Des (bonnes) nouvelles de la santé de Talavante

Dax, El Puerto de Santa María, Bilbao. En trois jours, du 17 au 19 août, Alejandro Talavante devait parcourir un peu plus de 2000 kilomètres pour toréer trois corridas.

© JM Mariou, Signes du toro

Alejandro Talavante, 26 ans, a comme tous les toreros une capacité de récupération hors du commun.
Le samedi 17 août, il participe à Dax à ce que certains nommaient la corrida des stars et d'autres (les mêmes souvent, mais quelques heures après) la corrida de l'arnaque. 6 toros d'El Pilar dénués de toute espèce de combativité et même de vitalité pour Juli, Manzanares et Talavante donc. Points communs de ces trois toreros: ce sont d'incontestables figures. Autre point commun: aucun d'entre eux n'a quitté la plaza avec la moindre tache de sang sur le costume. On a vu guère de traces de sueur non plus, pourtant il faisait chaud.
Bon.
Le lendemain, dimanche 18, Talavante était engagé au Puerto de Santa María. Patatras! Une soudaine colique néphrétique le cloue au lit. Il envoie un certificat médical aux organisateurs. Dans son état, pas question de toréer.
L'entreprise Serolo, qui organise les corridas au Puerto de Santa María, mais aussi à Burgos, Vitoria, Palencia et Saragosse se trouve fort embarrassée. Car, depuis le matin, la présidente de la course, madame Olga Pérez, a entrepris de changer la plupart des toros prévus initialement. La ganadería Núñez del Cuvillo qui ne connait pas précisément sa meilleure saison, avait envoyé des animaux qui n'offraient pas, à ses yeux, de garantie suffisante. Madame la Présidente en envoie chercher d'autres, chez Núñez del Cuvillo et ailleurs. A six heures du soir, une heure avant le paseo, 18 toros avaient été examinés, on en avait retenu 6. Et voilà que c'est maintenant un nouveau torero qu'il faut trouver puisque Talavante est souffrant. On fait appel, comme souvent dans cette arène, au torero local Pérez Mota. Conséquence immédiate: Madame Pérez démissionne de son poste de présidente: son mari, Antonio Ocaña, fait partie de la cuadrilla de Pérez Mota. Au Puerto de Santa María, on ne badine pas avec la déontologie.
Sur ce dernier point toutefois, les avis divergent. Certains laissent entendre que le trésorier payeur de Serolo n'est pas réputé pour son empressement à régler les cachets. On note d'ailleurs qu'une fulgurante gastro entérite a simultanément empêché Perera et Ponce de participer à la corrida du 6 août à Vitoria.
Une organisation de toreros "La Unión des toreros" a publié en début de saison la liste des arènes qu'il convient de boycotter car les spectacles y sont organisés par des escrocs qui n'hésitent pas à proposer des engagements en-dessous du minimum syndical et sont même capables de partir avec la caisse. Pire sans doute, ces organisateurs sans scrupules sont insolvables. La Unión en question ne badine pas avec cette consigne de boycott. C'est, dit l'avocat de ce syndicat Iñigo Fraile, parce qu'il ne l'a pas respectée que le matador Juan Bautista n'a pas été invité à participer à la corrida de charité organisée à Nîmes pendant la feria des Vendanges. Mais cet aparté n'a (peut-être) rien à voir et de toutes façons, l'entreprise Serolo (qui n'est pas insolvable) ne figure pas dans la liste. S'il fallait boycotter tous les organisateurs qui mettent beaucoup de temps à payer, on ne toréerait plus beaucoup, entend-on dire.
Bon.
La corrida a lieu, c'est la dernière de la saison au Puerto. Il n'y a qu'une demie arène pour voir Finito en forme, Castella qui remplaçait Morante en pleine bourre (il coupe deux oreilles à un toro) et Pérez Mota remplacer honorablement Talavante.
Lequel Talavante va beaucoup mieux, merci.
Le lendemain, 19 août, il est même parfaitement remis. Il fait le paseo à Bilbao, en remplacement de Morante lui aussi, aux côtés de Ponde et du Juli. Il ne triomphe pas, mais il torée délicieusement.
Ces toreros, décidément, ont une capacité de récupération hors du commun!

PS
1Le lecteur se délectera du récit de la journée de dimanche au Puerto par Fernando Carrasco (en espagnol).
2 Alejandro Talavante fait partie des toreros préférés de l'auteur de cet article,


Joël Jacobi


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