Amazon dans le Gard : une manifestation samedi contre l'implantation d'un entrepôt géant à Fournès

La fronde contre l'implantation du géant Amazon dans le Gard ne faiblit pas : une mobilisation s'est tenue samedi 30 janvier de 9h30 à 15h sur le site de la Pale, à Fournès. Environ 800 personnes étaient présentes.

La manifestation se tient ce samedi de 9h30 à 15h.
La manifestation se tient ce samedi de 9h30 à 15h. © Auriane Duffaud / France Télévisions.

Les opposants au projet d'implantation d'Amazon dans le Gard voulaient marquer le coup. Samedi 30 janvier, à l'occasion d'une mobilisation prévue de 9h30 à 15h, ils ont planté des arbres sur le site de la Pale, à Fournès.

Ils ont également formé une chaîne humaine pour créer le slogan "Amazon Non !", visible du ciel. 800 personnes étaient présentes sur place, selon les gendarmes.

Une chaîne humaine contre Amazon ce samedi.
Une chaîne humaine contre Amazon ce samedi. © Auriane Duffaud / France Télévisions.

Amazon, loin de faire l'unanimité

L'ADERE (Association de Défense de l'Emploi dans le Respect de l'Environnement) est à l'initiative de cette mobilisation, soutenue par une dizaine d'autres organisations. Depuis plus d'un an, elle se bat contre l'arrivée du géant du e-commerce dans la commune de 1 000 habitants. Et elle n'est pas la seule. 

Ces derniers mois, une dizaine de recours ont été déposés contre le permis de construire du géant américain. Une action en justice a même été intentée contre des élus du territoire, soupçonnés de conflits d'intérêt dans la vente des terrains. De fait, le projet est à l'arrêt depuis un an. 

Ce projet est un cas d'école, presque caricatural, de ce qu'on ne voudrait plus voir au 21ème siècle : un aménagement avec beaucoup d'opacité, de précipitation et entaché de conflits d'intérêt.

 Patrick Fertil, membre de l'ADERE.

Un avis que partage Patrick Genay, apiculteur et également membre de l'ADERE : "On est contre Amazon parce que c'est une politique d'entreprise que personne n'accepte. Ils ne respectent ni les règles françaises, ni les règles européennes."

Sur l'événement Facebook dédié à la manifestation de ce week-end, d'autres arguments sont avancés : "destruction d'emplois et des petits commerces, conditions de travail inacceptables, artificialisation des sols, impact sur le dérèglement climatique, évasion fiscale, fraude massive à la TVA etc."

Comment des élus peuvent soutenir ce genre de projet ? On peut avoir d'autres projets plus viables et qui créeront aussi de l'emploi.

 Patrick Genay, apiculteur et membre de l'ADERE.

Face à ces accusations, Amazon se défend. "Les critiques attaquent Amazon sur de nombreux sujets, et nous sommes devenus une cible pour certaines organisations qui souhaitent faire connaître les causes qu’elles représentent." L'entreprise poursuit :

Nous avons investi plus de 9,2 milliards d'euros dans nos activités françaises depuis 2010 et employons plus de 9 300 personnes en France, au service de nos clients. Les emplois que nous proposons s’accompagnent d’un salaire et d’avantages sociaux compétitifs (...) le tout dans un environnement de travail positif, sûr et moderne.

Le géant du e-commerce met également en avant sa volonté de "protéger l'environnement" et assure qu'il "contribue positivement à la croissance de l'économie française."

Une zone industrielle de 51 hectares

Le projet d'Amazon s'inscrit dans une politique globale de développement : l'entreprise, qui détient déjà une vingtaine d'entrepôts de stockage en France, espère doubler ses capacités d'ici fin 2021. À Fournès, un entrepôt de 38 000 m² doit être construit. 

Une ambition qui n'est pas au goût de Patrick Genay, qui défend une vision plus respectueuse de l'environnement pour le site de la Pale. Si Amazon abandonne, il espère bien que les 51 hectares de zone industrielle, inscrits au SCoT (Schéma de Cohérence Territoriale), seront utilisés à bon escient. 

"Cette zone industrielle est certes à la sortie 23 de l'autoroute A9 mais, pour nous, elle ne doit pas devenir automatiquement du béton et du bitume", conclut-il. 

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