« Sans les pompiers volontaires, on ne pourrait pas assurer les missions de secours. »

Publié le Mis à jour le
Écrit par Mélanie Caron .

Dans la Vienne, comme partout en France, plus de 80% des effectifs des sapeurs-pompiers sont volontaires. Des renforts nécessaires pour assurer les missions de secours qui se multiplient. Alors il faut trouver des solutions afin de maintenir un niveau d'engagement suffisant.

"Sans les volontaires, nous ne pourrions pas assurer toutes nos missions de secours." Le message de Céline Guilbert, commandante au service départemental d’incendie et de secours (SDIS) 86, est clair : les 1 300 sapeurs-pompiers volontaires de la Vienne sont indispensables au fonctionnement des casernes de pompiers du département. "Une grande partie de nos missions de secours d’urgence sont réalisées par des volontaires", explique la commandante. Des renforts nécessaires, alors que la sécheresse et les épisodes caniculaires fréquents mobilisent tout le personnel disponible.

"Cet été est assez exceptionnel, souligne Christophe Coffournie, commandant au SDIS 17. On a envoyé des professionnels en renfort en Gironde, Dordogne et Charente pour maîtriser les feux de forêts. La sollicitation est très forte." Plus de professionnels absents, ce sont plus de bras volontaires nécessaires.

Pourtant, même si les engagements citoyens restent nombreux, ce n’est pas toujours facile de trouver des bras. "Sur nos 2072 volontaires, 397 bénéficient de conventions actives avec leurs employeurs", expose le commandant. Un ratio certes en augmentation, mais encore bien trop bas. "On travaille à flux très tendu, annonce Christophe Coffournie. On essaye de mobiliser en priorité les personnes sans contraintes, mais c’est compliqué." Problème : peu de conventions seront signées cet été. Il faudra donc patienter avant que le processus ne se démocratise réellement.

L'Etat lance un appel

Ce jeudi, même le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, s’est emparé du sujet en lançant un "appel solennel" aux employeurs des secteurs publics et privés pour qu’ils "libèrent leurs salariés sapeurs-pompiers volontaires", en leur permettant de "rejoindre leurs collègues partout sur le territoire national". Ces conventions, signées entre les services départementaux d’incendie et de secours, les pompiers volontaires et les entreprises permettent d’établir des tableaux de disponibilités. Grâce à elles, les employés, peuvent notamment, dans le cadre de leurs missions auprès du SDIS, bénéficier de journées dédiées à la formation et voir leur absence régularisée en cas de mission urgente.

C’est plus dur de conserver les nouvelles recrues, mais l’ambiance est toujours aussi conviviale.

Marion Donguy, pompier volontaire.

Marion Donguy, employée à la centrale nucléaire de Civaux, est volontaire depuis onze ans. C’est grâce à cette convention qu’elle a pu concilier sa passion des secours à sa vie professionnelle. "J’ai le droit d’arriver en retard si je participe à des missions nocturnes, soutient la jeune femme de 27 ans. J’ai aussi cinq jours de formation par an sur mon temps de travail." Des heures précieuses, lui permettant de valider de nouveaux modules jusqu’à accéder au grade de sergent, sans empiéter sur son temps personnel. "Si j’avais réalisé ces heures de formation sur mes repos ou mes vacances, j’aurais certainement ralenti le rythme…

Aujourd’hui, formée à la gestion de tous types d’engins et habilitées à toutes les missions, la jeune femme participe à la nouvelle mission de reconnaissance lancée par le SDIS 86, afin de prévenir les feux de forêts. "Les pompiers font des rondes dans un périmètre réduit pour stopper les départs de feux. Hier, deux feux ont été évités. Et pour ces missions, 90% des effectifs sont composés de volontaires", rappelle la commandante Guilbert. Appelée sur ses vacances, Marion Donguy n’a pas hésité une seconde. Elle restera le temps qu’il faudra pour aider « la grande famille » des pompiers du département.

Des formations différentes

Tous les volontaires ne participent cependant pas aux missions liées aux feux de forêts. Pour commencer, une formation doit impérativement être validée. Comme dans tous les métiers, le volontariat chez les pompiers laisse la possibilité d’évoluer. "Une première formation, d’une semaine, est nécessaire pour intervenir dans un grand nombre de situation, notamment les missions de secours d’urgence, qui sont les missions pour lesquelles s’engagent la plupart des volontaires", décrit Céline Guilbert. Les modules complémentaires, dont les durées varient en fonction des compétences choisies, peuvent se valider sur trois ans.

Les sapeurs-pompiers volontaires ne sont soumis qu’à une seule obligation : réaliser une formation de maintien des acquis, de quatre heures tous les mois. Malgré la forte demande de la part des services départementaux d’incendie et de secours, Céline Guilbert reste optimiste. "Les engagements sont plutôt constants. La seule difficulté, c’est que les jeunes engagés ont tendance à déménager plus souvent pour trouver du travail. La durée d’engagement est beaucoup plus réduite." Une constatation partagée par Marion Donguy. "C’est plus dur de conserver les nouvelles recrues, mais l’ambiance, elle n’a pas changée", constate-t-elle. Et l’âge moyen non plus : "Il n’y a vraiment pas d’âge pour être volontaire, notre benjamine a 16 ans et notre doyen, presque 65 ans !"

Dans les Deux-Sèvres, être pompier volontaire se transmet de génération en génération. Notre reportage vidéo : 

Tous les jours, recevez l’actualité de votre région par newsletter.
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer des newsletters. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas des e-mails. Notre politique de confidentialité