Gard : les "pirates de l'autoroute" face à la justice à Nîmes

A quelques jours de leur procès, trois suspects dans l'affaire des "pirates de l'autoroute" en 2017 ont été placés en garde à vue à Nîmes. Leur leader et ses deux complices sont cette fois interrogés sur la deuxième vague de braquages sur l'A9 entre le Gard et le Vaucluse en 2019.  

© KENZO TRIBOUILLARD / AFP
Depuis ce lundi 29 juin, trois suspects dans l'affaire des " pirates de l'autoroute " sont entendus par la section de  recherche de la Gendarmerie de Nîmes. Parmi eux, figure leur leader, le Nîmois Lofti Boussouak, évadé après une première arrestation lors d’un transfert de la prison de Béziers vers le palais de justice de Tarascon en janvier 2019. Et de nouveau arrêté à Concoules dans le Gard six mois plus tard.

Des car jackings à grande vitesse 

Cette équipe serait à l’origine de braquages ultra-violents de voitures de luxe étrangères sur l’A9 et l’A7. Les faits remontent à l'été 2017. Des touristes étaient attaqués tandis qu'ils circulaient à vive allure. Avec toujours le même procédé : des hommes armés et munis de cagoules percutaient en roulant des grosses berlines immatriculées dans des pays étrangers notamment en Suisse et en Allemagne.

Une fois stoppés sur la bande d'arrêt d'urgence, les occupants du véhicule étaient détroussés avec violence. Côté mode opératoire, les malfaiteurs dérobaient une automobile dans le Gard qu'ils incendiaient après l'agression. Les carcasses brûlées étaient souvent retrouvées près de Nîmes.
 
Narbonne (Aude) - l'échangeur N°37 - archives
Narbonne (Aude) - l'échangeur N°37 - archives © google street view
 

 Cinq hommes interpellés  

Une première vague de vols donne lieu à une enquête des gendarmes de la brigade de recherches de Nîmes et de Bagnols-sur-Cèze dénombrant une dizaine d’attaques. 

En septembre 2017, les gendarmes parviennent à arrêter quatre Nîmois et un Alésien soupçonnés dans les vols. Les suspects sont alors placés en détention provisoire, avec parmi eux Lotfi Boussouak, considéré comme le leader du commando.

Une évasion spectaculaire 

Le 28 janvier 2019, coup de théâtre, lors d’un transfert de la prison de Béziers vers le palais de justice de Tarascon où il doit être entendu pour une autre affaire, Lofti Boussouak s'évade. Un commando armé, venu de Tarascon,  arrose le véhicule pénitenciaire à la Kalachnikov. Sans faire de blessés. Mais le détenu s'échappe avec ses complices et ils disparaissent dans la nature pendant quelques mois. 
 

Arrestations à Concoules 

Durant cette période, de nouvelles attaques se produisent sur l'autoroute, entre le Gard et le Vaucluse : grosses cylindrées percutées, bande d'arrêt d'urgence, vols avec violence.  Les enquêteurs sont persuadés qu'il s'agit de la même équipe.

En juillet 2019, les gendarmes de l'autoroute retrouvent la piste du commando et la trace de l'évadé qui se cache avec ses complices dans une villa de vacances à Concoules, au Nord d'Alès. Lofti Boussouak et deux de ses complices sont arrêtés sur place. Dans la bâtisse, les enquéteurs retrouvent voitures volées et tenues de camouflage.
 
Une opération commando a permis l'évasion du détenu devant le palais de justice de Tarascon, le 28 janvier 2019.
Une opération commando a permis l'évasion du détenu devant le palais de justice de Tarascon, le 28 janvier 2019. © Mélior Mouamma

En détention provisoire depuis leur interpellation,  les suspects ont été extraits de prison et entendus ce lundi 29 juin dans les locaux de la section de recherches de Nîmes. Ils ont été déférés devant le juge d'instruction sur commission rogatoire ce mardi. Le procès du premier volet des piratages sur l'autoroute s'ouvre devant le Tribunal Correctionnel de Nîmes le 6 juillet pour 3 jours. 


 
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