de créer des lieux d'appropriation de ce sujet. Certains métiers seront sans doute modifiés avec l’émergence de l’IA : celui de médecin, de comptable, dans les secteurs de la restauration ou de la vente.


F3NA : Les invités présents à Poitiers le 28 mai prochain sont des pointures dans leurs domaines. Qu’apporteront-ils au débat ?

FV : Nous aurons des personnalités qui, déjà, se sont montrées très intéressées par la démarche. Sera présent le commandeur en chef de l’OTAN, le Général Denis Mercier. Il pourra expliquer aux personnes présentes que l’intelligence artifcielle, ce n’est pas qu’une affaire de smartphone. C’est aussi un outil pour éviter que des hackers parviennent à pénétrer les logiciels de l’OTAN et modifier ou partager des informations stratégiques pour les militaires.
Je suis très content d’avoir aussi ce jour-là, le directeur général du CNRS, Antoine Petit, qui nous invitera à élargir notre idée de l’IA, à essayer d’être plus créatif en changeant profondément notre vision très franco-française du monde. Il faut qu’on passe au champ national et très certainement européen. Si l’on veut changer le couloir des GAFA et de la pensée unique, cela devra se faire à l’échelle européenne.
Nous aborderons également les questions de santé avec le Pr Pierre Corvol, ancien administrateur général du Collège de France, un très grand scientifique qui a découvert tout le système qui régule l’hypertension artérielle, des travaux à l’origine de traitements contre l’hypertension. Plus d’un milliard de personnes sont traitées par ces médicaments. J’aimerais qu’on trouve l’esprit du Collège de France dans nos échanges, un lieu, en dehors des chapelles (ecclésiastiques à l’époque de sa création sous François Ier), où l’on aurait une pensée plus libre, où l'on pourrait rentrer sans chercher un diplôme, sans chercher une formation académique mais où l'on pourrait simplement penser différemment.

Nous voulons une vision plus panoramique, plus ouverte, bienveillante et plus humaine des révolutions en cours du numérique. Sinon, nous serons tous des êtres humains au service des technologies, alors que je souhaiterais que les technologies soient à notre service.

Informations pratiques

  • Lieu : TAP – Théâtre Auditorium de Poitiers
  • Horaires : de 17h à 21h
  • Programme complet et inscriptions : cliquez ici (En date du 18 mai, il reste de la place pour assister à ces débats)

► A suivre
Si le premier rendez-vous n’a pas encore eu lieu, d’autres sont déjà programmés :

  • à Bordeaux le 13 septembre prochain à l’occasion de NOVAQ, le festival de l’innovation en Nouvelle-Aquitaine, pour parler IA et économie
  • à Limoges en novembre, sans doute autour de l’IA, culture et francophonie

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