Poitiers : le conseil municipal prend position contre les cirques avec animaux sauvages

Le conseil municipal qui s'est réuni ce 22 février a adopté à l'unanimité un vœu relatif à la présence d'animaux sauvages dans les cirques et spectacles. Une décision symbolique, pas une réelle interdiction.

 

 

 

Numéro de fauves au Cirque d'Hiver à Paris, en 2010.
Numéro de fauves au Cirque d'Hiver à Paris, en 2010. © Bertrand Guay, AFP

Le sujet a clos le conseil municipal de la ville de Poitiers ce lundi 22 février et il a remporté l'adhésion unanime des élus qui ont voté un vœu "en faveur de l'adoption d'une réglementation nationale interdisant la présence d'animaux sauvages dans les cirques et les spectacles". 

Cette décision marque la première prise de position officielle sur cette question de la nouvelle muncicipalité qui avait confié la rédaction de ce texte à son élu, délégué à la bientraitance animale. "Des cirques sans animaux et sans souffrance animale, c'est possible et c'est le sens de ce vœu" a argumenté Pierre Rigolet.

Il ne s'agit pas de pointer du doigt une profession, ni de faire des exemples, ni de culpabiliser (...) mais d'amener tous les acteurs du cirque vers une transition sécurisée et organisée de leur métier.

Pierre Rigolet, conseiller municipal délégué à la bientraitance animal

L'enclos des lions blancs du cirque Pinder, ici à Cognac (Charente)
L'enclos des lions blancs du cirque Pinder, ici à Cognac (Charente) © A. Darrigrand, F3 Poitou-Charentes

Symbolique 

Alors qu'ailleurs dans l'Hexagone, des villes ont fait le choix d'une interdiction ferme -engageant ainsi un bras de fer avec l'État car elles n'en ont en réalité pas le pouvoir-, Poitiers a choisi une autre voie : demander au gouvernement d'adopter une loi pour interdire les cirques avec animaux sauvages, s'épargnant ainsi sans doute une longue bataille juridique.

Ce vœu -procédure de plus en plus utilisée par les communes pour interpeller l'opinion- reste donc symbolique et n'est pas synonyme d'interdiction ; point que n'a pas manqué de souligner l'opposition par la voix de Lucile Vallet, du groupe "Poitiers, l'avenir s'écrit à taille humaine". 

"Demander à l'État de faire, c'est bien et nécessaire, mais faire, c'est encore mieux. Nous pourrions faire de Poitiers une ville exemplaire en matière de bientraitance animale."

Lucile Vallet, conseillère municipale d'opposition

Reconnaissant une décision qui "va dans le bon sens", l'opposition a aussi relevé la nécessité d'accompagner un secteur "déjà dans de grandes difficultés en ce moment", argument également soulevé par Pierre Rigolet.

"Enfin !"

Qu'importe la voie choisie par la municipalité poitevine, cette démarche -même symbolique- est un vrai soulagement pour Libération animale 86. "On attendait ça depuis 2016" s'est félicitée Gladys Asunta, la présidente de l'association.

Enfin ! Après des années de silence et d'ignorance par l'ancienne municipalité (...). C'est un message fort adressé aux circassiens. On leur laisse le temps de se retourner, mais maintenant, c'est fini.

Gladys Asunta, présidente de Libération Animale 86

L'association a multiplié ces dernières années les manifestations dès qu'un chapiteau annonçait son arrivée en ville.

Rassemblement devant la mairie de Poitiers le 23 mars 2019.
Rassemblement devant la mairie de Poitiers le 23 mars 2019. © Libération animale 86

Retardataire

Si Poitiers faisait jusqu'à présent figure de retardataire, elle rejoint le club des 433 villes de l'Hexagone qui ont déjà pris position contre les cirques avec animaux sauvages. Citons en Poitou-Charentes : Boutiers-Saint-Trojan, Port-des-Barques, Pindray, Archigny ou encore Cognac.

Reste à savoir maintenant si les communes de Grand Poitiers s'aligneront sur la ligne de la nouvelle équipe municipale ; "cela serait cohérent" a laissé échapper Léonore Moncondhuy, juste avant le vote.

La communauté de communes ne devrait donc pas pouvoir échapper au débat alors que les sénateurs examineront prochainement la loi sur la bientraitrance animale adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale.

Barbara Pompili, la ministre de l'écologie s'est elle-même engagée à interdire progressivement la détention d'animaux sauvages dans les cirques itinérants et les delphinariums.

 

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