Covid : à Narbonne comme à Carcassonne, l'hôpital sous tension dans l'Aude

Un hôpital au bord de la saturation à Narbonne, les personnels du service réanimation de Carcassonne sous pression qui dénoncent le non paiement de leurs heures supplémentaires, la situation est loin d'être sereine dans l'Aude où les hospitalisations Covid augmentent chaque semaine.

Le service des urgences de Narbonne proche de la saturation avec la hausse des hospitalisations Covid.
Le service des urgences de Narbonne proche de la saturation avec la hausse des hospitalisations Covid. © F3 LR

207 morts du Covid depuis le début de la pandémie et un nombre d'hospitalisés qui augmente inexorablement depuis le début de cette année 2021 (187 hospitalisations en cours au dernier comptage hier mardi de l'ARS). L'Aude paie un lourd tribut à l'épidémie et depuis le week-end dernier, l'hôpital de Narbonne est au bord de la saturation. Quant à celui de Carcassonne, son personnel de réanimation est tellement sous tension que les infirmières et aides-soignants viennent d'écrire une lettre à la direction pour réclamer le paiement des heures supplémentaires au lieu de " faire descendre" des autres étages du personnel qu'ils jugent insuffisamment qualifié pour la réanimation.

Situation critique à Narbonne

Avec une quarantaine de patients COVID hospitalisés, dont une dizaine en réanimation, l'hôpital de Narbonne connait son pic d'activité depuis le début de l'épidémie et les services dédiés ne sont pas loin d'être débordés. 

"Il y a une forme de lassitude, incontestablement" avoue Alain Peret, le chef de service des urgences de Narbonne. "Il y a pas mal de personnels qui ont été touchés par le Covid et qui sont en arrêt de travail et c'est difficile de gérer avec des équipes qui sont sous tension, surtout avec le turn-over important des personnels médicaux qui viennent pour remplacer". Un épuisement qui s'entend dans la voix et le débit du chef de service qui résume la situation:

On est quand même sur une forme d'épuisement physique et moral...

Alain Peret chef du service des urgences hôpital de Narbonne

Une capacité d'accueil insuffisante

l'été dernier, suite à la première vague, l'hôpital de Narbonne a créé un nouveau service d'une dizaine de lits pour des patients Covid. Un pavillon provisoire a été construit pour libérer de la place et pour continuer d'accueillir les consultations externes. Mais aujourd'hui, avec cette nouvelle poussée épidémique, le centre hospitalier narbonnais envisage de commencer les déprogrammations.

Le pavillon Saint-Paul, construit en urgence sur le parking de l'hôpital narbonnais, ne suffit plus pour accueillir les patients Covid.
Le pavillon Saint-Paul, construit en urgence sur le parking de l'hôpital narbonnais, ne suffit plus pour accueillir les patients Covid. © F3LR

 "On va sans doute commencer à déprogrammer" regrette le directeur de l'hôpital, Richard Barthes"Pas totalement, pour éviter ce qui s'est passé pendant la première vague, à savoir la non prise en charge des patients non Covid. Mais c'est quelque chose qu'on est en train de préparer pour soulager un peu l'organisation interne et le capacitaire de l'hôpital".

Pas de déclenchement du plan blanc pour l'instant. Il permet à la direction de rappeler les salariés sur leurs congés. L'hôpital de Narbonne espère tenir bon, sans demander cet effort supplémentaire à son personnel.

Le reportage à Narbonne d'Alexandre Grellier et Ophélie Le Piver pour France 3 Languedoc-Roussillon.

A Carcassonne, heures sup impayées et renfort de personnels extérieurs à la réanimation

A l'hôpital de Carcassonne, qui reçoit une grande majorité des malades Covid du département, les 44 infirmiers et aides-soignants du service de réanimation sont en colère. Face au surcroit d'activité, la direction leur demande régulièrement de revenir sur leurs congés mais fait aussi appel au personnel des services autres que la réanimation pour accueillir l'afflux croissant des malades du Covid.

 D'accord pour travailler plus, répondent les personnels de "réa", mais à condition que nos heures sup soient payées, ce qui n'est pas le cas, semble-il, aujourd'hui. Suite au courrier envoyé à la direction de l'hôpital, celle-ci affirme que des dispositions devraient être prises dans les prochains jours pour régler ce problème.

Quant au personnel "débauché" des autres services pour renforcer des équipes de réanimation épuisées, si l'intention est bonne, les titulaires du service redoutent une qualité des soins amoindrie, le travail en secteur de réanimation impliquant normalement 6 semaines de formation spécifique dont ne bénéficient pas les autres services. 

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