Trois chênes de la forêt de Vouillé, dans la Vienne, vont servir à la reconstruction de Notre-Dame de Paris

Depuis le début du mois de mars, des chênes sont sélectionnés puis coupés dans les forêts françaises. Ils sont destinés à la reconstruction de la charpente et de la flèche de Notre-Dame de Paris, détruite par un incendie en 2019. Trois d'entre eux proviennent de la forêt de Vouillé dans la Vienne.

Trois chênes ont été abattus dans la forêt de Vouillé, dans la Vienne. Ils seront utilisés pour reconstruire la charpente de Notre-Dame de Paris.
Trois chênes ont été abattus dans la forêt de Vouillé, dans la Vienne. Ils seront utilisés pour reconstruire la charpente de Notre-Dame de Paris. © Martin Cauwel - France Télévisions

Dans de nombreuses forêts françaises, le même scénario se joue en ce mois de mars 2021. En Bourgogne, dans la région Centre, en Pays-de-la-Loire ou en Limousin, des chênes sont coupés après avoir été choisis avec minutie. Ces arbres sont exceptionnels à double titre, par leur hauteur et leurs caractéristiques et surtout par leur destinée. Ils vont être utilisés pour reconstruire, à l'identique, la charpente et la flèche de Notre-Dame de Paris, détruites par un violent incendie en avril 2019.

Les trois chênes de la forêt de Vouillé répondaient à des critères très précis.
Les trois chênes de la forêt de Vouillé répondaient à des critères très précis. © Martin Cauwel - France Télévisions

 

Des critères très précis pour choisir les arbres

Près de 1.300 chênes seront nécessaires pour mener à bien ces travaux de reconstruction qui devraient s'achever en 2024. La sélection des arbres, choisis à travers toute la France pour mieux respecter l'environnement, s'est faite selon des critères de diamètre et de hauteur très précis définis par les architectes en charge des travaux à Notre-Dame de Paris.

Il leur fallait des arbres avec des diamètres allant de 50 centimètres à 1,10 mètre pour des longueurs allant jusqu'à 21 mètres.

Sébastien Allo, responsable territorial de la Vienne et du nord des Deux-Sèvres à l'ONF

Pour pouvoir être retenus par les experts à la recherche des arbres parfaits, les chênes doivent être droits, cylindriques et avec un nombre limités de défauts. Ils doivent pouvoir répondre aux exigences de la construction d'une charpente telle que celle de Notre-Dame. Pour les abattre, les bûcherons et les élagueurs redoublent de précautions afin d'éviter que les arbres ne s'abîment en tombant au sol.

Les élagueurs préparent les arbres pour qu'ils ne s'abîment pas en tombant.
Les élagueurs préparent les arbres pour qu'ils ne s'abîment pas en tombant. © Martin Cauwel - France Télévisions

 

Des mois de séchage avant d'être utilisés

Le choix et la coupe ne sont que les premières étapes d'un long processus visant à préparer le bois. 

Un fois coupés, ces bois vont être acheminés vers des scieries où ils vont sécher pendant de nombreux mois avant d'être débités. Puis vient une seconde phase de séchage avant d'être enfin mis à disposition des charpentiers. Ce ne sera pas avant deux ans.

Sébastien Allo, responsable territorial de la Vienne et du nord des Deux-Sèvres à l'ONF 

Les travaux sur la charpente et la flèche de la cathédrale ne doivent commencer qu'en 2023 pour s'achever si tout va bien en 2024. Notre-Dame de Paris aura alors retrouvé "sa forêt" médiévale et la flèche construite par Viollet-le-Duc au 19ème siècle. Pour les charpentiers appelés à travailler sur ce chantier prestigieux en reprenant les gestes de leurs ancêtres, il s'agira, sans nul doute, du chef-d'œuvre de leur carrière. Cette fierté est partagée par les bûcherons qui participent à la coupe de ces chênes appelés à un destin glorieux, loin de la forêt poitevine de Vouillé. 

Le reportage d'Anne-Marie Baillargé, Martin Cauwel et Sandy Renault. Ils ont assisté à la coupe des trois chênes à Vouillé.

 

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