Une exposition retrace les camps d'internement de la Vienne

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Écrit par Hugo Lemonier

Longtemps effacés de la mémoire collective, les camps d'internement de la Vienne sortent de l'oubli à la faveur d'une exposition à Poitiers organisée aux Archives départementales.

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Camps d'internement de la Vienne - Exposition archives départementales
Un reportage de Sophie Goux, Laurent Gautier, Philippe Ritaine

Des camps d'internement de la Vienne, il ne reste plus grand chose... Une plaque à la sortie de Poitiers et quelques vestiges à Rouillé. Et pourtant, pas moins de 11 000 personnes y sont passées entre 1938 et 1945 : réfugiés espagnols, Tsiganes, Juifs, internés politiques, détenus de droit commun, etc.

Grâce à de nombreux documents, maquettes et supports audiovisuels, l'exposition des Archives départementales de la Vienne à Poitiers éclaire une histoire encore méconnue du grand public "car longtemps exclue de la mémoire collective", estiment les organisateurs.

Le premier camp dans la Vienne à la sortie de Poitiers, route de Limoges, ouvre sous la IIIe République, le 1er octobre 1939. Soit près de neuf mois avant la défaite de la France. Depuis la loi du 12 novembre 1938, tout étranger est susceptible d’être placé en détention dans un camp d’internement, sur simple décision d’un préfet.

Vichy interne très vite les Juifs étrangers, puis les Allemands exigent l'arrestation de tous les Tsiganes en zone occupée. Des milliers de Français comme d'étrangers s'entassent dans ces camps insalubres.

Composition des camps de la Vienne
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André José Fernandez, interné parce que gitan

André José Fernandez est resté interné toute la guerre dans les camps de Poitiers puis de Montreuil Bellay. A 12 ans, il est arrêté à Cenon près de Bordeaux avec sa grand-mère, son père, sa mère, son frère et ses deux soeurs.

Ils sont accusés de "faire de la politique", mais on leur reproche en réalité le fait d'être des gitans. Du camp, il garde de nombreux souvenirs, en particulier de la faim ainsi que de la brutalité des gardiens français, plus zélés encore que leurs homologues allemands.

On n'en est pas mort, mais on en a vu de toutes les couleurs."
                       André José Fernandez, interné pendant 6 ans




Exposition présentée du 19 janvier au 22 avril aux Archives départementales de la Vienne, 30, rue des Champs-Balais à Poitiers.
Ouverte le lundi de 13h30 à 17h30, du mardi au jeudi de 9h à 17h30 et le vendredi de 9h à 16h30.En parallèle de l'exposition est organisé un cycle de conférences. Notre sélection :

Vendredi 4 mars, à la Maison de quartier de la Gibauderie (111 rue de la Gibauderie, Poitiers)
L’internement des Tziganes dans la Vienne entre 1939 et 1945
18h : Projection du documentaire de Raphaël Pillosio Route de Limoges (40 minutes ; 2003).

Mardi 5 avril, 18h30
Les internés civils allemands du camp de la Chauvinerie à Poitiers à la Libération, par Jean Hiernard, historien