Aveyron : les 8 discothèques du département décident de rester fermées cet été à cause des restrictions sanitaires

Les propriétaires des 8 discothèques de l'Aveyron ont pris, ensemble, la décision de ne pas rouvrir leurs établissements cet été. En cause : les restrictions sanitaires jugées trop contraignantes. Ces professionnels ne rouvriront leur boîte de nuit qu'en septembre prochain.
Les 8 gérants de discothèques de l'Aveyron ont décidé, ensemble, de ne pas ouvrir leurs établissements cet été. Ils jugent la réglementation sanitaire trop restrictive.
Les 8 gérants de discothèques de l'Aveyron ont décidé, ensemble, de ne pas ouvrir leurs établissements cet été. Ils jugent la réglementation sanitaire trop restrictive. © France TV

Cela fait 15 mois que les discothèques sont fermées en France. Pour les professionnels du secteur, la réouverture était plus qu'attendue. Mais en Aveyron, département qui compte 8 boîtes de nuit, la musique ne retentira pas cet été.

Les propriétaires des ces 8 établissements ont décidé, ensemble, de ne pas ouvrir leurs établissements en juillet et août. Pour eux, les restrictions sanitaires imposées par le gouvernement, le 21 juin dernier, sont encore trop contraignantes pour permettre une ouverture optimale.

L'Etat a en effet, jugé que le pass sanitaire était obligatoire pour entrer dans une discothèque. Les fêtards devront donc, soit avoir été testés négatif au Covid-19 depuis moins de 48 heures, soit être vaccinés 2 doses.
Pour Farid El Yacoubi, co-gérant de la plus grande discothèque du département, imposer le pass sanitaire est chose impossible : "comment expliquer à quelqu’un qu'il faut aller faire un test ou aller se faire vacciner pour entrer en boîte de nuit. Moi, je ne suis pas un policier pour lui dire cela. Je comprends les clients qui ne veulent pas venir.".

Un sentiment partagé par Georges Carvalho, lui aussi gérant d'une discothèque à Millau : "les tests, la vaccination, la jauge, tout cela ne nous a pas donné envie de rouvrir. Au départ, la réouverture nous a rendu euphoriques. Mais, nous n’avions pas mesuré les conséquences. Je trouve que c’est injuste d’imposer le pass sanitaire.".

Nous n'avons rien contre les barmen et les restaurateurs, mais nous sommes la seule profession qui avons autant de contraintes imposées par le gouvernement.

Georges Carvalho, co-gérant d'une discothèque à Millau.

Une décision de réouverture jugée trop tardive

Pour les deux propriétaires, la décision du gouvernement de fixer au 9 juillet la réouverture des boîtes de nuit, a été trop tardive. Après 15 mois d'inactivité, tout préparer en quelques semaines seulement est chose impossible pour Farid El Yacoubi : "nous n'avons pas assez de personnel, de stock suffisant, c'est impossible de faire tout cela en 20 jours. Je dois, en plus, réaliser des travaux." Dans sa discothèque, après un an et demi de fermeture, les travaux sont évalués à plus de 15 000 euros.

Des coûts supplémentaires qui n'arrangent pas ce professionnel qui confie la gorge nouée vivre "très difficilement à la fois moralement et financièrement" la fermeture de son établissement. Farid El Yacoubi espère rouvrir sa boîte de nuit en septembre, même si les conditions sanitaires ne sont pas assouplies : "On ne va pas attendre des milliers d’années, si c’est encore comme cela, après septembre, je ferai autre chose, c’est certain que j’abandonnerai. On a tous le moral à zéro.".

C’est facile de dire, on va vous accompagner mais comment on nous accompagne ? J’attends le ministre pour qu’il vienne nous aider.

Farid El Yacoubi, co-gérant de la discothèque "Le Plô" à Saint-Affrique.

Ne pas rouvrir dès cet été est aussi un coup pour Georges Carvalho : "On n'a pas une grosse trésorerie, c’est un manque à gagner certain. Normalement, le chômage partiel devra couvrir cette fermeture." Lui aussi, attendra la rentrée pour rouvrir : "On est pas une station balnéaire, on est dans un territoire rural, les gens s’en vont d’ici pour aller justement près de la mer.".

Tous espèrent qu'une quatrième vague ne se produira pas, ce qui remettrait encore une fois en cause leur réouverture à la rentrée. 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
loisirs sorties et loisirs musique culture covid-19 santé société confinement déconfinement économie finances