Aude : les finances de Bize-Minervois sont dans le rouge à cause de la multiplication des inondations

Bize-Minervois (Aude) - une quarantaine de maisons avaient été inondées en 2017 / © MaxPPP - Philippe Leblanc
Bize-Minervois (Aude) - une quarantaine de maisons avaient été inondées en 2017 / © MaxPPP - Philippe Leblanc

Une quarantaine de communes de l’Aude viennent d’être reconnues en état de catastrophe naturelle en raison des violentes intempéries des 22 et 23 octobre dernier. Le maire de Bize-Minervois, déjà sinistrée l'an dernier, déplore la multiplication de ces évènements.

Par Camille Nowak


2019, 2018, 2017, 2011, 2005, 1999 : à Bize-Minervois, les inondations deviennent de plus en plus récurentes. L'an dernier, les violentes intempéries meurtrières qui ont marqué le département de l'Aude, ont fortement impacté cette petite commune qui tente aujourd'hui encore de se reconstruire. Et les finances municipales en pâtissent.
 

Au total, on a eu 400 000€ de dégâts principalement sur les espaces publics, jardins, aires de loisirs, rues et chemins, confie le maire de cette commune de 1.200 habitants. 


Sur les 400.000€, le maire a été remboursé à hauteur de 200.000€. 
 

Des remboursements des assurances insuffisants


Sur ce montant de 200.000€ remboursés, seulement 70.000€ ont été pris en charge par les assurances, le reste provient d'un fonds de solidarité déclenché par le département de l'Aude. Alors finalement, "cette reconnaissance d’état de catastrophe naturelle ne change pas grand-chose pour les communes, c’est plutôt pour les particuliers. L’argent qui nous permet de réaliser les travaux provient peu des remboursements des assurances", explique le maire.

Par ailleurs, les remboursements sont franchisés de 10%, ce qui ampute fortement les montants finalement versés par les assurances. 

Ce qui pose également problème à ces communes victimes des inondations, c'est que de nombreux dégâts ne sont pas remboursés par les assurances. C'est le cas notamment, des chemins qui ne desservent pas de maisons. Dans ce cas là, aucune indemnisation n'est appliquée. Or, pour la commune de Bize-Minervois, à chaque inondations, de nombreuses pistes forestières sont touchées.
 

Il y a des dégâts de l'an dernier que l'on n'a toujours pas pu réparer. Pour une petite commune, c'est très difficile de gérer ces dépenses imprévues, ajoute Alain Fabre. 

 

4 millions d'euros de dégâts depuis 1999 


Depuis les inondations de 1999, cette commune audoise a dû faire face à 4 millions d'euros de dégâts sur les biens publics. Alors au fil des années, le trou financier s'accumule. Cette année, pendant les fortes pluies des 22 et 23 octobre, la municipalité a de nouveau été impactée par des inondations mais cette fois-ci à une hauteur bien moindre que celles de l'an dernier.
 

Cette fois-ci on a échappé au pire mais on est à bout. Pour les petites communes, ce genre d’évènements ça nous plonge dans de grandes difficultés financières, s'indigne le maire. 


Quelques semaines auparavant, le 6 septembre dernier, Bize-Minervois avait déjà dû faire face à un violent incendie qui avait détruit au total 150 hectares de végétation. Alors la multiplication de ces phénomènes liés au réchauffement climatique plonge de nombreuses communes dans le rouge. "On paye le dérèglement climatique, c’est de plus en plus difficile à assumer. On en subi toutes les conséquences", exprime Alain Fabre. 
 

En février dernier, 14 maires dont Alain Fabre, se sont associés pour réaliser une mise en demeure du géant de l'énergie Total, responsable selon eux, du dérèglement climatique. Il produit à lui seul, 60% des gaz à effet de serre. Le géant avait trois mois pour y répondre mais il n'a pas donné suite. Les communes vont déposer plainte contre celui-ci. 
 

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