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Les anti-gaz de schiste ne désarment pas

Neuf maires du "bassin d'Alès" opposés aux recherches d'hydrocarbures ont été reçus par le préfet du Gard en présence de la compagnie Mouvoil. Les opposants au gaz de schiste sont sur le pied de guerre. 
Une cinquantaine de personnes sont venues soutenir les maires opposés au gaz de schiste
Une cinquantaine de personnes sont venues soutenir les maires opposés au gaz de schiste
Les maires de Barjac, Potelières, Rivières, Rochegude, St Brès, St Denis, St Jean de Maruéjols et Avéjan, St Victor de Malcap et Tharaux ont été reçus pendant 2 heures par le préfet du Gard mardi 18 septembre.  Ils ont réaffirmé leur opposition à toute exploration d'hydrocarbures liquides et gazeux sur leur territoire. La compagnie Mouvoil , titulaire d'un permis sur le "bassin d'Alès ", qui veut engager des travaux de recherches sismisques, a assisté à la réunion. Ses représentants expliquent que leurs techniques d'exploration sont sans danger. Une affirmation à laquelle les maires gardois n'ont pas adhéré. Ils ont donc précisé au préfet que si le mécontement des habitants n' était pas entendu, il fallait craindre  des troubles de l'ordre public. A présent, le préfet devrait saisir les ministres de l'Ecologie et du Redressement productif . Devant la préfecture à Nîmes, une cinquantaine de personnes étaient venues soutenir les maires du Gard. 


De leur côté, les opposants aux gaz et pétrole de schiste, pas convaincus par le rejet de ces sept demandes d'exploration d'hydrocarbures annoncé vendredi par le président François Hollande, manifesteront ce samedi en région parisienne et dans le Gard dans le cadre d'une journée internationale. "Pour nous, ce n'est pas fini!", ont assuré mardi les représentants des anti-gaz de schiste lors d'une conférence de presse à Paris. "Le président de la République a annoncé le rejet de sept demandes de permis lors de la conférence environnementale, mais il reste une trentaine de demandes et une soixantaine de permis déjà accordés" de recherche d'hydrocarbures, a indiqué Alain Dordé, membre du collectif d'Ile-de-France.

Pour les collectifs anti-gaz de schiste, une grande partie de ces permis ou demandes visent des gaz et pétrole de schiste, des hydrocarbures exploitables seulement par la technique de la fracturation hydraulique considérée à risques pour l'environnement et la santé.



Lors de la conférence environnementale, M. Hollande a annoncé le rejet de sept demandes de permis d'exploration d'hydrocarbures dans la moitié sud de la France, le gouvernement considérant qu'elles visent les gaz de schiste. La ministre de l'Ecologie Delphine Batho a précisé mardi à Nantes, devant les
parlementaires écologistes, que des permis déjà accordés seraient aussi annulés s'il apparaît qu'ils visent en réalité les gaz de schiste. "S'il apparaît quelque part en France qu'il ne s'agit pas de ce qui a été dit à l'administration, qu'il s'agit d'autre chose et qu'il s'agit de gaz de schiste, ils subiront le même destin que les précédents : si ce sont des permis délivrés, ils seront abrogés", a-t-elle affirmé.

Mobilisation dans le Gard 

José Bové, chef de file des anti-gaz de schiste, a plaidé pour "une expertise en toute transparence" de l'ensemble des permis. La présidente du Medef, Laurence Parisot, est revenue mardi sur l'annonce présidentielle, disant avoir "très peur qu'avec les décisions qui sont prises sur ce sujet, nous soyons en train de priver la France d'un atout qui pourrait être vraiment considérable". "Quand on veut une France industrielle, il faut comprendre que la gestion du risque, ça fait partie du projet industriel", a déclaré la patronne des patrons lors de sa conférence de presse mensuelle.

Dans le cadre d'une "journée mondiale contre les gaz et pétrole de schiste" (www.globalfrackdown.org), deux rassemblements principaux sont prévus en France ce samedi, à Tournan-en-Brie (Seine-et-Marne) et Saint-Cristol-lez-Alès (Gard). Dans le Gard, la journée sera "internationale", avec des  témoignages venus des Etats-Unis, du Québec, des Pays-Bas ou de Pologne. Une manifestation au Trocadéro inaugurera symboliquement, samedi matin, le "premier forage intramuros à Paris". Le député (EELV) des Bouches-du-Rhône François-Michel Lambert a de son côté annoncé le dépôt, "au nom du groupe des écologistes", d'une proposition de loi "visant à interdire définitivement les gaz et huiles non conventionnels".


Jeudi 20 septembre  France3 Sud sera en direct de St-Jean-de -Maruejols et Avéjean pour une édition spéciale du journal de 19H


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