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Albert Chennouf-Meyer, le père d'une victime de Merah, demande à Emmanuel Macron de “refuser” le retour des jihadistes

Albert Chennouf-Meyer, père d'Abel Chennouf tué par Merah. / © MaxPPP
Albert Chennouf-Meyer, père d'Abel Chennouf tué par Merah. / © MaxPPP

Le père d’Abel Chennouf, l'une des sept personnes tuées par le jihadiste toulousain Mohamed Merah en 2012, demande au président Emmanuel Macron d'empêcher le rapatriement des Français retenus par les forces kurdes en Syrie.

Par Laurence Boffet avec AFP

Dans une lettre ouverte, le père d'Abel Chennouf, l'un des militaires tués le 15 mars 2012 à Montauban par Mohamed Merah, demande au président de la République de "refuser" le retour des jihadistes Français retenus en Syrie. 

" Monsieur le Président, vous allez dans les semaines à venir (...) faire revenir 130 djihadistes français, dont une partie ont les mains rouges du sang de nos enfants. Je tiens à m'élever de toutes mes forces contre cette criminelle décision", Albert Chennouf-Meyer

Dans cette lettre qu'il dit avoir postée samedi sur le site internet de la Présidence, Albert Chennouf-Meyer écrit encore "je vous demande solennellement de surseoir à cette décision, voire de refuser leur retour et (de) les confier à la Syrie", estimant que le "devoir premier" du président est de protéger le peuple".

En mars 2012, Mohamed Merah avait tué sept personnes, à Toulouse et Montauban. Les 11 et 15 mars 2012, il avait tué par balles trois militaires à Toulouse et Montauban (dont le fils d'Albert Chennouf-Meyer, Abel, 25 ans). Puis le 19 mars, il avait abattu trois enfants et un enseignant dans un collège juif de Toulouse. 
 

Parmi les islamistes susceptibles de rentrer, "des individus qui ont contribué à aider Merah"

"Vous n'êtes pas sans savoir que parmi les islamistes de retour, il y a des individus qui ont contribué à aider le terroriste musulman Mohamed Merah", rappelle M. Chennouf-Meyer, qui cite "plus particulièrement" le cas de Quentin Le Brun. Ce jeune Tarnais, parti en 2014 en Syrie, est considéré comme un propagandiste du groupe Etat islamique (EI), selon les enquêteurs. Pour la justice française, il était proche de la nébuleuse jihadiste toulousaine dans laquelle ont gravité Mohamed Merah et les frères Clain, les "voix" de la revendication des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, fomentés par l'organisation EI.
Récemment, un envoyé spécial de Paris Match avait pu le rencontrer, retenu dans un camp des Forces démocratiques syriennes(FDS), une alliance arabo-kurde soutenue par Washington.
 

Un dossier épineux

L'épineux dossier du retour des Français retenus par les forces kurdes en Syrie a resurgi avec l'annonce du retrait américain de la zone. Malgré sa réticence initiale, Paris semble désormais résolu à envisager ces retours, plutôt que de les voir s'évanouir dans la nature. Plusieurs sources évoquent le cas de 130 personnes, dont une cinquantaine d'hommes et femmes et des dizaines d'enfants.

 

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