"Jouer aux jeux vidéo, ça l’aidera plus tard" : comment les parents accompagnent la pratique de ce loisir chez leur enfant

De plus en plus de parents jouent ou ont été des joueurs de jeux vidéo. Instaurer un contrôle parental sur la durée de temps de jeu est nécessaire, afin que les enfants ne tombent pas dans l'excès ou la dépendance.

À la Gamers Assembly, il n'y a pas que les tournois de jeux vidéo. C'est aussi l'occasion pour de nombreuses familles de se retrouver autour d'une passion commune. Comme Louise, en pleine partie de Splatoon (jeu vidéo dont le but de recouvrir de peinture le terrain adverse, NDLR) surveillé de près par son papa. Cela fait bientôt dix minutes qu'elle n'a pas lâché sa manette.

"Je ne veux pas qu’il soit complètement déconnecté"

Pour elle, les jeux vidéo lui permettent de s'évader. "Ça me détend, ça me permet d’oublier mes devoirs". Même si elle aime bien, Louise ne peut pas y jouer tous les jours de la semaine. "J’ai le droit de jouer aux jeux vidéo un jeudi sur deux. Quand j’ai des copines à la maison aussi, j’ai le droit d’y jouer, mais c'est tout". Ce contrôle est imposé par ses parents, vigilants quant à la durée de temps de jeu de Louise devant un écran.

C'est le cas aussi pour Naïm, 11 ans. Amoureux de Rocket League et de Fortnite, il vient pour la première fois à la Gamers Assembly accompagné de sa mère Stacy. Elle souhaite mettre des règles bien strictes. "Il a le droit de jouer deux fois dans la semaine pendant une heure". Il est arrivé que Naïm dépasse le temps qui lui est donné. Et selon sa mère, cela se voit tout de suite, notamment au niveau de son comportement. "Quand il dépasse son temps d’écran, je le vois directement, car il est hyper agité. Je suis consciente que cela peut bloquer certaines choses au niveau de l’apprentissage et je ne veux pas qu’il soit complètement déconnecté".

Les jeux vidéo, un outil qui favorise la créativité

Cyrielle et ses deux enfants, Axel, 15 ans, et Tom, 11 ans, se promènent entre les différents stands du salon. Comme la plupart des familles, un contrôle parental est instauré, "même si le plus grand triche un peu de temps en temps", révèle Cyrielle en souriant. "Ce n’est pas facile de gérer leur temps d’écran. Si je laisse Axel trop devant l’écran, il explose l’ordinateur".

Ceux qui disent que les jeux vidéo rendent violents ne s’y connaissent pas assez.

Alexandre

Père passionné de jeux vidéo

Tom est autiste. Cela ne l'empêche pas d'aimer et de jouer beaucoup aux jeux vidéo, mais d'une autre façon. "Mes copains jouent beaucoup à Fortnite, mais moi, je préfère faire des constructions sur Minecraft que me battre contre d’autres joueurs". "J'accorde beaucoup plus de souplesse avec lui, rajoute Cyrielle. Il va jouer trois heures et il ne va jamais s’énerver. Ça l’a beaucoup aidé dans sa créativité. Ce qu'il aime lui, ce sont les jeux de construction comme Minecraft et les jeux de gestion. Il aime les chiffres et les statistiques. Ça me gêne moins de le voir jouer contrairement au plus grand".

"Jouer aux jeux vidéo, je pense que ça l’aidera plus tard"

Au stand des bornes d'arcades, Alexandre regarde son fils Simon en train de détruire des vaisseaux spatiaux. "Jouer sur les bornes d’arcade, ça me plaît. C’est marrant de se dire que papa jouait à ça quand il était petit", dit-il en riant. Grand joueur de jeux vidéo depuis son adolescence, il a transmis sa passion à son fils de façon naturelle. "C’est la deuxième fois que j’emmène mon fils à la Gamers Assembly. Cela lui permet de faire découvrir d’autres jeux sur lequel il a l’habitude de jouer, notamment sur les anciennes consoles ou sur les bornes sur lesquelles moi, je m’amusais comme un fou. Cela lui montre une autre manière de jouer".

Je trouve que dans l’orientation, dans sa motricité des doigts, jouer aux jeux vidéo lui apporte quelque chose.

Alexandre

Père passionné de jeux vidéo

Seulement une heure de jeux vidéo le mercredi, le samedi et le dimanche pour Simon. "On lui impose cela, sinon ça ne va plus, explique Alexandre. Plus il joue, plus son comportement change. Après, on lui ordonne aussi des règles : il n’a pas le droit de jouer à des jeux qui ne sont pas de son âge comme Call of Duty. En jouant trop, il tombe dans l’excès et son comportement évolue".

Les jeux vidéo ont aussi des aspects positifs selon Alexandre : "De temps en temps, on joue aussi ensemble à des jeux comme Mario Kart, et plus récemment Zelda. Je trouve que ce genre de jeu où l’on est seul, où l’on fait ce que l’on veut sur la carte et où l’on contrôle totalement son personnage, c’est bien. Dans l’orientation, dans sa motricité des doigts, jouer aux jeux vidéo lui apporte quelque chose. Jouer aux jeux vidéo, je pense que ça l’aidera plus tard, notamment au niveau de la concentration sur une courte période, mais de manière très intense".

En tant que grand consommateur de jeux vidéo, le papa peine à accepter les messages des pouvoirs publics et des politiques qui précisent que les jeux vidéo rendent violents. "Beaucoup des joueurs avec une consommation moyenne représentent la majorité. Ceux qui disent que les jeux vidéo rendent violents ne s’y connaissent pas assez. Typiquement, des jeux comme Zelda, permettent de s’évader : on peut faire ce que l’on veut, ce dont on a envie, comme cuisiner, fabriquer des moyens de locomotion ou résoudre des énigmes pour chercher des trésors".

Quand les jeux vidéo sont sources de motivation

À quelques pas du stand des bornes d'arcade se trouve un monsieur aux drôles de lunettes. Il suit attentivement les moindres clics de souris et coup de claviers des jeunes installés sur son stand. David Plumel est professeur de technologie dans la Nièvre. Pour ses cours, il fait appel aux jeux vidéo. "J’utilise depuis quelques années Minecraft dans mon cursus d’enseignement au collège. Ici, on a un public avec des adultes, explique le professeur. On a des ateliers chimie et des ateliers porte-logiques qui sont de niveau Bac pro. On va apprendre à fabriquer un microprocesseur".

D'après lui, l'utilisation des jeux vidéo en cours n'apporte pas de meilleurs résultats, mais surtout de la motivation. "On arrive à accrocher les élèves sur des notions qui peuvent être rébarbatives : cela peut être du dessin technique, des vues en 3D... Quand on est dans Minecraft, on est vraiment en pleine immersion. D’un point de vue scolaire, ça ne change rien. L’objectif reste de faire le programme scolaire. Il aura une pratique de ce qu’il a fait, des images qu’il a vues dans le jeu, ce qui va toucher son affect. Quand on aime ou quand l’on déteste quelque chose, on va s’en rappeler et mieux le mémoriser".

De plus en plus parents sont des consommateurs ou des joueurs de jeux vidéo. Et ce passé de joueur ou de joueuse à un impact sur la pratique de leurs enfants. Selon le Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (SELL), 68 % des parents sont attentifs à la pratique du jeu vidéo de leurs enfants. Un chiffre en constante augmentation depuis plusieurs années.

Les risques liés aux jeux vidéo 

Depuis juillet 2018, le gaming disorder, intégré dans le DSM-5 en 2013 est reconnu par l’OMS qui l’a intégré dans la classification mondiale des maladies (CIM) : le trouble du jeu vidéo, se caractérise par un comportement de jeu persistant ou récurrent qui peut être en ligne ou hors ligne, qui, pour une période d’au moins douze mois, se manifeste par une altération du contrôle du jeu, l’augmentation de la priorité accordée au jeu ainsi que la poursuite ou l’escalade du jeu malgré l’apparition de conséquences négatives. L’assemblée mondiale de la Santé qui a eu lieu en mai 2019 a entériné la reconnaissance d’un trouble du jeu vidéo dans la classification mondiale des maladies, le CIM-11, qui entre en vigueur en janvier 2022.

Plus d'information sur ce site