Covid-19 : Pass sanitaire, tests payants, flambée en Lozère... Cinq questions sur la situation sanitaire en Occitanie

En Occitanie, la situation sanitaire Covid-19 continue de s'améliorer. Sauf en Lozère, qui connait une forte dégradation de son taux d'incidence. A partir du 15 octobre 2021, les tests de dépistage seront payants. Qui est concerné ? Quelles conséquences sur la gestion de la crise ? #OnVousRépond.

Dans son bulletin d'information du mardi 12 octobre 2021, l'Agence régionale de santé (ARS) d'Occitanie se félicite de "la baisse de la circulation virale et de la progression de la couverture vaccinale", qui "permettent aujourd’hui d’adapter notre stratégie de dépistage". En effet, dès vendredi 15 octobre, les tests de dépistage du Covid-19 ne seront plus remboursés par la Sécurité sociale. 

C'est l'occasion de revenir sur la situation sanitaire en Occitanie et les différentes mesures qui vont être appliquées. 

1. Comment évolue l'épidémie en Occitanie ? 

Comme dans le reste de la France, les indicateurs de l'épidémie continuent de s'améliorer en Occitanie, après le pic de cet été. Depuis fin août, les hospitalisations diminuent. Au 12 octobre, 543 personnes étaient hospitalisées, dont 101 en réanimation. Elles étaient 974 il y a un mois (dont 246 en réanimation). 

Le nombre de cas positifs est lui aussi en baisse. Pendant la semaine du 5 au 11 octobre, 293 nouveaux cas sont signalés par jour. Il y a un mois, près de 900 nouveaux cas étaient signalés. 

Le taux de positivité des tests est de 0,8 % dans la région, chiffre stable depuis deux semaines. 

Seule ombre au tableau : la Lozère, qui connaît une flambée des cas de Covid-19

2. Que se passe-t-il en Lozère ? 

La Lozère est le département de France métropolitaine dont le taux d'incidence est le plus élevé (106 nouveaux cas pour 100 habitants au 12 octobre, selon les chiffres de CovidTracker). En une semaine, le taux d'incidence a augmenté de 165%. 

Cette soudaine augmentation peut s'expliquer par l'apparition de clusters. La Lozère est le département le moins peuplé de France, avec 76 000 habitants. "Le moindre cas de Covid augmente mécaniquement beaucoup plus le taux d’incidence que dans d’autres départements. Ici, le taux d’incidence est considérablement plus fragile et sensible”, explique Mathieu Pardell. La situation reste néanmoins préoccupante pour le directeur de l’ARS Lozère

On voit sans doute qu'il y a un relâchement des gestes barrières et une diffusion du virus qui est plus forte.

Mathieu Pardell, directeur de l'ARS Lozère

 

A noter que, selon le bilan de l'ARS du 12 octobre, seulement une seule personne est actuellement hospitalisée pour Covid-19 en Lozère.

C'est aussi le département d'Occitanie ayant le moins de personnes vaccinées (67 %), selon CovidTracker.

3. Qui sera concerné par les tests payants ? 

À partir du vendredi 15 octobre, c'est la fin des "tests de confort". Les tests PCR et antigéniques sans prescription médicale ne seront plus remboursés par la Sécurité sociale et vont devenir payants. Comptez 43,89€ pour un test PCR, et entre 22 et 30€ pour un test antigénique. 

Pour autant, la prise en charge totale des tests sera maintenue pour :

4. Quel serait l'impact du déremboursement des tests ? 

Au 12 octobre 2021, 90,7 % des personnes de plus de 18 ans ont déjà bénéficié d'une première injection de vaccin contre le Covid-19, selon l'ARS. Près de 73 % ont un schéma vaccinal complet, d'après le dernier bilan de Santé publique France

Que va-t-il se passer pour les 9,3 % d'Occitans qui ne sont pas vaccinés, et qui ne veulent pas payer pour des tests de dépistage ? Ou encore pour ceux qui n'ont pas encore de schéma vaccinal complet ? 

"C'est une source d'inquiétude", note Marguerite Bayart, médecin généraliste dans le Tarn et vice-présidente du syndicat MG France. "Le déremboursement peut être un argument pour ne plus se faire tester". 

Si une personne est symptomatique, elle consultera les médecins généralistes, et nous pourrions soit lui prescrire un test, soit le réaliser. Mais, pour les formes peu symptomatiques, il est probable que les patients ne se déplacent pas.

Marguerite Bayart, médecin généraliste du Tarn et vice-présidente du syndicat MG France

Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l'hôpital Tenon à Paris, estimait sur BFM TV le 7 octobre que la fin de la gratuité des tests va "diminuer de 80 % le dépistage chez les adultes"

"C'est une façon de mettre une pression par rapport à la vaccination", affirme Marguerite Bayart. Pour autant, la médecin généraliste pense que les tests payants ne vont pas pousser les personnes à se faire vacciner : "Les derniers sceptiques se sont fait vacciner, il ne reste maintenant que les anti-vaccins"

Pour autant, le déremboursement des tests a des bons côtés, souligne Théo Combes, médecin généraliste et membre du syndicat de l'Ordre des médecins. "Cela redonne un sens à la prescription du test", note-t-il, alors qu'il y a eu une explosion des dépistages. 

Les tests PCR et antigéniques n'auraient jamais dû devenir une espèce de thermomètre social. 

Théo Combes, médecin généraliste dans le Tarn et membre de l'Ordre des médecins

 

En Occitanie, près de 9 millions de tests PCR et antigéniques ont été réalisés depuis mars 2020, selon les chiffres de l'ARS. Ce qui représente pour la seule région un coût total d'environ 330 millions d'euros à la Sécurité sociale. Sûrement sous-estimé, car au début de la pandémie, les prix des tests fluctuaient et étaient beaucoup plus chers. 

Le nombre de tests réalisés a fortement diminué depuis cet été, notamment à cause de l'amélioration de la situation sanitaire en Occitanie. Après un pic dans la semaine du 20 août, le nombre de tests a pratiquement été divisé par deux avec 250 000 tests réalisés dans la semaine du 12 octobre. 

5. Quand le pass sanitaire va-t-il disparaître ? 

Le cadre légal de la mise en place du pass sanitaire arrive à échéance le 15 novembre. Pourtant, un projet de loi le prolongeant jusqu'au 31 juillet 2022 est présenté ce mercredi 13 octobre en Conseil des ministres. 

Le texte, que l'AFP a pu consulter, a cependant été légèrement amendé après son passage en Conseil d'Etat. Il inclut désormais la présentation par le gouvernement d'un "rapport" au Parlement, faisant un point d'étape sur les mesures prises et "précisant les raisons du maintien, le cas échéant, de certaines d'entre elles"

"Il ne s'agit pas de dire qu'on prolonge le pass sanitaire jusqu'au 31 juillet", mais de dire que le gouvernement se "donne la possibilité de l'utiliser", s'est défendu Gabriel Attal. Interrogé par BFM TV et RMC mercredi 13 octobre, le porte-parole du gouvernement appelle à la "vigilance" alors que des "signaux" dans certains départements (comme en Lozère), "semblent montrer peut-être un frémissement" de l'épidémie.

Il l'assure : "dès qu'on pourra lever [le pass sanitaire], on le fera". 

En parallèle, ce projet de loi durcit les sanctions en cas de fraude au pass sanitaire, jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende.

Il ne règle pas l'épineux cas de la mise en place de ce pass avec le déploiement progressif de la troisième dose de vaccins, réservée pour l'heure aux personnes âgées ou vulnérables. 

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