Féminicide à Nîmes : "Il menaçait de la planter", un conjoint violent jugé pour avoir poignardé son ex-compagne

Gabriel Gauthier, un carreleur 31 ans sera jugé ce jeudi pour avoir tué de plusieurs coups  de couteau Laurie Tercero, le 17 janvier 2018 en plein centre-ville à Nîmes. L’ex-conjoint violent n’aurait pas supporté qu’elle puisse refaire sa vie ailleurs avec un autre homme.

Tribunal de Grande Instance de Nîmes
Tribunal de Grande Instance de Nîmes © F3 Pays gardois FTV
Laurie Tercero avait 27 ans.  Elle est morte dans la nuit du 17 au 18 janvier 2018 après avoir été battue et poignardée en plein coeur par son ex-conjoint. Massacrée par Gabriel Gauthier, son ex-compagnon et père de l’un de ses enfants. Ce dernier n’aurait pas supporté que la jeune femme puisse refaire sa vie ailleurs avec un autre homme. Il l’a tuée de plusieurs coups de couteau au bout d’une énième scène de violences.

Touchée en plein coeur


Dans la nuit du 17 janvier, c’est lui qui la dépose aux urgences de l’hôpital Carémeau à Nîmes. Il évoque spontanément un seul coup de couteau.
L’autopsie de la jeune femme révèlera la présence de six coups dont un ayant touché l’aorte, et de plusieurs plaies dont une mortelle.La victime présente aussi des marques à la tête, elle à le nez et une dent cassés, des hématomes sur tout le visage, à l’oeil, au front et sur les lèvres.
La nuit du drame, la police avait été appelée quelques minutes plus tôt rue Massillon dans le centre-ville de Nîmes. Un témoin réveillé par des cris avait entendu un couple se disputer violemment dans la rue, un autre avait perçu une femme demander « à l’aide ».
Entendu après les faits, Gabriel Gauthier indiquera qu’il avait rendez-vous avec la victime pour faire le point sur leur relation.

Une dispute qui aurait mal tourné selon l'accusé


Comprenant que la voiture qu’elle conduisait avait été louée par son nouveau compagnon, une dispute aurait éclaté. Gabriel Gauthier affirme s’être saisi d’un couteau «sans le faire exprès » avant de lui porter un coup à la hanche.
Laurie Tercero serait alors sortie de la voiture pour partir en courant avant de s’effondrer sur le trottoir une dizaine de mètres plus loin.
Voyant qu’elle était inconsciente, il l’aurait remise dans la voiture et conduite aux urgences de l’hôpital où elle décèdera quelques minutes plus tard.
Gabriel Gauthier minimisera responsabilité. Il dira qu'il ne souhaitait pas la mort de "sa" compagne, même s'ils étaient séparés. Qu'il souffre de sa mort.

"Les auteurs de féminicides sont dans un processus de légitimation de la violence.

Me Khadija Aoudia, avocate de la partie civile

Pour eux, ceux sont les vicitmes qui conduisent leur compagnons au passage à l'acte", indique Me Khadija Aoudia, avocate de la partie civile

Il menaçait de la tuer et de la balafrer 

Il indiquera par la suite « avoir vrillé » lorsque son ex-femme lui aurait dit qu’elle partait voir ses enfants en Aveyron et qu’elle repartirait ensuite et qu’il devrait « se démerder » avec les enfants.

Les proches de la victime diront que l’acccusé qui n’acceptait pas la séparation aurait à plusieurs reprises menacé de « la tuer «  et de « la balafrer » ou encore de "la planter ».  Les témoins diront aussi que la victime était régulièrement frappée par son ex-conjoint qui lui donnait des « coups de poing de mec » y compris lors d’une première grossesse au point qu’elle avait fait une fausse couche.

Ne supportant pas  "le déshonneur d’une rupture", il la harcelait et la menaçait de mort en permanence.
Me Khadija Aoudia, avocate de la famille de la victime décortiquera lors du procès le processus du passage à l'acte chez les conjoints violents. "Il  est très imporant d'expliquer pourquoi les femmes maltraitées restent avec des indicidus qui les maltraitent. Plus tôt on détermine les facteurs de cette emprise, plus les victimes pourront être vigilantes", précise l'avocate.
 

La victime aurait raconté à son nouveau compagnon que l’accusé lui avait déjà « cassé la mâchoire, qu’il avait toujours un couteau sur lui et qu’il n’acceptait pas qu’elle refasse sa vie.

Elle avait confié à sa meilleure amie qu’elle pensait qu’un jour il la tuerait
Peu avant d’être massacrée, Laurie Tercero avait enfin trouvé la force de partir pour « fonder une famille heureuse avec son premier amour de jeunesse.
Elle n’en a pas eu le temps.
Elle est morte sur un trottoir de Nîmes. Elle avait 27 ans et deux enfants de 5 et 9 ans. Elle est une des premières victimes de féminicide de l'année 2018 en France. Cette année-là, 121 femmes, soit une tous les trois jours, sont mortes sous les coups de leur compagnon ou ex-conjoint.
Les proches de Laurie Tercero iront se recueillir sur les lieux du crime au cours d'une marche blanche quelques minutes avant l'ouverture du procès.
Laurie Tercero, la victime
Laurie Tercero, la victime © DR

Jugé pour meurtre par une personne étant ou ayant été conjoint ou partenaire de la victime, Gabriel Gauthier, risque la réclusion criminelle à perpétuité.
Le verdict sera rendu vendredi soir.


 
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