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Procès Xynthia : "Un silence total, de temps en temps troublé par des appels au secours"

"Un silence total, de temps en temps troublé par des appels au secours", c'est le souvenir évoqué par un survivant de la tempête Xynthia au procès des anciens élus de la Faute-sur-Mer (86) pour la mort de 29 personnes qui se tient devant la cour d'appel de Poitiers.

Le procès des élus de la Faute-sur-Mer se tient devant la cour d'appel de Poitiers jusqu'au 4 décembre.
Le procès des élus de la Faute-sur-Mer se tient devant la cour d'appel de Poitiers jusqu'au 4 décembre. © MAXPPP
Dans la nuit du 27 au 28 février 2010, dans sa maison de plain-pied de la station balnéaire vendéenne, Gérard Ferchaud est réveillé par "un gloutonnement" vers 4 heures du matin. En tâtonnant du pied, il se rend compte qu'il y a "10 cm d'eau, puis 50 cm", raconte-t-il devant la cour d'appel de Poitiers.
Après avoir réveillé sa femme, être allé chercher son chien et pris ses papiers et son téléphone portable, sa "première solution est d'essayer de monter sur le toit de la maison. Mais en trois minutes, on est passé de 50 cm à 1,10m".

"J'ai dit à ma femme qu'il fallait absolument quitter la maison car si l'eau continue de monter à cette vitesse, on est morts" dit-il d'une voix claire, peu troublée par l'émotion.


Réfugiés pendant plusieurs heures sur leur bateau 

Après plusieurs tentatives de mise à l'abri, "la seule solution" qui reste est son bateau "qui flottait dans la cour": il s'y dirige "en pyjama", de "l'eau jusqu'au niveau de la poitrine", et restera au-dessus de la cabine plusieurs heures avec son épouse jusqu'à l'arrivée des pompiers, en début de matinée, explique cet ancien maire d'une commune vendéenne, qui réside toujours à La Faute-sur-Mer, malgré le "traumatisme".

"J'avais très froid, je grelottais, mais il ne fallait pas s'endormir. On s'est frotté l'un contre l'autre, on a fait des pompes. (...) L'eau continuait de monter, il faisait toujours nuit, dehors il y avait un silence, de temps en temps troublé par des appels au secours", poursuit-il.


"Ma femme a vu un camion de pompiers passer vers 08H45. J'ai dû souffler avec une corde de brume pour qu'ils m'entendent (...). Ma première question a été de demander s'il y avait des victimes, on ne m'a pas répondu", relate M. Ferchaud.


Les parties civiles entendues pendant deux jours

L'audition de huit représentants des 146 personnes qui se sont constituées parties civiles se poursuivent ce jeudi après-midi et lundi prochain.
Condamnés à de la prison ferme par le tribunal correctionnel des Sables d'Olonne en décembre 2014 pour "homicides involontaires", l'ancien maire de La Faute-sur-Mer, René Marratier, et son ancienne adjointe à l'urbanisme, Françoise Babin, et le fils de cette dernière sont rejugés à Poitiers jusqu'au 4 décembre prochain. En première instance, René Marratier a été condamné à quatre ans de prison ferme et son adjointe à deux ans de prison ferme et 75 000 euros d'amende.


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