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Procès d'un réseau proxénète : à la barre, des membres présumés de la mafia nigériane à Poitiers

Le procès de la mafia nigériane, installée notamment à Poitiers, a commencé le lundi 18 juin à Rennes (Ille-et-Vilaine) / © France 3 Poitou-Charentes - A. Morel
Le procès de la mafia nigériane, installée notamment à Poitiers, a commencé le lundi 18 juin à Rennes (Ille-et-Vilaine) / © France 3 Poitou-Charentes - A. Morel

19 personnes comparaissent depuis ce lundi 18 juin devant la chambre correctionnelle de Rennes. Soupçonnées d’appartenir à la mafia nigériane, elles sont notamment accusées de proxénétisme aggravé et d’association de malfaiteurs et travaillaient principalement à Poitiers.

Par HL/AM/CR

Ce premier jour de procès a permis d’entendre des accusés de ce réseau de traite d’êtres humains. Des hommes, des femmes qui faisaient venir de jeunes femmes du Nigéria, leur faisant miroiter « une meilleure vie » en France, avant de les contraindre à se prostituer. Le réseau de proxénétisme nigérian était implanté à Poitiers, Toulouse, Nantes et Limoges en lien avec la mafia Suprem Eiye Confraternity.

Pour suivre ce procès, vous pouvez suivre les comptes Twitter de nos journalistes sur place Antoine Morel et Hugo Lemonier

La tâche des magistrats s’annonce complexe dans ce procès : déterminer les responsabilités de chacun des accusés dans ce réseau de proxénétisme, avec des difficultés de communication (le Nigéria est un pays anglophone, traduction de rigueur pour certains accusés) et la complexité même du dossier avec une vingtaine d’accusés, des faits commis dans plusieurs départements et sur différentes années.

Parmi les personnes auditionnées aujourd’hui, Sofia, 34 ans, Nigériane et mère de 3 enfants. Elle est arrivée en France en 2004, via la Lybie et l’Italie : "je suis passée illégalement grâce à un passeur".
Elle nie toute implication dans un réseau de prostitution et assure que "depuis 2012, je n’ai plus rien à faire avec la prostitution [...] On m’appelle Mama Success car ma fille s’appelle Success [...] Je suivais des cours de français et je cherchais un travail avant d’être arrêtée". Des témoignages assurent pourtant qu’après s’être elle-même prostituée, elle est devenue la proxénète d’autres jeunes femmes en provenance du Nigéria. Faisant notamment venir sa sœur Sarah qui témoigne elle-aussi dans ce procès.

"On a détruit ensuite mon passeport"

Une jeune femme nigériane, qui reconnait s’être prostituée à Nice, témoigne anonymement : en partance pour la France, avec le passeur, "je suis allée demander un visa d’une semaine à l’ambassade de France. On m’avait acheté un tailleur. [...] On m’avait dit de dire que j’étais secrétaire dans une entreprise de Lagos et que j’allais en vacances en France. Puis je suis rentrée chez moi à Benin City et j’ai attendue. Je pensais devenir coiffeuse en France. [...] Quelques temps plus tard, on m’a dit que mon passeport était prêt, avec fausse date et faux lieu de naissance. J’ai embarqué dans un avion Air France sans passer les contrôles. J’ai été prise en charge à mon arrivée à Paris. On a détruit ensuite mon passeport."

D’autres auditions ont eu lieu, d’hommes en charge de collecter l’argent aussi. Tous nient les faits reprochés.

Voici en vidéo le compte-rendu de ce premier jour d’audience à Rennes avec Hugo Lemonier, Antoine Morel et Philippe Ritaine.

Le procès se poursuit au moins jusqu’au milieu de la semaine prochaine.


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