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Aude : les éleveurs obtiennent l'autorisation de tuer le loup

Les brebis devant la préfecture de Carcassonne / © France 3 LR/Frédéric Guibal
Les brebis devant la préfecture de Carcassonne / © France 3 LR/Frédéric Guibal

La préfecture de l'Aude décide suite à la réunion avec les éleveurs et les chasseurs d'autoriser les tirs sur le loup. Les chasseurs et les éleveurs du Razès pourront tuer le loup sous certaines conditions. L'indemnisation des éleveurs continue y compris pour les exploitations attaquées en 2013.

Par Laurence Creusot

Les éleveurs de brebis de l'Aude et les chasseurs manifestaient ce matin devant la préfecture à Carcassonne pour réclamer des mesures fortes contre la présence du loup.

Plusieurs attaques ont eu lieu dans la région du Razès au sud de Castelnaudary ces dernières semaines.Les éleveurs parlent de plus de 250 bêtes tuées ou blessées.
On pense qu'un seul loup serait présent dans le secteur dit du Razès.

Le préfet de l'Aude a décidé d' activer la phase 3 du plan loup dans les jours qui viennent. Cela signifie que l'on pourra tirer sur le loup dans le but de le tuer.
Les éleveurs qui ont un permis de chasse ou les chasseurs pourront effectuer ces tirs à l'aide de carabines à canon striés, mais uniquement dans les zones déjà concernées par les attaques..
Jusqu'à maintenant seuls les tirs d' effarouchement avec des fusils à petit plomb étaient autorisés pour faire fuir l'animal dans le cadre de la phase 2 de ce même plan loup.

Qui pourra tirer sur le loup ?

La commune de Ribouisse a été très récemment et de nouveau touchée par une attaque du loup dans une nouvelle exploitation. Le Préfet de l’Aude va, sur demande de l’éleveur, prendre un arrêté autorisant les tirs de défense à canon lisse sur cette dernière exploitation.
Conformément au plan loup, il fera de même, sur demande des éleveurs concernés, pour les exploitations qui viendraient à être attaquées, après la mise en œuvre des mesures de protection et des actions d'effarouchement.
Enfin, le préfet  prendra un arrêté autorisant le tir à canon rayé sur les exploitations sur la commune de Ribouisse, motivé par les dernières attaques.

Aude : les éleveurs attaqués pourront tuer le loup
Reportage Jean-Pierre Laval et Frédéric Guibal


Un loup et 215 brebis 

La préfecture de l'Aude a précisé le bilan des pertes enregistrées par les éleveurs
215 brebis environ et plusieurs dizaines d’agneaux en ont été les victimes directes d'attaques de troupeaux depuis 2013, (touchant une douzaine d’éleveurs à la suite d’une trentaine d’attaques).
Un loup a été identifié début mars 2014 à Plavila, par le réseau Loup de l’Office National de la Chasse et de la Faune sauvage, cet animal étant une espèce protégée au niveau national comme international.

Le plan loup activé depuis le 15 avril et ses dispositions

1. L'indemnisation des éleveurs pour les dommages causés : 75 % des éleveurs touchés perçoivent cette semaine les indemnités (160 € / brebis tuée + pertes indirectes et indemnisation forfaitaire des animaux disparus).
À titre exceptionnel, il a été décidé par ailleurs de remonter pour mise en paiement, les premiers dommages de 2013 (bien qu'ils n'aient pas tous fait l'objet d'une expertise par l'ONCFS comme le prévoit la procédure standard, ils pouvaient être étayés par divers constats et éléments concordants).
Cette prise en charge concerne trois éleveurs, qui avaient fait l'objet d'une quinzaine d'attaques en 2013.

2. La protection grâce à des dispositifs d’effarouchement (Cerbères) et des actions réalisées sur demande de l’État par les lieutenants de louveterie (3 arrêtés signés dès le 14 mars pour 3 semaines sur les communes d'Hounoux, Plavilla, Ribouisse - repris suite à la dernière attaque -  Fenouillet-du-Razès et Arzens

S’agissant de ces mesures de protection, l’État a enclenché avec la profession et la Chambre d’agriculture, une stratégie globale de surveillance de protection des troupeaux sur le Razès, autour de quatre mesures concrètes susceptibles de bénéficier des crédits d'urgence :
  • gardiens mobiles par secteurs pour les mois d’été,
  • systèmes de parc de regroupement de nuit, mobiles et électrifiés,
  • mise en place en juin d'une formation d'observateurs pour le réseau Loup départemental (qui ne compte que 20 membres alors que celui des PO en compte 80)
  • mise à la disposition des éleveurs, qui en font la demande, de Cerbères et de projecteurs pour faire l'effarouchement et le gardiennage renforcé.
3. Les tirs de défense sont autorisés sur les communes concernées par les attaques de troupeaux.

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