Obligation vaccinale : la direction de l'hôpital de Millau veut contrôler les arrêts maladie de ses soignants

La direction de l'hôpital de Millau va demander un contrôle de vingt de ses soignants en arrêt maladie. Elle les soupçonne de ne pas vouloir se vacciner contre le Covid-19.

La direction de l'hôpital de Millau va demander un contrôle de vingt de ses soignants, actuellement en arrêt maladie. Elle les soupçonne de ne pas vouloir du vaccin contre le Covid.

"C'est une décision d'équité", soutient Sylvie Marty, directrice des hôpitaux de Millau et Saint-Affrique, mardi 21 septembre 2021. Elle ajoute : "Ne pas se faire vacciner est un choix personnel, donc il faut accepter la suspension. Les agents en poste, qui se sont faits vacciner, ne comprendraient pas qu'on ne mette pas en œuvre des contrôles pour vérifier que ces arrêts maladie sont justifiés"

Depuis le 15 septembre 2021, "les professionnels médicaux et paramédicaux qui exercent en libéral ou dans les hôpitaux, [...] ainsi que les professionnels, étudiants ou élèves qui travaillent dans ces établissements" ont l'obligation d'avoir reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid-19, rappelle le Gouvernement sur son site internet

Quatre salariés déjà suspendus

La direction de l'hôpital de Millau a déjà suspendu quatre de ses 740 salariés, qui refusaient de se soumettre à cette obligation vaccinale. Ils ne peuvent pas travailler, se rendre sur leur lieu de travail, et ne perçoivent pas de salaire, conformément à la loi du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire.

Des médecins contrôleurs se rendront donc au domicile des vingt soignants pour vérifier "la réalité de leur arrêt maladie", continue Sylvie Marty. Démarche légale, comme l'explique le Gouvernement sur son site.

"En cas d'arrêt injustifié, les soignants devront reprendre le travail", souligne la directrice du CHU de Millau. "S'ils ne satisfont pas à l'obligation vaccinale ou s'ils ne présentent pas une contre-indication vaccinale, ils seront suspendus".  

"Je suis attristée de devoir suspendre des agents qui ont fait face aux épisodes Covid, qui ont pris en charge des patients Covid dans un contexte de pénurie de soignants", déplore Sylvie Marty. 

Pénurie de soignants et services fermés

Cette pénurie de main d'œuvre a d'ailleurs amené l'hôpital à fermer le service de Soins de suite et de réadaptation (SSR), qui aide le patient à se préparer à "l'après-hôpital". "Nous devions rouvrir ce service en septembre/octobre", continue la directrice du Centre hospitalier, "mais, à cause de ces arrêts maladie, nous ne serons pas en mesure de reprendre cette activité"

Si ces vingt soignants en arrêt sont eux aussi suspendus, l'hôpital aura perdu au total 3 % de ses effectifs à cause de l'obligation vaccinale. "C'est énorme pour moi", glisse Sylvie Marty, "compte tenu de nos besoins en soignants. Cela se reporte sur les autres agents en poste".

"Je ne veux pas opposer les soignants entre eux, je peux concevoir qu'il y ait des doutes sur la vaccination. Mais la priorité est la protection de nos patients, et la vaccination me paraît être l'outil le plus indiqué"

Contacté, le syndicat Sud Santé Aveyron, qui soutient les vingt soignants en arrêt maladie, n'a pas répondu à nos sollicitations.

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