"Votre pipi pour la planète !" : au Futuroscope, l'urine des visiteurs est désormais recyclée

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A Poitiers, le Futuroscope a converti les sanitaires pour recueillir l'urine de ses visiteurs. Grâce à une start-up girondine, les litres de miction collectés vont servir de fertilisant dans les champs. ©France Télévisions

À Poitiers, le Futuroscope s'associe à l'entreprise girondine Toopi Organics pour recycler l'urine de ses visiteurs, pour en faire du fertilisant agricole. L'expérimentation, débutée en juillet 2021, est concluante et des urinoirs nouvelle génération devraient être généralisés sur l'ensemble du site. Alors que les périodes de sécheresse s'intensifient, ces équipements permettront des centaines de milliers de litres d'eau.

Plus besoin de tirer la chasse au Futuroscope, l'urine des visiteurs est désormais recyclée pour être transformée en fertilisant agricole.

Depuis juillet 2021, quatre blocs sanitaires accueillent des urinoirs secs, sans chasse d'eau. Ils sont connectés à des réservoirs pour collecter l'urine, et permettent d'économiser l'équivalent de trois litres d'eau par passage aux toilettes : "C'est 23 000 litres d'urine qui ont été récoltés sur l'année, et c'est près de 300 000 litres d'eau qui sont économisés également donc c'est bénéfique sur tous les plans", se félicite Rodolphe Bouin, président du directoire du Futuroscope.

Dans les trois ans à venir, le parc compte collecter l’urine dans la totalité des sanitaires.

Une ressource naturelle illimitée

L'idée est venue de Michaël Roes, le co-président de Toopi Organics, qui réfléchissait au moyen de recycler l'urine et surtout d'arrêter d'utiliser de l'eau potable pour les toilettes. Après des analyses, il s'est rendu compte que ce liquide contenait des éléments chimiques similaires aux milieux de culture dans lesquels se développent les bactéries qui créent des biostimulants, des engrais. "On l'utilise pour faire fermenter des bactéries", explique Alexandra Carpentier, directrice générale de Toopi Organics. "C'est cette fermentation qui va à la fois augmenter le nombre de micro-organismes et qui va fabriquer des produits qui servent de fertilisant."

La miction peut certes être utilisée en direct dans les champs, mais il en faut 40 000 litres pour un hectare contre 5 à 20 litres de produit transformé.

On ne peut pas crier qu'il n'y a plus d'eau, qu'elle est polluée, et continuer à uriner dans de l'eau potable.

Alexandra Carpentier

Directrice générale de Toopi Organics

La société Toopi Organics a déposé un brevet pour ce procédé, et est autorisée à distribuer son fertilisant bio-sourcé dans en France, et dans cinq autres pays d'Europe. L'entreprise affirme que le produit rencontre déjà un grand succès auprès des agriculteurs, alors que les prix des intrants explosent : "Aujourd'hui, toute notre production de l'année à venir est vendue", se réjouit Alexandra Carpentier.

Toopi Organics teste aussi ce genre d'urinoirs dans les stations services, les établissements scolaires et les festivals. Les toilettes pour femmes pourront aussi être équipées à moyen terme pour profiter de cette ressource naturelle sans limites.

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