VIDEO. Journal intime d'une enfant cachée pendant la Seconde Guerre mondiale

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Documentaire diffusé jeudi 25 avril à 22.50 sur France 3 Nouvelle-Aquitaine ©ANEKDOTA Productions

Dans les pages du cahier d'écolier de Danièle Khan résonne la voix d'une enfant de 12 ans. Entre les lignes ornées de dessins et marquées par une étoile jaune, se dévoile le quotidien bouleversant d'une enfant juive cachée pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette histoire poignante est racontée dans le documentaire "Le Cahier de Danièle Khan".

La Seconde Guerre mondiale a été une période sombre de l'histoire, marquée par la montée du régime nazi et l'Holocauste, où les Juifs ont été particulièrement ciblés, subissant des persécutions systématiques et la déportation vers les camps de la mort.

Les enfants cachés de la Seconde Guerre mondiale

Parmi les millions de victimes se trouvent les enfants cachés, ces jeunes contraints de vivre dans l'ombre pour échapper à un destin tragique. Séparés de leur famille, nombreux sont ceux qui ont dû se réfugier dans des caves, des greniers ou sous de fausses identités pour éviter la déportation et l'extermination, grâce à des personnes courageuses risquant leur vie pour les sauver.

Pour perpétrer le mal, une simple dénonciation pouvait suffire, tandis que pour accomplir le bien, il fallait la mobilisation collective et le courage de nombreux individus prêts à sauver une enfant en danger.

Didier Roten

réalisateur

Le récit de Danièle Kahn

Au cœur de ces récits bouleversants se trouve l'histoire des enfants cachés, des témoignages capturés dans des journaux intimes ou des lettres. Parmi eux, le journal de Danièle Kahn, alors connue sous le nom de "Danièle Martin", qui adopta une fausse identité pour échapper aux nazis. En mars 1944, à l'âge de 12 ans, elle fut forcée de quitter précipitamment la région parisienne, aidée par une amie de sa mère. Sa famille vient alors d'être arrêtée par la police française. Son récit nous plonge dans les profondeurs de son existence clandestine en France occupée, depuis son départ jusqu'à son refuge au Petit-Jally, un village de Côte-d'Or, en Bourgogne, où elle vécut de fin mars 1944 jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Un sanctuaire de courage : Danièle Kahn et sa famille d'accueil résistante

Danièle Kahn a trouvé refuge au sein de la famille Lefebvre, après l'arrestation de sa famille en mars 1944. Accueillie chaleureusement dans la campagne, elle a vécu avec eux jusqu'à la fin de la guerre en 1945. Les Lefebvre, bien plus qu'une simple famille d'accueil, étaient également engagés dans la résistance. Le père de la famille avait été arrêté pour ses activités résistantes et tragiquement assassiné en Allemagne. Il faisait partie du groupe de résistance Renard. Malgré les risques et les dangers, les Lefebvre ont ouvert leur foyer à Danièle, lui offrant non seulement un abri physique mais aussi un refuge moral dans ces temps sombres. 

Interview  de Didier Roten, réalisateur du documentaire et fils de Danièle Kahn

J'ai été inspiré par le désir de donner vie à ce récit poignant d'une enfant cachée.

Didier Roten

Qu'est-ce qui vous a amené à réaliser ce documentaire sur l'histoire de votre mère, Danièle Kahn, et son histoire en tant qu'enfant cachée pendant la Seconde Guerre mondiale ?

Ma mère a retrouvé un cartable contenant son petit cahier écrit à partir de l'arrestation de ses parents en mars 1944, jusqu’à la fin de la guerre.  À 12 ans, elle a consigné son expérience dans ce document authentique, offrant un témoignage unique de cette période. J'ai été inspiré par le désir de donner vie à ce récit poignant d'une enfant cachée, raconté avec une voix d'enfant. La réalisation de ce documentaire est née d'une période de rapprochement avec ma mère pendant le COVID. Ensemble, nous avons ressenti le besoin de donner voix à son histoire. C'était une démarche commune, nourrie par son désir de transmettre cette mémoire et ma volonté de rendre hommage à son courage et à celui de ceux qui l'ont aidée.

Pourquoi avez-vous choisi de représenter visuellement l'histoire de votre mère à l'écran, notamment en utilisant des animations, des images d'archives et d'autres éléments visuels ?

Nous avons voulu rester fidèles à l'essence du petit cahier de ma mère tout en le prolongeant visuellement à l'écran. En collaborant avec Thomas Duranteau, nous avons intégré des dessins dans le style du cahier, ajoutant une dimension poétique et légère à ce témoignage d'une enfant.  Des images d'archives et d'animation, pour contextualiser l'histoire, complètent les dessins.

Ce documentaire est comme un vaccin contre l'oubli, un rappel de la fragilité de la paix et de la nécessité de préserver la mémoire des victimes de la guerre.

Didier Roten

Quels aspects de l’histoire de votre mère trouvez-vous les plus importants à transmettre au public à travers ce documentaire ?

Nous voulons mettre en lumière l'action des "Justes" et leur humanisme face à l'horreur de la dictature et de la guerre. À travers l'histoire de ma mère, nous espérons sensibiliser le public à l'importance de la solidarité et du respect de la vie dans les périodes les plus sombres de l'histoire humaine.

Quels sont vos espoirs pour l'impact de ce documentaire sur le public et sur la manière dont il perçoit l'histoire de la Shoah et des enfants cachés ?

Nous espérons sensibiliser les nouvelles générations à cette histoire universelle et rappeler l'importance de lutter contre le racisme et l'antisémitisme. Ce documentaire est comme un vaccin contre l'oubli, un rappel de la fragilité de la paix et de la nécessité de préserver la mémoire des victimes de la guerre.

 

Documentaire "Le Cahier de Danièle Kahn" à suivre jeudi 25 avril à 22.55 sur France 3 Nouvelle-Aquitaine et sur france.tv pendant un mois après sa diffusion.