Poitiers : la Fanzinothèque, temple de la micro-édition et de la presse alternative, fête ses 30 ans

Le festival du Confort Moderne "Less Playboy is More Cowboy" débute ce jeudi à Poitiers. Au programme, 3 jours de concerts et un événement ; les 30 ans de la Fanzinothèque. Un lieu incontournable du faubourg du Pont Neuf, connu internationalement, que nous vous invitons à (re)découvrir.

Dans le laboratoire de sérigraphie, l'heure est l'assemblage des 150 exemplaires du livre des 30 ans de la Fanzinothèque de Poitiers, édité tout spécialement pour l'anniversaire de cette institution culturelle du quartier du Pont Neuf, située au sein du Confort Moderne.

"Le gros boulot a commencé avant les vacances. On a réalisé le maquettage et lancé des impressions pour le livre des 30 ans", explique Claire Leveque, la sérigraphe.
 
Marie Bourgoin a vécu le tout début de l'aventure de la Fanzino'. Aujourd'hui documentaliste, elle raconte les premiers pas de ce lieu alternatif.  

"Il y avait beaucoup de travail à faire et très peu de moyens. On était dans le Do It Yourself, on s’est toujours démerdé pour porter ce projet sans moyens, mais avec beaucoup de passion."

Un fond unique en Europe

Andy, américain de Poitiers aujourd'hui président de l'association qui gère le lieu, était un habitué du Confort Moderne, il y a trente ans. 

C’était une vraie source d’information sur tout ce qui était musique un peu en marge. Tout ce qui ne se trouvait pas dans la presse classique se trouvait dans les fanzines.
- Andy Hales, président de la Fanzino


Tout comme le Confort Moderne, la Fanzino s'est installée dans de nouveaux locaux en 2017. L'association abrite désormais plus de 55.000 documents. Un fond unique en Europe, sur lequel veillent cinq personnes et un nouveau directeur, Guillaume Gwardeath, lui-même ancien auteur de fanzines.

"Il y a deux types de fanzine, schématise-t-il. Les fanzines informatifs, qui vont parler d’arts, de musique, de politique, de poésie. Et les fanzines graphiques, sans textes, avec uniquement de l’expression visuelle."


Une inspiration pour les jeunes


De nombreuses associations locales s'appuient sur cette impressionnante collection pour éditer leurs propres fanzines.

C'est le cas de l'association féministe d'Emmanuelle Lescouet, doctorante en Livres et Médiations à l'Université de Poitiers. Originaire des Vosges, elle a choisi Poitiers pour ses études en partie grâce à la fanzinothèque.

C’est une super nourriture au niveau graphique. Avec les filles, pour nos zines, on monte à la fanzino, on fouille, et c’est comme ça qu’on calibre un truc.
Emmanuelle Lescouet, doctorante en Livres et Médiations


Dans cet univers aux multiples ramifications, le public a parfois besoin d'être guidé.

La fanzinothèque peut faire un peu peur au début, car on ne sait pas par où commencer. On peut s’auto-éduquer ou on peut être accompagnés. C’est de la médiation culturelle, on apprend au lecteur à circuler dans le labyrinthe éditorial.
Guillaume Gwardeath, directeur de la Fanzino

Chaque année, les dons de collectionneurs et les dépôts spontanés viennent enrichir les collections d'un millier de références supplémentaires.

L'occasion, entre deux soirées de concert au festival du Confort Moderne "Less Playboy is More Cowboy", de venir (re)découvrir les richesses de ce temple de la micro-édition et de la presse alternative. 
 

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