Affaire Benzekri : une barbarie qui reste inexpliquée

La cour d'assises de la Haute-Garonne / © France 3 Midi-Pyrénées
La cour d'assises de la Haute-Garonne / © France 3 Midi-Pyrénées

Rien n'explique réellement le déchaînement de violence et de barbarie qui a coûté la vie à Mansour Benzekri en février 2009 à Toulouse. Les 4 marginaux accusés de son meurtre comparaissent aux assises de Haute-Garonne jusqu'à vendredi

Par Véronique Haudebourg

Les 4 accusés, âgés de 24 à 29 ans au moment des faits, ont pour points communs une enfance maltraitée et chaotique, une adolescence à la dérive, des nombreuses addictions à l'alcool et à diverses drogues et enfin une marginalisation de la société. Mais cela n'explique pas le degré de violence et de barbarie qui s'est abattu sur le malheureux Mansour Benzekri le 5 février 2009.

La victime connaissait ses bourreaux et était venu partager avec eux de l'alcool dans leur squat de la rue Déodat-de-Sévérac à Toulouse. Il a le malheur d'insulter le meneur, John Flament et de vaguement draguer la copine d'un autre. Trois des quatre accusés, totalement ivres vont alors se déchaîner contre lui et le battre à mort. Le quatrième ne fera rien pour l'empêcher. L'un d'eux réalisera même des vidéos des souffrances infligées à Mansour Benzekri. Des vidéos visionnées par la cour, trois courts films d'une dizaine de secondes. Certains magistrats, pourtant aguerris, parlent "du pire dossier de leur carrière". La torture, circonstance aggravante ne devrait pourtant pas être retenue, les actes de barbarie ayant été infligés après la mort de la victime.

John Flament est incontestablement le meneur de cette triste bande. Il reconnaît d'ailleurs pleinement ses responsabilités et avoue avoir été le principal auteur des violences. Christophe Desprez, celui qui a réalisé les vidéos, s'est également particulièrement acharné sur Mansour Benzekri. Au cours de l'audience, il tente d'ailleurs, de manière assez pathétique de minimiser son rôle et de charger Flament, histoire d'alléger sa peine. Les deux hommes encourent 30 ans de prison.

Les deux autres accusés ont eu une implication moindre, Fabrice Pothier reconnaît des coups, Gaetan Gorce, qui comparaît libre, n'a pas participé aux actes de violence mais n'a pas aidé la malheureuse victime dont le corps carbonisé sera finalement retrouvé dans une voiture en feu à la Faourette 
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Affaire benzekri : les accusés


Le réquisitoire est tombé ce jeudi soir : de 30 à 8 ans de réclusion criminelle pour les quatre accusés. Le verdict est attendu vendredi.


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