Témoignages. Comment le TGV a changé (ou non) la vie des habitants du Poitou-Charentes ?

Près de 5 millions de français prennent le train tous les jours. / © Vincent Isore - MAXPPP
Près de 5 millions de français prennent le train tous les jours. / © Vincent Isore - MAXPPP

Le TGV est l'un des moyens de transport les plus empruntés en France. Les usagers du Poitou-Charentes nous ont raconté en quoi il avait, ou non, changé leur vie. 

Par Valériane Gouban

Aller toujours plus vite, pour gagner toujours plus de temps. Le train à grande vitesse a considérablement changé notre façon de nous déplacer. Aujourd’hui, il faut compter 1h18 pour relier Poitiers à la capitale, moins de 2h30 depuis La Rochelle, 1h45 entre Angoulême et Paris et moins de 2 heures pour relier les Deux-Sèvres et l’Île-de-France. Une chose impensable lors de l’invention de la locomotive en 1804. 

Usagers quotidiens ou ponctuels du TGV, nous vous avons questionnés sur les changements qu’a apporté ce moyen de transport dans votre vie. Une chose est sûre, les souvenirs, bons ou mauvais sont nombreux à bord des TGV. 

"Avec la création de ma LGV, j’ai pu venir m’installer à Poitiers"

Dimitri Beudin, travaille dans l’événementiel à Paris, mais habite à Poitiers. Le TGV est devenu son moyen de transport quotidien. Tous les matins, à 7 heures, il est sur le quai de la gare pictavienne pour rejoindre la capitale. Après 320 kilomètres et 2h15 de trajet en train et en métro, il arrive comme ses autres collègues au bureau. Habiter en province est l’un des avantages du TGV. 

Avant, j’habitais à Paris et ma compagne à Poitiers. Mais avec la création de la LGV (Ligne à Grande Vitesse), j’ai pu venir m’installer avec elle. Pour moi, le TGV permet une accessibilité importante au vivier d’emplois parisiens, notamment, tout en bénéficiant d’une bien meilleure qualité de vie. Avant, avec 1h40 de train, tenir le rythme était injouable, mais maintenant en 1h18, je suis à Montparnasse et ça change tout. 
- Dimitri Beudin


Pour faire ses déplacements entre l’Île-de-France et le Poitou-Charentes, Dimitri débourse 547 euros par an. Son abonnement lui permet de faire l’aller-retour entre Poitiers et Paris de façon illimitée. Si Dimitri n’avait qu’un seul reproche à faire au TGV et à la SNCF cela serait celui des retards. 

Les trains sont bien trop souvent en retard. C’est par période, des fois il n’y a pas un train à l’heure et des fois tout se passe bien. S’il n’y avait pas ces retards, ça serait vraiment le moyen de transport parfait.
- Dimitri Beudin

"Voyager avec la SNCF, ça vous apprend la patience"

Les retards, c’est également ce qui fait que Titouan trouve que le TGV a changé sa vie. Cet étudiant prend le TGV environ une fois par mois pour rejoindre sa copine sur Paris. 

Voyager avec la SNCF ça vous apprend la patience. Une fois, on a percuté un animal qui se trouvait sur les rails et j’ai eu plus de 4 heures de retard. Si souvent on choisit le TGV c’est pour sa rapidité, mais, elle est assez aléatoire quand même.
- Titouan

Malgré ce désagrément, le jeune homme ne se voit pas utiliser un autre moyen de transport. 

Le bus, je ne suis pas sûre que ce soit fiable. Il y a des conducteurs qui font Paris Lisbonne sans s’arrêter une seule fois donc la sécurité n’est pas au rendez-vous. Je pourrais aussi y aller en covoiturage, mais je n’ai pas vraiment confiance là non plus.
- Titouan

Avec les petits prix des billets de TGV OUIGO, le train reste souvent le moyen le plus simple pour les étudiants de se déplacer. Anne-Claire Ayrault ne pourrait pas s’en passer. Elle étudie les sciences de l’enseignement à Reims et rentre deux fois par mois pour voir sa famille qui habite à Poitiers. Grâce au TGV, elle ne met que 3h15 pour relier les deux villes contre près de 5 heures en voiture. 

Je fais le trajet entre la gare d’Angoulême et la gare Champagne-Ardenne TGV. Le train, cela représente un vrai budget pour moi. Chaque mois, je dépense environ 200 euros pour acheter mes billets. Si beaucoup de personnes râlent lorsqu’il y a des retards, moi je m’en fiche un peu, car au-delà de 30 minutes, ils sont obligés de nous indemniser.
- Anne-Claire Ayrault

"La LGV a mis Poitiers en banlieue parisienne"

Le TGV a remplacé la voiture pour Aloïs Gaborit. Ce Pictavien travaille à Paris et prend le train deux à trois fois par semaine pour retrouver son associé et les équipes de sa start-up Pixis. Un luxe impensable il y a encore quelques années. 

La LGV a mis Poitiers en banlieue parisienne. Quand je vais au bureau, je mets moins de temps que certains collègues qui habitent en périphérie de Paris, sauf que moi, j’habite à plus de 300 kilomètres. Le TGV m’a vraiment permis de revenir beaucoup plus tôt à Poitiers que ce que je pensais. En plus, comme j’ai moins de 27 ans, mon abonnement ne me coûte que 80 euros par mois pour faire tous les déplacements en TGV que je souhaite.
- Aloïs Gaborit

Et lorsque l’on parle de retard à Aloïs, il tempère la situation. 

Oui, il y a des retards parfois. Mais il ne faut pas exagérer, le plus souvent, ils ne dépassent pas les 15 minutes. Lorsque l’on prend sa voiture, on peut également tomber dans les bouchons ou être bloqué par un accident ; avec le train, c’est pareil. Il faut prendre son mal en patience et savoir d’organiser.
- Aloïs Gaborit

Pas un lieu de rencontre

Le jeune entrepreneur n’est pas le seul à travailler à Paris et vivre dans la région. Dans les trains, il recroise souvent les mêmes personnes. 

Je vois souvent les mêmes têtes et ça me fait sourire parce qu’on se croise souvent, mais au fond, on ne se connaît pas. La règle dans le train, c’est que personne ne se parle sauf quand vous êtes assis à la mauvaise place ou qu’il y a un problème. Les gens préfèrent lire, regarder un film, écouter de la musique ou encore travailler. C’est dommage, mais c’est comme ça.
​​​​​​​​​​​​​​- Aloïs Gaborit

Tous les usagers abordent différemment leur relation avec le TGV. S’il a profondément changé notre façon de nous déplacer, il a aussi parfois, créé quelques difficultés. Aujourd’hui, près de 5 millions de Français prennent le train chaque jour. Un chiffre qui permet d’affirmer que les anecdotes dans les gares ou les rames seront encore nombreuses. 

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