"Pourquoi pas nous ?" : privés de réouverture les patrons de discothèques menacent de saisir le Conseil d'Etat

Les cinémas et les casinos rouvrent lundi 22 juin, mais pas les discothèques. L'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH) menace d'attaquer la décision du gouvernement au Conseil d'Etat.

Les cinémas et les casinos rouvrent ce lundi 22 juin, mais pas les discothèques. L'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH) menace d'attaquer la décision du gouvernement au Conseil d'Etat.

Les patrons de discothèques qui ne sont pas autorisés à rouvrir leurs établissements avant septembre, à cause de la pandémie de Covid-19, ont menacé samedi d'attaquer cette décision au Conseil d'Etat.

Matignon a annoncé dans la nuit de vendredi à samedi une accélération du déconfinement avec la réouverture ce lundi des cinémas, centres de vacances, casinos ou salles de jeux. A partir du 11 juillet, ce sera au tour des stades avec un nombre maximal de 5.000 spectateurs, mais maintient fermées jusqu'à septembre au moins les foires, expositions, salons, discothèques et croisières maritimes internationales.

"Le gouvernement signe l'arrêt de mort des discothèques"

estime le patron de l'UMIH (L'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie).

 

" C'est une décision imcompréhensible. Deux poids, deux mesures. C'est de la discrimination", s'insurge Jacques Mestre le président de l'UMIH 34. Les discothèques cela fait partie de la vie des jeunes. Ils en ont besoin. Je préfère qu'ils s'amusent dans des endroits surveillés comme le sont les discothèques plutôt que lâchés dans la nature ou chez eux sans limites". "Ce n'est pas plus dangereux d'aller danser que d'aller au cinéma, de prendre l'avion ou le train", renchérit Steve Guillot, qui dirige la discothèque "Le Mexx", à Vauvert dans le Gard. " Lors de la fête de la musique, j'ai vu des rassemblements de 200, 300, 500 ou 1000 personnes danser librement devant des bars, et nous, nous n'avons pas le droit de rouvrir nos établissements. On propose même d'ouvrir en mode "bar", mais  cela nous est refusé.

Ce n'est pas plus dangereux d'aller danser que d'aller au cinéma, de prendre l'avion ou le train... Refuser la réouverture des discothèques, c'est signer leur arrêt de mort.

Steve Guillot, directeur du Mexx (Vauvert)

Vladimir Ostermann  qui possède  quatre établissements de nuit dans les Pyrénées-Orientales, à Canet-en-Roussillon et au Port Barcarès exprime la même incompréhension... Ou plutôt livre une explication. " Les établissements de nuit sont classés en catégorie "P". Si une personne est infectée en discothèque, elle pourra se retourner contre l'Etat et engager sa responsabilité", explique le chef d'entreprise dont la soixantaine d'employés est pour l'instant au chômage. 

On préfère laisser des jeunes faire n'importe quoi dans la nature au lieu de faire la fête entourés d'agents de sécurité dans des endroits appropriés.

Vladimir Ostermann, patron de plusieurs discothèques dans les Pyrénées-Orientales

Par exemple : nos établissements sont équipés d'extracteurs de fumée qui renouvellent l'air à 100 % toutes les huit minutes...

Concurrence déloyale et sauvage

 

Si la décision du Premier ministre était entérinée par un décret d'application, l'UMIH pourrait attaquer le décret dès sa parution devant le Conseil d'Etat", précise l'organisation patronale dans un communiqué.

L'interdiction de rouvrir les discothèques laisserait selon Vladimir Ostermann, 200 000 personnes sans emploi cet été en France, la moitié directement liée au secteur, l'autre à ses sous-traitants.

Les boîtes de nuit sont plus saines que les débordements actuels

Le Syndicat national des discothèques et lieux de loisirs (SNDLL) s'est lui aussi "insurgé contre le maintien de la fermeture des discothèques". "Une telle mesure ignore les garanties apportées par la profession et les conditions réelles du fonctionnement de ces établissements sanitairement plus sains que les débordements en tous genres qui ont actuellement lieu sur le plan festif !", a regretté cette autre fédération professionnelle du secteur.

Le SNDLL s'est également dit "préparé à attaquer devant le conseil d'Etat le texte qui entérine la nouvelle situation", tout en demandant "des mesures financières urgentes pour aider le seul secteur commercial ainsi mis au banc de l'économie marchande".

43 000 salariés

Le maintien de la fermeture des discothèques pendant l'été a été décidé au cours d'un Conseil de défense et de sécurité nationale vendredi. Le ministre de la Santé Olivier Véran a noté que les indicateurs de suivi de l'épidémie "restent globalement bien orientés" mais estimé que "la vigilance reste toutefois forte". Les discothèques emploient 43.000 salariés en France et environ 100.000 en incluant les employés de sociétés extérieures assurant la sécurité notamment.

Elles réalisent un chiffre d'affaires estimé à un milliard d'euros.

 

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