Holocauste : ces camps de Midi-Pyrénées d'où partaient les convois de la mort

Une stèle, à l'entrée du camp de Noé en Haute-Garonne. / © archives MaxPPP
Une stèle, à l'entrée du camp de Noé en Haute-Garonne. / © archives MaxPPP

On commémore ce mardi la libération du camp d'Auschwitz. 1,1 millions de personnes ont péri dans ce camp nazi pendant la seconde guerre mondiale. Un certain nombre d'entre elles avaient avant cela transité par des camps d'internement implantés en Midi-Pyrénées.

Par Laurence Boffet

Ici, des baraquement sont toujours debout. Là, subsiste une unique stèle. Ailleurs, il ne reste rien pour témoigner du passé dramatique des lieux... Difficile parfois d'imaginer que ce tenait là un camp d'internement d'où des "indésirables" étaient envoyés vers la mort. Pendant la seconde guerre mondiale, Midi-Pyrénées en a compté plus d'une dizaine. A Brens, à Noé, au Vernet d'Ariège... C'est de là que bon nombre de juifs, d'étrangers, de familles sont partis vers les camps de concentration pour ne pas en revenir. 

Un mémorial au Vernet, en Ariège

Le camp du Vernet en Ariège abrite aujourd'hui un Mémorial. Créé en 1918, à la fin de la première guerre mondiale, il a accueilli des prisonniers allemands et autrichiens avant d'être transformé en camp de concentration pour les réfugiés espagnols de février à septembre 1939. il sera ensuite un  un camp d'internement répressif pour les étrangers «indésirables» jusqu’en juin 1944. Environ 40 000 hommes de 58 nationalités y seront internés. C'est de là que partiront des hommes, des femmes et des enfants juifs vers les camps d'extermination. 

Voyez le reportage de Laurent Winsback et Pascal Dussol :
Le camp du Vernet d'Ariège

A Saint-Sulpice, la prison a pris la place du plus grand camp "d'indésirables" de la zone Sud

A la place du camp de Saint-Sulpice-la-Pointe dans le Tarn, s'élève aujourd'hui une prison. Le centre de détention a remplacé ce qui fut d'octobre 1940 à août 1944 le plus grand des camps d'internement destiné "aux indésirables" de la zone Sud. Il a vu se succéder dans ses baraquements près de 4 500 internés considérés comme des ennemis politiques du régime de Vichy.​

Un camp de femmes aux portes de Gaillac

Non loin de là, à Brens, des baraquements inaccessibles au public témoignent d'un passé douloureux. Le camp de Brens a été créé en 1939. Vingt baraques y ont été construites pour installer un ‘’Centre d’accueil pour réfugiés’’. Dès le mois de mai 1940, il accueille près de mille réfugiés, des Belges, des Espagnols et des Polonais fuyant la zone occupée. Durant l'été 1940, le camp se vide avant de devenir en novembre 1940, un ‘’Centre d'hébergement pour réfugiés juifs étrangers’’. 1 600 personnes, dont 400 enfants y seront internées . A partir de janvier 1941, les juifs sont transférés aux camps de Noë et Récébédou et le 31 décembre 1941 Brens est retenu comme ‘’camp de concentration pour femmes’’. Le 14 février 1942, arrivent par camion, depuis la gare de Gaillac, les 320 femmes et les 26 enfants du camp de Rieucros. Il sera l'antichambre de la mort pour beaucoup d'entre elles, déportées à Auschwitz. Il n'y en aura d'ailleurs plus au camp après le dernier départ le 25 mars 1944 pour le Vernet. Aujourd'hui, une association se bat pour la mémoire du site et de toutes les femmes qui y ont été internées.

On comptait aussi plusieurs camps d'internement dans le Tarn-et-Garonne : à Caylus, Septfonds et Montech. Un autre à Masseube dans le Gers, ou encore à Noé en Haute-Garonne... Aujourd'hui, des anciens internés ou déportés de chacun de ces sites, réunis en association,  se battent pour que personne n'oublie ce qui s'y est passé.



 


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