La Cimade manifeste dans plusieurs villes d'Occitanie contre la loi asile et immigration

Les militants de la Cimade ont notamment manifesté devant le Capitole à Toulouse pour dire leur opposition à la loi asile et immigration. / © Cimade 31
Les militants de la Cimade ont notamment manifesté devant le Capitole à Toulouse pour dire leur opposition à la loi asile et immigration. / © Cimade 31

La Cimade a organisé des manifestations dans toute la France ce lundi pour dire son opposition à le projet de loi asile et immigration dont l'examen commence ce même jour à l'Assemblée nationale. Plusieurs rassemblements symboliques ont eu lieu en Occitanie.

Par Laurence Boffet avec AFP

"Attention chute de droits", "Virage à droite obligatoire". "Attention chasse en cours"... Armés de panneaux routiers détournés en "code de la honte", les militants de la Cimade ont choisi d'interpeller les députés de la majorité en Occitanie ce lundi.  "C'est une action nationale dans une quarantaine de villes en même temps et une action symbolique le jour de l'ouverture des discussions sur la loi asile et immigration à l'Assemblée Nationale " explique Pierre Grenier, délégué régional Sud-Ouest à la Cimade. "Alors qu'ils vont mettre en place un code de l'entrée au séjour pour les étrangers, nous avons souhaité adresser un code de la honte aux parlementaires. Parce que s'ils votent cette loi, c'est à notre sens honteux pour la démocratie".

Plusieurs rassemblements devant les permanences des députés de la majorité​

Si à Tarbes et à Toulouse, les manifestants ont choisi de manifester devant les mairies pour se rendre visibles, ils ont aussi manifesté devant plusieurs permanences de députés En Marche dans notre région. C'était le cas notamment à Alès et à Narbonne, à la permanence d'Alain Péréa. 
Dans le Gers, ils ont investi la permanence du député En Marche Jean-René Cazeneuve puis les bureaux du sénateur socialiste Franck Montaugé à Auch pour "les convaincre de ne pas voter cette loi qui est totalement indigne, régressive, inhumaine" avant de publié la vidéo sur les réseaux sociaux :
A Paris, plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés ce lundi aux abords de l'Assemblée, à l'appel de la Cimade et de la Ligue des droits de l'Homme. Un autre rassemblement a eu lieu devant le siège parisien d'En marche. 

Un texte controversé au sein même de la majorité

Le texte porté par Gérard Collomb prévoit notamment de réduire à six mois les délais d'instruction de la demande d'asile, pour entamer rapidement le travail d'intégration des réfugiés, et à l'inverse, de faciliter la reconduite à la frontière des déboutés. 
Critiqué au sein même de la majorité, malgré les efforts de pédagogie déployés depuis plusieurs mois par le ministre de l'Intérieur qui incarne la ligne "dure" de l'exécutif, ce texte risque bien de la mettre à l'épreuve. Il fait en tout cas tanguer dans les rangs des "marcheurs", particulièrement investis sur ce sujet touchant leurs "convictions". Et malgré les menaces de sanction agitées par Christophe Castaner, le délégué général de LREM, certains n'excluent pas de voter contre comme le député de la Haute-Garonne, Sébastien Nadot.

Droite et gauche à l'opposé sur ce texte

De son côté, la droite, qui dénonce "ambitions bien modestes" et "laxisme", souhaite pouvoir fixer des quotas d'accueil annuels, limiter le regroupement familial et éloigner plus facilement les étrangers représentant une menace. La présidente du Front national, et députée du Pas-de-Calais, Marine Le Pen devrait s'impliquer sur ce texte qui va selon elle "accélérer" l'immigration. 
A l'autre bord, la gauche de la gauche est vent debout contre un projet de loi "inutile et dangereux", surfant "sur la logique de la peur". Les Insoumis ont appelé les autres groupes politiques à "sursaut de convergence républicaine et humaniste".
Les socialistes jugent quant à eux que le texte "tourne le dos à nos principes constitutionnels", les élus UAI (UDI, Agir et Indépendants) veulent "équilibrer" ses mesures.
L'Assemblée se prononcera à l'issue des échanges sur l'ensemble du texte, sans vote solennel en raison de la pause de deux semaines qui s'ensuit dans les travaux parlementaires.

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