Poitiers : Jean-Paul Delevoye défend la réforme des retraites

Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire aux Retraites, à sa sortie du conseil des ministres, le 20 novembre 2019. / © Julien Mattia / Le Pictorium / Maxppp
Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire aux Retraites, à sa sortie du conseil des ministres, le 20 novembre 2019. / © Julien Mattia / Le Pictorium / Maxppp

Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire aux Retraites, participe à une rencontre sur la réforme des retraites, ce jeudi soir à Poitiers, alors que l'ambiance entre les différents acteurs de la réforme se crispe. Le haut-commissaire est l'invité du journal régional Poitou-Charentes à 19h.

Par Clément Massé (avec AFP)

Les Français vont "travailler plus lontemps" : le Premier ministre, Edouard Philippe, l'a dit ce matin au micro de France Inter, alors que le haut-commissaire aux Retraites, Jean-Paul Delevoye est à Poitiers, ce jeudi soir, pour un débat citoyen organisé par nos confrères de La Nouvelle République aux Salons de Blossac.

La réforme crispe

La venue à Poitiers du haut-commissaire aux Retraites intervient à deux semaines d'un appel à la grève, le 5 décembre prochain et alors que l'ambiance entre les différents acteurs de la réforme se crispe. Notamment à la SNCF où un compromis avec les cheminots semblent en mauvaise posture. Les quatre syndicats représentatifs des agents appellent désormais à la grève reconductible le 5 décembre contre la réforme des retraites voulue par le président de la République.

Paroles aux opposants à la réforme des retraites, avec Anne-Marie Baillargé:
La réforme des retraites divise. Les opposants sont mobilisés.

"Le gouvernement n'a pas mesuré les attentes des cheminots", a expliqué Didier Aubert, secrétaire général de la CFDT-Cheminots, réclamant notamment "le maintien du régime spécial" pour tous les salariés recrutés au statut de cheminot avant le 1er janvier 2020, date de l'arrêt des embauches dans ce cadre spécifique à la SNCF.

Chez EDF, trois des quatre syndicats représentatifs (CGT, FO et l'alliance CFE-CGC-Unsa) appellent aussi à la grève le 5 décembre contre la réforme des retraites, la CGT prévoyant des coupures d'énergie, notamment de bâtiments publics non essentiels.

"Ils n'écoutent rien" (B. Hammache)

A la RAPT, une réunion prévue ce jeudi avec les trois syndicats représentatifs a été annulée, faute de participants : Unsa, CGT et CFE-CGC ont décliné l'invitation.

"On ne s'attend pas à grand-chose. Ils sont fidèles à leur agenda, mais n'écoutent pas, donc on ne va pas cautionner cette communication gouvernementale", explique Bernard Hammache, numéro un de la CGT-RATP.

La stratégie de la chaise vide agaçe visiblement la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye. Elle estime, par exemple, que la CGT "ne joue pas le jeu de la démocratie sociale" et "refuse systématiquement d'entrer dans une négociation".

Un climat électrique

Cette même exaspération est également ressentie du côté de la ministre des Solidarités, Agnès Buzyn. Elle pointe les "revendications très corporatistes" de syndicats qui "ne veulent pas d'une réforme parce qu'ils ne veulent pas la disparition d'un régime extrêmement avantageux".

Dans un tel climat électrique, le Premier ministre a indiqué qu'il souhaitait "entendre les partenaires sociaux avant de prendre des décisions", tout en assumant de "dire aux Français clairement, tranquillement, que nous allons travailler plus longtemps (...) soit par la durée de cotisation soit par une mesure d'âge".

"On sait très bien quand on parle des retraites que c'est anxiogène et compliqué. On ne le fait pas par gaieté de coeur ou pour être populaire", a-t-il ajouté.

Edouard Philippe recevra lundi et mardi prochain les partenaires sociaux, compte "leur demander très simplement, très directement", ce qu'ils proposent face au déficit du système de retraites évalué à une fourchette de 8 à 17 milliards d'euros en 2025 par un rapport du comité d'orientation des retraites (COR) qui doit lui être rendu ce jeudi. 

Il veut, a-t-il expliqué, leur demander "est-ce que vous considérez que l'équilibre, c'est pas grave, on (verra) plus tard, nos enfants ils se débrouilleront, ou est-ce que vous considérez qu'il y a un vrai sujet, et dans ce cas-là, comment est-ce qu'on le règle".

"Il y a toute une série d'hypothèses qui sont ouvertes", a-t-il ajouté, en soulignant que certaines "ne sont pas acceptables": "Dire qu'on va régler le problème en baissant les pensions" ou "en augmentant les cotisations retraites des actifs d'aujourd'hui".

En revanche, "il faut dire aux Français clairement, tranquillement, le faire progressivement, que nous allons travailler plus longtemps (...) soit par la durée de cotisation soit par une mesure d'âge".

Entretien avec Jean-Paul Delevoye

Selon lui, "l'âge pivot est un élément de solution", mais "voyons avec les partenaires sociaux s'ils préfèrent des solutions sur la durée, des solutions sur l'âge légal, des solutions sur l'âge pivot, sur l'âge d'équilibre. Tout ça c'est encore relativement ouvert encore une fois, on a un petit peu de temps".

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